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L'époque almohade et le malhoun

L'époque almohade et le malhoun

La chanson populaire arabe au Maroc emprunte ses modes à la musique arabo-andalouse. Le malhoun est connu depuis l’époque almohade qui avait créé un pouvoir central fort face à la structure tribale qui avait tendance à s’opposer et où nombreuses productions marocaines et andalouses du zajal ont vu le jour à une époque ou l'art Almohade marquait l’apogée artistique du Maghreb. Il furent les bâtisseurs de villes comme Ribat el Fath (Rabat). L’époque Almohade constitue un point fort de l’union culturelle entre Maghreb et Andalousie. Cette époque correspond également à une grande rigueur religieuse qui correspond à un étonnant déploiement du monde scientifique. Les élites s'ouvrent ainsi à la culture andalouse (poésie, médecine, philosophie...) avant de venir régner dans la capitale Marrakech. La différence entre culture citadine des élites et culture plus frustre des tribus s’affirme de plus en plus.

La forme première du malhoun était véhiculée par les maddahin, qui s'accommodent très bien avec la mission de diffusion d’informations que s’étaient assigné ces premiers Almohades.

Parmi les plus anciens auteur, Il convient de citer Abdelaziz El-Maghraoui (1578-1602) et Sidi Abderrahmane El-Majdoub qui ont vécu à la même période et qui se sont fait connaître avec leur quatrains mystiques « Rubaïyat ». Au cours du XVIII et XIX ème siècle, se succèdent de nombreux poètes qui ont adoptés et transmis ce genre artistique.

Un événement illustre le début du VIIIème siècle. A Fès, El Haj Allal al-Batla qui vit au début du règne Moulay Abdallah (1729-1757), compose la nouba en mode istihlâl (le lever de la lune). Cette oeuvre, entièrement nouvelle, ne figure pas dans les 24 noubas ni dans l'arbre des modes, mais elle s'apparente plutôt à la nouba en mode dil qui a disparu.

Dès l'avènement des dynasties saadiennes, les aèdes populaires se révèlent, étonnamment prolixes et imagés, ornant des traits de mœurs et de saillies originales leurs écrits d'allure romantiques. Ces poèmes, qui renouent à leur façon la tradition des longues ballades anté-islamiques, sont écrites en melhoun (sorte de koïné, poétiques littéralisé, fondé sur l'arabe vulgaire, influencé par les bédouins). La langue répudie les cas et les formes de la grammaire classique, la versification ignore ce qui faisait l'essence de la poésie arabe : la quantité. Uniquement basé, comme le français sur le nombre des syllabes, ce genre poétique ignore totalement les savantes combinaisons des anciens mètres. Son accentuation toute externe, est fonction du chant, en vue duquel il a été écrit et qui lui a valu son appellation si adéquate de mel'hoûn, signifiant à la fois incorrect et chanté. Cette musique n'est qu'un accessoire pour soutenir la poésie. Il n'y a pas de compositions originales ; souvent le poète se borne à prendre un air connu pour construire son poème et tisser sur sa trame son ouvrage poétique.