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Le plus grand cimetière marin au Monde se trouve en Tunisie

Le plus grand cimetière marin au Monde se trouve en Tunisie

Les deux dernières décennies peuvent être considérées comme étant un épisode dramatique dans l’histoire d’écologie et la biodiversité dans la région du sud Tunisien

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En Tunisie, il existe plusieurs grands sites industriels implantés sur le littoral du Golfe de Gabès (Sfax, Skhira, Gabès) qui ont générés divers problèmes de pollution dans la partie nord, entre autres celui causé par le grand complexe chimique de Ghannouch, notamment par l’usine de traitement des phosphates qui rejette depuis 25 ans des phosphogypses (Ca5(PO4)3F + 5 H2SO4 + 10 H2O → 3 H3PO4 + 5 CaSO4(H2O)2 + HF.) - (voir aussi Pollution à Gabès) Le phosphogypse est encore souvent déversé en mer, ce qui est source de pollution et d’eutrophisation des milieux. 

Cette substance est par ailleurs légèrement à significativement radioactive en raison des traces d’uranium et de radium présentes dans le minerai phosphaté.

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L’importante quantité de phosphogypses clarté des eaux et secondairement une restriction de la circulation des eaux; ce qui a eu pour conséquence un impact néfaste sur la flore et la faune.

  • une nette régression des plantes aquatiques de Posidonie au profit d'une profusion d'une algue appelée caulerpe.
  • une diminution très nette de la diversité de la faune associée à ces végétaux aquatiques (perte des 2/3 de la macrofaune benthique sédentaire, la plus exposée avec disparition notamment de deux espèces encore bien représentées dans des sites épargnés comme ceux des îles Kerkennah (la Pinne Pinna nobilis et la pintadine Pinctana radiata).
  •  persistance d’espèces benthiques polluto-résistantes et indicatrices de fonds instables eutrophisés,
  • désertification des fonds dès l’isobathe –10m même par les poissons,
  • apparition plus fréquente d’eaux rouges.

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Le phosphogypse issu du traitement des minerais naturels phosphatés, de même que le gypse naturel), peut aussi dégazer du radon (gaz radioactif cancérigène et potentiellement responsable de mutations, mais également présent dans les roches granitiques naturelles).

En termes de tonnage, le phosphogypse issu de la production de superphosphate est aussi la première source mondiale de déchets très faiblement radioactifs en Tunisie, c’est la première source de ces déchets. En tant que déchet hautement toxique, le phosphogypse ne devrait plus être jeté en mer ; il pourrait être recyclé et par exemple stocké sous forme de terril, crassier (également nommés « empilements » au Canada. Pour la seule Tunisie grande productrice de phosphates, cela représente 10 millions de tonnes de phosphogypse produites annuellement (source : CNRS).

L’humanité se rappelle encore des intoxication au mercure des pêcheurs de la baie de Minamata, au Japon. Cet empoisonnement, dû au rejet en mer d’une petite quantité de mercure, a marqué les esprits par le nombre de morts (1.200 sur une période de 20 ans).

Je ne veux pas voir mon cher Archipel  ni ma chère ville de Sfax dans les flash d’actualités en 2020 pour une situation similaire on ne veut pas tout simplement  être une deuxième Minamata.

En raison de l’augmentation spectaculaire des gens qui vont être atténué par des maladies cancérigènes issues de pollution dans la future proche Même la situation actuelle est vraiment critique et gênant, chaque famille à Kerkennah et à Sfax en perdu ou moins un personne proche qui est décédée par une maladie cancérigène, moi j’ai perdu 3  personne à la fois. 

Aujourd’hui, le contribuable paie très cher la facture de la dépollution. Des milliards de dinars sont dépensés, non pas pour créer de nouveaux projets, mais pour corriger ces erreurs industrielles. C’est un fait connu, la dépollution est plus coûteuse que le lancement de projets polluants.

La Tunisie a été amenée à contracter des emrunts pour financer la réparation des dégâts. Même je surenchéris en affirmant que la facture et vraiment couteuse et dépasse nos capacités financières.

A titre simplement indicatif -car la liste est longue-, la Banque européenne d’investissement (BEI) a accordé à la Tunisie, par le biais de la Facilité Euro-méditerranéenne d'Investissement et de Partenariat (FEMIP), deux crédits dédiés au financement de projets d’isolement du phosphogypse. Le premier, d’un montant de 34 millions d’euros (environ 52 millions de dinars tunisiens), est destiné à réhabiliter la zone polluée de Taparura qui est établi suite à l’ordre présidentielle. Cette zone côtière souffrait, par l’effet des rejets de phosphogypse de l’usine NPK, d'un grave problème de pollution.

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L’immobilisation générale pour la lutte contre la pollution en Tunisie et à Gabes particulièrement et la responsabilité de tout le monde je salue à l’occasion l’effort employé par l’état dans les organismes de APAL et le ministère de l’environnement et les ONG locaux telle que Kyranis, jeune science Kerkennah, et UNESCO et ALESCO pour les efforts considérables qui ont été déployés à la sensibilisation et la lutte contre ces désastres.

Hamdi Hached