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Ben Ali, c'est fini !‎ Et ensuite ?

Ben Ali, c'est fini !‎ Et ensuite ?

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L'ex Président Ben Ali a quitté la Tunisie et le pouvoir, au terme d'un mois d'émeutes sanglantes. Le président en fuite ...arrive en Arabie Saoudite, où des membres de sa famille l'attendaient. L'Arabie saoudite a déjà accueilli dans le passé des dirigeants en exil, notamment l'ancien dictateur ougandais Idi Amin Dada et l'ancien Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif..

L'ancien régime était répressif, mais sa gestion économique et sociale n'est pas en cause. Elle était d'ailleurs saluée par les institutions internationales et l'UE. Avec des moyens relativement limités, la Tunisie avait une croissance assez soutenue et était bien gérée. Le grand nombre de jeunes sans emploi s'explique par une inadéquation entre la formation et les demandes de l'économie. Sans oublier la crise mondiale. 

La jeunesse de la génération Facebook est au coeur de la révolution qui secoue la Tunisie. Les tunisiens pensent qu'ils vivent un moment historique ou l'on peut emprunter une voie ou l'autre. Les revendications de liberté sont fortes à Tunis. On peut imaginer que les droits de l'homme suivent le mouvement dans une movida tunisienne digne de la movida espagnole, après la mort de Franco. Mais il y a lieu également d'adopter une méfiance face à l'instabilité avec la volonté de retrouver un homme fort ou un régime théocratique. Dans tous les cas on ne reviendra jamais à un régime comme celui de Ben Ali. Toute la peur accumulée ces dernières années s'est transformée en courage. Donc je suis prudemment optimiste.

Enfin! Quel bel exemple: un soulèvement du peuple et du cœur! Si seulement tous les peuples puissent trouver la force de leur exemple, de cette vigilance, de leur non-violente, révolutionnaire de résistance: la définition historique de la libération elle-même et sans le recours des ténébreux islamistes !

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Hommage également à Mohamed Ben Kilani, commandant de bord à Tunis qui a refusé de décoller avec le gang des Trabelsi à bord de l'avion ! Selon Nessma TV, Moncef Trabelsi, Amira Trabelsi, Sakher el Materi et trois autres Trabelsi ont été écroués ! Les Trabelsi sont nombreux : en plus des dix frères et soeurs de la première dame, il faut compter sur ses neveux et nièces. La cheftaine, c'est bien sûr Leïla, qui fait faire ce qu'elle veut à l'administration. Son frère aîné, Belhassen, est le capitaine économique, un prédateur comme jamais la Tunisie n'en avait connu. Tous ont pratiqué une mise en coupe réglée du pays, des banques à la téléphonie, des transports aux douanes. Une des soeurs de Leïla a, elle, mis la main sur les buvettes des écoles et des universités : ça allait du très petit business, presque minable, au plus massif.

Le pouvoir aurait même envisagé de commanditer une action terroriste «islamiste» de grande envergure dans le but pour salir cette révolution non violente et légitime des Tunisiens et obtenir le soutien des puissances occidentales. Celles-ci étant, comme on sait, très sensibles à l’épouvantail de l’islamisme radical.
Les criminels qui entouraient l’ex-président ont mis en route le scénario d’un complot contre la sécurité du peuple tunisien, avec l’ouverture des portes des prisons et la libération massive des prisonniers, le recours à des tireurs d’élites postés (dont une vingtaine d’étrangers) sur les toits pour terroriser les manifestants, le pillage des centres commerciaux, etc. Mais ce complot, qui visait à accélérer le retour du dictateur, a achoppé à la détermination des Tunisiens à en finir avec la dictature.

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Partout en Tunisie, la foule applaudit, les gens crient : Vive la Tunisie ! J'espère que les tunisien-ne-s continueront a donner exemple jusqu'au bout. 

Les Tunisiens sont unanimes : la révolution a été possible grâce à Facebook et à Twitter qui ont été de formidables caisses de résonance du ras-le-bol des Tunisiens. Par ces moyens, les internautes tunisiens ont été les journalistes indépendants et bénévoles d'Al Jazira qui n'a fait que transmettre l'information brute à leur sauce ! 

Difficile aussi de démêler le vrai du faux en Tunisie, alors que le manque d'information donnée par les autorités sur les membres de l'ancien pouvoir favorise les rumeurs de toutes sortes. On a cependant appris l'arrestation - non encore officielle, d'un des gendres de l'ex président, Slim Chiboub.

La priorité aujourd'hui est de rétablir l'ordre. Selon Nessma TV,  l’armée tunisienne est en train de se déployer sur tout le territoire et de se positionner dans les points stratégiques des villes afin de maintenir l’ordre dans le pays.

Notons également, qu'un chef islamiste en exil, Rached Ghannouchi, prépare son retour en Tunisie, et qu'il est disposé à la formation d'un gouvernement d'union nationale, dans un entretien téléphonique. C'est lui qui vers la fin des années 1960, rentre en Tunisie à l'époque où le président Habib Bourguiba avait pris des mesures tendant à la laïcisation de la société. Depuis 2005, Ghannouchi est de plus en plus ouvertement contesté au sein de son mouvement.

Selon le ministre de l'Intérieur, les violences ont fait une centaine de morts. Au-delà, le responsable a également chiffré à trois milliards de dinars (2,08 milliards de dollars) le coût des dégâts et des pertes subies par l'économie tunisienne ! Les événements de ces derniers jours auront un impact négatif sur l’activité, ne serait-ce qu’à court terme.

La Banque centrale de Tunisie (BCT) a affirmé mercredi que son stock d'or "n'a enregistré aucune variation", démentant des informations faisant état de la fuite de la famille de l'ex-président avec 1,5 tonne d'or. "La rumeur véhiculée par Al Jazira dans les médias ayant trait au retrait d'une tonne et demi d'or de la caisse de la BCT est dénuée de tout fondement, a assuré la Banque centrale dans un communiqué.

Désastre écononomique

Une crise politique est souvent suivie d’une crise économique. L'instabilité inquiète les investisseurs dans différents secteurs. Et s'éveille alors la méfiance des agences de notation concernant l’économie du pays.

Premier concerné, le tourisme qui pèse 15% du PIB sachant que la Tunisie est la 44e destination touristique mondiale, avec en moyenne 8 millions de touristes par an (ils étaient estimés à 9 millions en 2009 et le régime déchu tablait sur 10 millions, en 2014). Aujourd’hui, ce secteur est, d’ores et déjà, ébranlé par le départ massif de la clientèle européenne. Du coup, le manque à gagner risque d’être beaucoup plus important. Mais la révolution tunisienne, même si elle a généré ces dernières semaines "une baisse nette" des arrivées de touristes, pourrait être "bénéfique" à long terme pour le tourisme du pays si la démocratie s'installe.

En quelques jours, 43 agences bancaires ont été détruites et saccagées et qu’il faudra reconstruire et remettre en place, 66 espaces commerciaux ont été saccagés et leurs employés seront, au meilleur des cas, mis en chômage technique, des milliers de familles pour qui le simple retard d’un salaire pourrait presque pousser au pire. Le ministre de l’Intérieur a fait état de la destruction de pas moins de 11 unités industrielles, et cela aussi représentera la mise en panne sèche de milliers d’emplois, alors que tout ce mouvement social et toute cette révolte dite du Jasmin, avaient débuté sur un fond de revendications sociales et d’emploi pour les jeûnes diplômés tunisiens. La bourse de Tunis est en chute libre, conséquence du climat d'incertitude qui règne sur le pays.

Le dernier printscreen du site officiel Présidentiel

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Hymne national de la Tunisie

Selon des informations diffusées sur Twitter, des membres de la famille Trabelsi ont été arrêtés...La maison de l'homme d'affaire Belhassen Trabelsi incendiée...Imed Trabelsi, connu pour ses frasques dont le vol et recel de yachts et une multitude d'opérations douteuses aurait même été poignardé à l'aéroport de Tunis, alors qu'il tentait de s'échapper, selon des informations transmises par Twitter. Il se fait soigner à l'hôpital militaire ou serait décédé de ses blessures selon d'autres sources d'information.

Cyrine Ben Ali, fille issue du premier mariage du président tunisien, et Nesrine, fille de son second mariage avec Leïla Trabelsi, sont arrivées à Paris. Cyrine aurait atterri le soir du 14/01 au Bourget, alors que Nesrine est à Paris depuis jeudi 13. Cette dernière  est l'épouse de Sakher el-Materi, un temps pressenti pour être le successeur de Ben Ali. Nesrine, 24 ans, doit accoucher ces prochaines semaines.

De nouvelles élections seront prévues prochainement, mais seront-elle pour la première fois démocratiques? Tout pense à croire qu'elles seront plus transparentes, car la page Ben Ali est terminée définitivement, les tunisiens sont un peuple mur et éduqué et espéraient cette chute depuis longtemps déjà ! Ce réveil doit être la hantise chez de nombreux régimes arabes. L’effet de dominos de la révolution tunisienne n’est pas du tout une vue de l’esprit. Mais aussi de nombreux experts qui craignent un autres scénario ! Les voyagistes se sont organisés pour rapatrier leurs clients après le renversement du président tunisien Ben Ali.

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Et les islamistes dans tout cela ?

Comme le démontre de nombreux groupe sur internet (Facebook, Twitter et le blog dissidents au parti de Ben Ali, les islamistes ont été les inactifs et n'ont joué aucun rôle dans le mouvement qui a renversé la dictature de Ben Ali. Ils étaient les grand absents de la protestation populaire qui, à Sidi-Bouzid, a donné le coup d’envoi de la révolte.Mais les directs de la télévision Al-Jazira diffusent de la désinformation mettant en avant des islamistes ou des gens proches de cette mouvance. Iui appartient aux tunisiens de protéger leur pays, de préserver leur victoire acquise au prix du sang et du feu afin de ne pas être la proie d'un conflit entre l'Iran et l'Occident. Le principal slogan n'était pas «Allah Akbar!» ou «Du pain!» mais «Emploi, liberté et dignité nationale!». Les islamistes ont manqué la révolution, qui trouve son origine dans une crise sociale et politique, bien plus morale que religieuse. Pour preuve, les tunisiens, ont d'emblée destitué le gendre de Ben Ali, Sakher El Materi, qui selon l'Express, envisageait sérieusement de prendre les rênes du gouvernement afin d'en faire une République islamique. Les jeunes de la blogosphère ont été par ailleurs les premiers à s’engager dans la bataille et tout ce qu'on pouvait ressentir était un rejet profond de tout ce qui peut évoquer l’islamisme et la violence qui émanait d’un Etat policier. Les jeunes tunisien veulent un débat démocratique et de la confrontation d’idées et non à l'incitation à l'intolérance, et considèrent que les islamistes doivent alors être traités comme des séditieux. En Tunisie, les synagogues juives et les églises chrétiennes côtoient les mosquées. Les minorités, juives et chrétiennes pratiquent librement leurs cultes religieux.

Ce constat de tolérance est assuré par la Constitution qui garantit l’inviolabilité de la personne humaine, assure la liberté de conscience et protège le libre exercice des cultes.

Al Jazeera a voulu faire de Rached Ghannouchi (راشد الغنوشي) un acteur incontournable de la scène politique tunisienne et cela a été une attitude très douteuse. Aucun tunisien ne souhaite encore une fois être imposé...Roland Jacquard fait de Rached Ghannouchi un « inspirateur » d'actes violents commis au nom de l'islamisme qui refuse de se déclarer ouvertement : « Selon la plupart des services de renseignement occidentaux, ces prédicateurs, qui inspirent la conduite de la nébuleuse islamique, mais qui refusent de s'affirmer en tant que chefs, sont aujourd'hui au nombre de six :Omar Abdul Rahmane, Mohamed Hussein Fadlallah, Rachid Ghannouchi, Gulbulddine Hekmatyar, Hassan Al-Tourabi et le mollah Omar ».

Ces derniers jours, la fin de la censure et la liberté d'expression dans les médias tunisiens ont parfois donné lieu à des appels au retour au conservatisme, observent les défenseurs des droits des femmes. Un participant à un débat télévisé a ainsi affirmé que la légalisation de la polygamie permettrait d'augmenter la croissance démographique dans le pays. A la radio, un autre estimait que le retour des femmes au foyer permettrait de résoudre le problème du chômage.

"Les femmes voilées pour en finir avec le harcèlement sexuel. C'est ce qu'on entend désormais, dire dans les rues tunisiennes", écrivait samedi le quotidien La Presse, dénonçant "des solutions qui font froid dans le dos" et menacent "des acquis qu'on pensait jusqu'alors irréversibles". (source).

Non aux islamistes, non à l'intégrisme, non à Rached El Ghannouchi

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Quelque chose s’est passé, et de façon extrêmement rapide en Tunisie. Les autres pays du Maghreb ont donc raison d’être inquiets. On observe également que le regard des États-Unis a changé : tout ce qui se passe en Afrique aujourd’hui est un enjeu et le président américain l’a bien compris. Il a donc salué le courage du peuple tunisien beaucoup plus vite que ne l’ont fait les pays de l'Union européenne, qui ont réagi tardivement et timidement.

Il faut maintenant que les intellectuels Occidentaux se mobilisent et demandent à leurs dirigeants de soutenir la démocratie pour que les réformes soient engagées de manière idoine dans ces pays qui sont nos alliés, pour le meilleur certainement, mais parfois aussi....pour le pire.

Des artistes se réveillent !