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La handira

La handira

La handira désigne au  Maroc, un tapis ou une couverture tissée en laine pure (selon l'épaisseur) servant de manteau(burda), porté sur les épaules et qui constitue une pièce capitale du vêtement traditionnel berbère.
Appelé aussi Tahandirte au féminin et ahandir au masculin, il est encore utilisé de nos jours. Les décors, la longueur et la façon de porter la "handira" dépendent d'une 
tribu à une autre et permet ainsi l'identification de l'appartenance tribale où confrérique de celle qui porte cette tunique. L'étoffes est encore utilisée comme couverture ou hayk et tissé avec des dessins géométriques variés (région de Azemmour).
Chez les issawa du Maroc, cette tunique sans capuche et sans manches est tissée en laine et l'étoffe est teintée en rouge, où apparaissent de nombreux motifs géométriques et de larges bandes blanches verticales de coton sont insérés. Les Aïssâwa francophones l'appellent parfois « tapis berbère » car la handira est réalisée à la main par des femmes berbères artisanes de la région d'Azrou (Moyen Atlas) et le vêtement ne nécessite aucun entretien. Ce vêtement très lourd est porté lors des danses collectives (hadra Jilalia), est fit son apparition dans la confrérie soufie des Aïssâwa au 17ème siècle sous l’impulsion de Sîdî Alî ben Hamdouch, le saint fondateur de la confrérie des Hamadcha

 

Détachement du monde matériel

Le cheikh Sîdî Alî ben Hamdouch fut le premier soufi à porter la handira par signe, explique t-on, de dépouillement, de pénitence et de détachement du monde matériel. La handira symbolise aujourd’hui en confrérie Issawa, le vêtement du mystique qui chemine vers le divin car Le monde matériel est limité, tout le contraire des mondes imaginaires qui transcendent tout et d'une richesse infinie.. Tournons nous vers les voiles des êtres magiques où seul la richesse du coeur et de l'âme à sa place. Rien doit-etre plus précieux que les sentiments, au-delà de tout besoin primitif de l'argent ou de la possession. le fait que la connaissance de la réalité du monde qui semble, à priori scientifiquement bien établie, ne serait en fait qu'approximative. Il essai de faire distinguer la dimension mystérieuse de l'Univers qui, tout en baignant dans la parfaite harmonie, demeure dans sa majeure partie, au-delà des limites d'appréhension de l'homme. Cette harmonie qui pousse à témoigner que l'origine et l'évolution de ce monde seraient loin d'être guidées par une destinée hasardeuse ; elle serait plutôt l'oeuvre grandiose d'une intelligence majestueuse (...) La hadra se déroule en trois étapes. Dans un premier temps, sans aucun accompagnement instrumental, les adeptes Aïssawa, assis en cercle, scandent des chants sacrés sur un rythme incantatoire. Après la récitation du hizb (prière), des invocations sont chantées par un soliste auquel répond le choeur des adeptes.
Ces chants sont discrètement accompagnés par des instrument de musique à percussions frappées avec des baguettes : 
tabla (tambour en poterie), tasa (coupe en cuivre renversée). Sur indication du moqqadem, le horm (chant d'imploration) est ensuite entonné. Les participants se mettent debout en rang et se balancent doucement après avoir revêtu l'habit rituel (handira). Le mouvement, de plus en plus ample et intense, les entraîne peu à peu vers la danse et la voie de la  transe mystique.