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Jean Geiser

Jean Geiser

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Femmes dans la casbahJean Geiser, réalisé entre 1890 et 1900

De nombreux photographes européens vivaient et travaillaient en Algérie depuis la seconde moitié du XIXème siècle et ont figé les aspects de la vie locale sur pellicule pour établir un inventaire ethnographique et historique du pays colonisé.

Parmi les artisans de la photographie coloniale en Algérie, on peut citer Jean Geiser (né en 1843 - décédé le 7 septembre 1923) qui a exercé principalement comme photographe de studio et éditeur Alger, mais qui a parcouru le pays afin de prendre de nombreux clichés extérieurs n'hésitant pas de prendre ses clichés depuis une montgolfière. Il a également sillonné le Maroc et la Tunisie entre 1872 et 1924, année de sa mort. Il est un des représentant de l'imagerie coloniale d'Afrique du Nord. Seul quelques épreuves de sa carrière comme sa série Femmes dans la casbah obtiennent une certaine célébrité.

 

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Alger, vue prise depuis une montgolfière par Jean Geiser

Biographie

Il est le fils de Lucien Jacob Geiser (décédé en 1852), un colon suisse originaire de La Chaux-de-Fonds installé avec sa famille en Algérie aux alentours de 1850. Les trois fils exerçaient comme photographe, mais seul Jean est resté célèbre !

A la suite du décès du père, sa mère Julie Geiser exploite un atelier photographique situé au 7 rue Bab Azoun à Alger et s'associe en 1854 ou 1855 avec Jean-Baptiste Alary, négociant initié à la photographie. Jean Geiser prendra la direction de l'atelier en 1867 et fondera au décès de son frère sa propre entreprise et créera plus tard, une succursale à Blida et une maison d'édition. Avec son fonds photographique, il participe à plusieurs expositions internationales, à Vienne (1873), Paris (1878, 1892 et 1900) ou encore à Amsterdam (1883).

On lui doit un riche inventaire des villes, villages, personnages et paysages car Jean Geiser couvrait les événements de l'époque afin de réaliser des milliers de clichés connus et diffusés par le biais de la carte postale.

A son époque Jean Geiser était un photographe apprécié et loué par les autorités coloniales.

Il décède entouré de l'affection des siens, le 7 septembre 1923 dans la maison familiale, Le Cottage Helvetia, à la colonne Voirol. Sa tombe est toujours visible au cimetière de Saint-Eugène, face à la mer.

Les «Belles Algériennes de Geiser»

Les «Belles Algériennes de Geiser» est un ouvrage sur papier albuminé qui présente des photographies nous regardant droit dans les yeux, par-delà les années.

En réalisant ces innombrables clichés des habitantes du pays, le lecteur appréciera ce bel ouvrage paru aux éditions Marval  et le fera découvrir ces jeunes femmes charmeuses qui figurèrent sur de nombreuses cartes postales de l'époque mais constituent aujourd'hui de véritables documents, à la fois charmants et nous offrant de nombreuse références historiques.

Malek Alloula est un poéte et essayiste, qui nous dévoile sa vision tandis que l'historienne Layla Belkaïd nous livre un très grand nombre d'indications sur les bijoux, les costumes, les parures de ces belles Algériennes. L'ouvrage ne manque pas de faire référence à l'orientalisme pictural, très en vogue au 19e siècle. Les femmes d'Alger de Delacroix ne sont pas si loin… Pour ces parures dont l'agencement artificiel ne répond à aucune réalité d'ordre historique ou ethnologique, le terme cliché n'aura jamais mieux été utilisé. Les beautés algériennes de Geiser, malgré leur pouvoir d'évocation, nous en apprennent beaucoup plus sur la mentalité européenne de cette époque - et sa vision standardisée de l'exotisme - que sur la société d'un pays récemment colonisé. «Belles Algériennes de Geiser», éditions Marval, 128 pp., 110 documents, 23 €.

 

Comme l'écrit l’historien Jacques Frémeaux dans sa préface : « Il serait illusoire de vouloir exiger des documents visuels plus d’objectivité qu’on n’en trouve dans les archives écrites ». Pour lui, les images de Jean Geiser ne montrent pas une réalité mais traduisent une vision artistique et humaniste. Il ajoute : «  Si le photographe a travaillé dans le cadre d’une société coloniale, il a su, par le respect qu’il portait à ses sujets, en souligner la dignité ou la séduction. Leur visage, leur silhouette saisis par son appareil expriment, derrière l’apparence exotique, l’âme de tout un peuple et de son pays ». Cependant, il faut également préciser que son travail relevait plus de l'ordre de idéologique qu'ethnologique et incontestablement il servait davantage la promotion d'une propagande politique colonialiste ambiante et certains chercheurs pointe une oeuvre qui dévalorise l'image de la femme algérienne.


Voir aussi

  • Photographie
  • Orientalisme
  • L'orientalisme dans l'art européen
  • Art sur les Chemins de la Photographie
  • Maison de la photographie de Marrakech