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La lettre que, jamais Mohammed VI, n’a envoyée à Moncef Marzouki par Salah Elayoubi

La lettre que, jamais Mohammed VI, n’a envoyée à Moncef Marzouki par Salah Elayoubi

Moncef,

Je préfère te le dire, d’entrée de jeu: je ne t’aime pas.

Bien plus, j'en suis arrivé à te détester, souverainement !

Je ne t’en voudrais jamais assez, toi et ton peuple, d’avoir fichu, alentour, une telle pagaille !

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J’avais fait du règne de ton prédécesseur, un modèle de gouvernance: une pincée de développement économique, un soupçon de bien-être, quelques bribes de sous culture, beaucoup de tagines, une belle campagne de marketing, une armée de policiers, zéro démocratie et le tour était joué.

J’étais tellement bien.

Je vivais heureux, auprès de mes « Esclaves ».

J’avais presque réussi à les convaincre qu’ils vivaient dans un pays d’exception, le plus beau du monde.

Je distribuais de la soupe, des œufs, du pain, des cartables, des tabliers, des stylos et autres babioles, qui me faisaient, prétendument, passer pour le «Roi des pauvres ».

On encensait ma générosité.

On vantait ma gentillesse.

On évoquait ma disponibilité.

On m’inventait de l’empathie.

On me photographiait, abondamment et sous toutes les coutures.

On me filmait, ici et là, inaugurant un souk, un supermarché, un banc, un bout de trottoir, une balançoire ou encore marchant dans la boue, à crotter mes belles chaussures à milliers d’Euros.

Pour un peu, si ta révolution ne m’avait coupé les ailes,  j’aurais, par la grâce de Photoshop, fait croire que, tel Jésus, je marchais sur l’eau ou multipliait les pains.

En un mot, j’étais tout prêt d’entrer dans la légende.

J’avais neutralisé ces gauchistes du dimanche, à coup de postes bidons et de millions de dirhams. Ils n’attendaient que ça, s’asseoir sur les marches de mes palais. Certains y croient tellement, qu’ils en arborent, à présent,  fièrement la moustache et le costume cravate. Ils arpentent les palaces en se vantant de travailler pour l’Etat.

J’avais muselé les quelques journalistes, humoristes ou contradicteurs qui me cherchaient des poux dans la tête. Certains d’entre eux prétendaient me donner des leçons de démocratie, de bonne gouvernance, de parcimonie dans mes dépenses. Non mais !?

Ceux qui me sont inconditionnellement acquis, avaient, presque, réussi à faire croire au petit peuple, à coup de montages vidéos, à la légende de mon ubiquité, comme leurs prédécesseurs avaient réussi à répandre  la légende de mon grand-père, sur la lune ou encore celle de la baraka divine et l’intelligence supérieure de Baba Sidi, que Dieu Les ait, Tous Les Deux, en Sa Sainte Miséricorde.

J’ai accumulé une telle fortune,  que je ne sais plus la compter. J’en ai chargé mon ami Mounir et d’autres. Ils l’ont démultipliée, à tel point, que j’ai damé le pion à l’autre, tu sais, le ventripotent moustachu du Qatar, par qui, tous nos malheurs sont arrivés, avec sa chaîne de télévision. J’ai dû me résoudre à acheter son silence, à coup de milliers d’hectares de terres.  Avec tout ça, je ne suis même pas assuré qu’il ne va pas en remettre une couche, lui qui s’approche dangereusement,  à acheter tout ce qu’il peut en France. Le coup prochain, il faudra, peut-être, que je me résolve à lui faire avaler un de ces élixirs, dont mes fqihs ont le secret.

Quel gâchis d’avoir  chassé ce brave Zine El Abidine.  

C’est vrai, il n’était pas très futé, je le concède, de s’être fait mener par le bout du nez, par sa shampouineuse et d’avoir voulu me ressembler, à tout prix, en achetant, à tour de bras, des résidences, en France et ailleurs et en plaçant l’argent volé, en Suisse. Mais il faut reconnaître qu’il savait y faire, pour acheter le silence des occidentaux et leur compromission, pour avoir fait un passage au Maroc, où il avait appris à observer  Baba Sidi, que Le Seigneur L’ait en Sa Sainte Miséricorde, régaler de tagines, tout ce que compte la  France d’élites. Difficile pour tous ces profiteurs, de parler la bouche pleine.

Tout cela me contrarie sévèrement. Tu ne peux pas comprendre, toi, qui a souvent été contrarié, brutalisé et harcelé.

A cause de toi, je passe à la casserole tous les dimanches, depuis le 20 février. Tous ces gueux qui osent s’en prendre à mes fidèles, avec leurs slogans lapidaires,  en m’égratignant, au passage. Jusqu’à mon propre cousin,  qui distille son venin, et ne rate plus une occasion de me pointer du doigt.

On me baisait la main comme on embrasserait une relique et voilà qu’aujourd’hui, ceux qui s’y collent, sont la risée de tous. Même Le Prince héritier a eu droit aux moqueries du monde, après cette vidéo d’inauguration du zoo !

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"Libérez tous les prisonniers politiques marocains, islamistes ou de gauche!" Ce fut le but de la visite du Docteur Moncef Marzouki au Maroc. 2 mai 2009, 13:06

 

Me voilà contraint, aujourd'hui, de réviser tous mes plans.

Par ta faute Mouammar, a disparu et avec lui, les milliards qui nous permettaient de tirer de juteux plans sur la comète.

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Et ce pauvre Hosni. Si ce n’est pas malheureux de le voir, ainsi, contraint de comparaître couché pour s’attirer la commisération des égyptiens, qui ne rêvent que d’une chose, le voir se balancer au bout d’une corde.

Comme les ennuis volent toujours en escadrille, voilà que le pays, qui traînait, paisiblement à la cent seizième place dans l’indice mondial de démocratie a glissé à la cent dix-neuvième, alors que le tien bondit de la cent quarante-cinquième à la quatre-vingt-douzième. Cinquante-trois places ! Tu te rends compte ? Il suffit que tu te radines avec tes grosses lunettes et ton burnous, pour gagner cinquante-trois places. J’ai bien essayé de chausser des grosses lunettes, Moi !  Rien ! Oualou ! Effet inverse ! Les gueux sont toujours dans la rue, et le glissement continue !

J’ai aussi perdu trois places, en matière de liberté de la presse, passant de la cent trente-cinquième,  à la cent trente-huitième, alors que tu as sauté trente place, de la cent soixante-quatrième à la cent trente-quatrième.

Sans parler de ce fichu Indice de développement humain, qui me fait passer de la cent quatorzième place à la cent trentième. Ce n’est plus un glissement, c’est une longue glissade, un dérapage interminable ! Autant le dire, le fossé n’est pas loin !  

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Tu as même trouvé le moyen d’humilier mes footballeurs, en coupe d’Afrique des nations. Tu aurais pu leur glisser un mot, à tes gars en shorts. Les appeler à la retenue. Menacer, promettre, tempêter, acheter, vendre. Toutes ces choses qu’on sait faire, chez moi et que maîtrisait, également, le regretté Zine El Abidine, afin que tes avants se fassent porter pâle, qu’ils trébuchent, qu’ils vacillent, qu’ils faiblissent, au moment de porter leurs attaques ou de shooter dans ce maudit ballon ! Non ! Il a fallu qu’en prime, ils se fendent de déclarations assassines sur les lions marocains qui auraient perdu dans cette confrontation crocs, griffes et abandonné, en prime toute fierté aux vestiaires. J’aurais pu, si tu avais consenti à une défaite, même courte, faire oublier,  à mes « Apaches », ne serait-ce qu’un dimanche, leurs envies de liberté, de justice et d’équité !

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Pour bien enfoncer le clou, mes « Khorotos » ont poussé le mimétisme jusqu’à la caricature, en votant pour ce maudit barbu grassouillet, que je hais par-dessus tout. Je me suis humilié à le recevoir, le féliciter de sa victoire, lui serrer la louche. Il a beau me sourire, me lustrer la godasse, me caresser dans le sens de l’alpaga, je n’en peux plus de son obséquiosité, de sa grande gueule, de sa barbe, de ses déclarations,  qui me foutent la honte. Il crie, sur tous les toits, qu’il aurait pour mission céleste, d’éteindre le feu, qui risquerait d'emporter ma maison, qu’il veut protéger la monarchie. Opportuniste et lèche-botte,  pire que pendre, avec ça ! Hu-mi-lié, je suis ! Je ne te dis que ça !

Un barbu, comme Chef du gouvernement ! Quand je pense que je n’ai pas arrêté de leur casser du sucre, sur le dos. Me voilà, par un cruel retour de manivelle, obligé de composer, comme ils disent, de faire dans les simagrées, les salamalecs et autres salmigondis. Surtout pas perdre la face ! Le conseil des ministres, je ne te dis pas, comment j’appréhende, sévère! M’asseoir à la même table! L’indicible! L’horreur! L’indicible horreur ! Je vais, peut-être, m’arranger pour éloigner, un peu plus, mon pupitre, ou donner des instructions aux cameramen, de faire des plans séparés ou des coupes. Les coupes ! C'est bon ça ! Le petit peuple n'y verra que du feu ! Un seul but : ne jamais paraître sur la même image, avec le gras du bide et sa bande de bigots. A moins que je ne décide, tout simplement d’annuler pour aller faire illusion ailleurs, comme de coutume, dans quelque inauguration bidon. Oh oui ! Ça, je sais encore bien faire. Inaugurer un hammam, ou une épicerie, ça me fera une balade de plus ! Les européens doivent rire sous cape. Et la Clinton, je te dis que ça ! Elle doit se bidonner de me voir subir cette avanie, après toutes mes déclarations sur les islamistes. Elle va sûrement me prendre pour un parano ou un  schizo ou les deux à la fois !

Bref, tu le vois, par ta faute, j’ai gagné le gros lot en 2011 et 2012, qui vient tout juste de commencer, promet !

Et toi, qui continue d’en jeter, en décidant de vendre les pavillons présidentiels et de réduire le train de vie du chef de l’Etat pour faire des économies. Mais qu’est ce qui t’a pris ?!  Franchement, tu aurais pu m’en parler, me consulter, me demander conseil. L’un dans l’autre,  je te les aurais rachetés. Ça aurait plu à mes « Moros »,  qui  aiment tant me voir prendre mes aises, eux qui consentent à me payer les deux cent trente millions d’Euros d’entretien annuels de mes résidences. Quand on aime, on ne compte pas, c’est connu ! Y a qu’à me voir ruser, sans compter, avec les miens,  pour s’en convaincre !

Tu comprends, sans doute, à présent,  pourquoi je ne me suis pas déplacé, à ce premier anniversaire de ta maudite révolution.

J’ai tout de même été prudent. Prudent comme un Sioux ou plutôt comme un Alaoui ! Surtout pas vexer, ni offusquer. Sait-on jamais !? Tu pourrais en prendre ombrage, te fâcher. Il pourrait, alors, te prendre d’inspirer quelques idées révolutionnaires,  jusque sous mes fenêtres ! Je t’ai envoyé un garçon d’une docilité à toutes épreuves et dont seul notre pays a le secret. Sa famille politique se confond, à ce point avec sa propre famille, qu’elle en est  devenue une « business family », une affaire de famille, avec une organisation d’une redoutable efficacité, lorsqu’il s’agit d’assumer  les pires contradictions, d’avaler des couleuvres et d’en faire avaler au voisin. Ce n’est pas le fruit du hasard, si j’ai pioché, parmi eux, le Premier Ministre. Un monument, que dis-je, un pur bijou d’obséquiosité, d’hypocrisie, d’indignité et de déshonneur et dont la rue, qui le conspuait tous les jours, en disait qu’il était le Dernier Ministre. Hommage à feu Baba Sidi, qui ne m’avait, que trop, conseillé de m’adjoindre de tels collaborateurs sachant collaborer. Ils font ainsi, oublier mes propres turpitudes

Avant de te quitter, deux choses :

Il semble que tu nourris des projets de visite au Maroc. Rends-moi service cette fois. Fais la, courte et discrète, cette visite, histoire de rencontrer le moins de monde possible. Tu pourrais donner des idées à quelques « Aoubaches » avec tes grosses lunettes et ton air malicieux.

Enfin, cette question qui me titille et à laquelle tu as peut-être la réponse ?

Les tunisiens ont fait la révolution, puis organisé des élections pour, finalement, rédiger une constitution. Chez moi, c’est tout le contraire: je leur ai d’abord torché une constitution, puis organisé des élections. Tu crois qu’ils vont me faire la révolution ?

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Je ne te salue pas !

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