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La jedba dans le contexte de la transe

La jedba dans le contexte de la transe

Les confréries de prophètes extatiques existaient déjà dans l'Orient ancien et plus particulièrement en Palestine, en Syrie, et en Asie Mineure qui s'est répandu pendant l'Antiquité et ces rites étaient très fréquents chez les Hébreux. Pendant les christianisme,  il existait des pratiques analogues avant que l'Eglise ne les répriment. Dans l'islam, la transe s'est maintenue jusqu'à nos jours ! Mais notons qu'aujourd'hui dans l'Islam, les courants les plus orthodoxes cherchent à diminuer l'influence des confréries soufies dans le monde, le soufisme étant considéré comme un instrument pour sortir du cadre d'une forme d'orthodoxie stricte et littérale. Cet univers composite, où ruisselle la baraka, va modeler les sociétés musulmanes selon des formes de politesse spirituelle qui nous surprennent parfois.

Le soufisme des origines a repris en l'élaborant en fonction de ses besoins, la tradition philosophique du platonisme et celle plus mystique du néoplatonisme, pour développer la notion d'une extase induite à partir d'un attrait, d'abord terrestre et charnel, puis entraîné vers les hauteurs ! Pour ne prendre que les exemples du platonisme de Perse : Sohrawardî d'Alep (1155-1191) (mélange de soufisme, néoplatonisme, mazdéisme, zoroastrisme), Mollâ Sadrâ Shîrâzî (1572-1640).

La notion de la  jedba dans le contexte rituel soufi de la hadra, désigne cette expérience de l'extase de l'attrait et du ravissement qui est une source érotique de l'extase dans la ferveur religieuse originelle ! La hadra désigne la transe collective telle qu'elle est pratiquée lors des cérémonies chez les Aïssâwas. La hadra fait partie d'un rituel que l'on appelle aussi lila, car il dure toute la nuit. La lila des Aïssâwas commence avec des chants qui précèdent la hadra.  

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Le mot arabe jedba peut revêtir différentes sens :

  • Jedba qui est la danse pour entrer en transe 
  • Jedba veut dire aussi le fait d'engueuler quelqu'un ou demander ses droits avec énergie 
  • jadb (attirance) qui est une amulette faite en sorcellerie pour soit-disant attirer une personne 
  • Jadb qui veut dire sec ou aride. 

 

Bibliographie

  • Bennani Jalil, La psychanalyse au pays des Saints, Casablanca, Ed.Le Fennec, 1996
  • Jamous Raymond, Individu, cosmos et société, approche anthropologique de la vie d'un saint marocain, dans la revue Gradhiva, n°15, 1994, p.43-57
  • Doutté Edmond, Magie et Religion dans l'Afrique du Nord, Paris,  Geuthner, 1908, rééd. 1994
  • Ageron Charles-Robert, Confréries musulmanes, Encyclopaedia Universalis
  • Aouattah Ali, Ethnopsychiatrie magrébine, Paris, L'Harmattan, 1993
  • Arnaldez Roger, Maraboutisme, Encyclopaedia Universalis
  • Brunel René, Essais sur la confrérie religieuse des Aissouas, Casablanca, Ed. Afrique Orient, coll.Archives - retour
  • Claisse-Dauchy Renée, Médecine traditionnelle au Maghreb, Rituels d'envoûtement et de guérison au Maroc, Paris, L'Harmattan, 1996
  • Cuoq Joseph, Shadiliyya, Encyclopaedia Universalis
  • Dermenghem Emile, Le culte des saints dans l'islam maghrébin, Paris, Gallimard, coll.TEL, 1954
  • Georges Lapassadeles gnaoua, un vaudou maghébin, Revue Zellige n°3, Service Culturel, Scientifique et de Coopération de l'Ambassade de France au Maroc, octobre 1996.

 

Voir aussi