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"L'inconnu du Lac" d'Alain Guiraudie ou la fragilité de notre être est de ne jamais savoir qui nous sommes réellement !

"L'inconnu du Lac" d'Alain Guiraudie ou la fragilité de notre être est de ne jamais savoir qui nous sommes réellement !

Innocemment irresponsable de nos actes et de nos amours folles,  l'auteur ne dégage aucun jugement déplaisant vis-à-vis de la communauté gay.
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Un regard neutre et observateur nous dépeint d'une manière très réaliste la vie cachée ou exposée de notre sexualité dans un lieu de drague où un événement malheureux va se produire ; à savoir, la disparition d'un jeune homme dans un lac.
 
Le scénario est simple et les dialogues peu développés ou un silence règne tout le long du film dans la vie oisive rythmé par nos pulsions de notre sexe à la démesure de nos actes.
 
Nous devenons soudainement des êtres anonymes et lâches lorsqu'un détail de notre monde va changer notre petite vie tranquille.
 
Le thème de la solitude, du désespoir, de l'indifférence, de la jalousie et du partage mène notre vie si bien réglée.
 
Évolution de nos vies, de nos mœurs, ou bien décadence de notre civilisation ; rien ne transparaît dans le négatif mais dans la beauté d'être qui nous sommes dans notre totalité sans rien y rejeter ni rien y ajouter. Vous serez  également surpris de voir la réalité  qui questionne nos vies de tous les jours.
 
C'est vrai que la portée de ce film ne se trouve pas dans le scénario mais bien dans l'audace visuelle.
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Laissez-vous glisser sur une nouvelle vague du monde du cinéma figuratif plus que suggestif sans entrer dans le porno, ni dans le trash.
 
Merci à Alain Guiraudie pour cette nouvelle révélation cinématographique.
 
Benoît Roegiers

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Argument
 
Durant l'été, au bord d'un lac ceinturé de collines et de forêts et loin de toute habitation, se font bronzer des baigneurs masculins, en majorité naturistes et homosexuels. Les sous-bois abritent des rencontres sexuelles furtives, dans un climat de promiscuité. Chaque jour, Franck pose sa serviette sur la plage de cailloux blancs. Là, il fait la connaissance d'Henri (que sa femme vient de quitter) et de Michel, plutôt bel homme qui lui plaît au premier regard. Mais Michel est un assassin et Franck le constate très vite puisqu'un soir, depuis le sous-bois qui domine le lac, il le surprend en train de noyer Pascal, son partenaire du moment. Bouleversé et effrayé mais toujours complètement sous le charme du meurtrier, Franck garde pour lui ce qu'il a vu, se rendant complice de celui qu'il désire. Il cède bientôt à ses avances et en devient passionnément épris, tout en devant cacher sa peur, afin que son amant ne devine pas qu'il sait.
Le corps du noyé est découvert et identifié deux jours plus tard. Sa mort, jugée suspecte, amène sur les lieux un inspecteur de police qui, très vite, interroge Franck et Michel. Franck continue de protéger Michel en affirmant n'avoir rien remarqué d'anormal le soir de la noyade. Tandis que l'inspecteur poursuit son enquête, la relation amoureuse entre Franck et Michel se poursuit, même si le premier est de plus en plus vexé que le second ne veuille pas qu'ils se voient ailleurs que sur la plage. Henri, avec qui Franck a noué une amitié jusque là purement platonique, a une compréhension au moins intuitive de tout ce qui s'est passé les jours précédents, et met Franck en garde contre Michel : « À ta place, j'aurais peur ! » Franck, certainement, a peur mais son amant psychopathe arrivant sur ces entrefaites, il quitte Henri pour Michel et s'installe avec lui sur la plage un peu plus loin.
Plus tard, profitant de ce que Franck est parti nager assez loin dans le lac, Henri va trouver Michel et lui dit sa conviction que la récente noyade n'est pas accidentelle, qu'il a compris que Michel en était le coupable et que l'inspecteur finira tôt ou tard par identifier le meurtrier. Il regarde Michel d'un air entendu et goguenard, puis se lève et déclare qu'il va faire un tour dans les sous-bois. Y pénétrant, il jette un regard en arrière du côté de Michel.
Franck qui est toujours à nager dans le lac, se retourne soudain vers la rive  : Michel a disparu, et Henri aussi. D'ailleurs la plage est désormais déserte. Saisi d'un mauvais pressentiment, Franck rejoint la berge à la hâte et s'enfonce dans le sous-bois. Il voit Michel quitter un bosquet buissonneux, dans lequel il trouve Henri mourant et tout baigné de sang : Michel l'a égorgé. Franck enlève son tee-shirt et essaie de stopper l'hémorragie mais Henri lui fait comprendre que c'est fini et qu'il l'a « bien cherché ». Henri mort, Franck, terrifié, s'enfuit en courant et se dissimule dans le bois. Michel le poursuit et tombe à l'improviste sur l'inspecteur, qu'il frappe violemment d'un coup de couteau dans le ventre. La nuit venue, Franck reste tapi derrière un buisson, voit le tueur passer et repasser à quelques mètres de lui, alors qu'il continue à le chercher activement en lui criant de se montrer, qu'il a besoin de lui, de son amour, et qu'il veut passer la nuit avec lui. Enfin, l'autre s'éloigne et va chercher plus loin : le danger semble passé. Alors, Franck finit par se redresser et appelle son amant par son prénom, sans obtenir de réponse. Il attend dans le noir, la peur au ventre et le cœur battant, face à la nature et au silence.
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Source