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Honni soit qui mal y pense par Salah Elayoubi

Honni soit qui mal y pense par Salah Elayoubi

Au moment où les informations se bousculaient, sur la chute de la ville de Syrte, l'arrestation de Kadhafi et de son fils, puis leur mort, une autre nouvelle passait inaperçue. Celle du premier coup de pioche pour la construction de la plus grande mosquée d'Algérie.

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Une fois terminé, ce lieu de culte sera le 3e plus grand édifice religieux musulman, juste après les mosquées de La Mecque et de Médine, en Arabie saoudite, mais devant la mosquée Hassan II de Casablanca

Confié au groupe chinois CSCEC basé à Hong Kong, cet édifice de tous les superlatifs, est aussi celui de tous les chiffres, tant ceux-ci donnent le tournis:

984.000.000 d'Euros, minaret de 270 mètres de hauteur, plus de 400.000 m², capacité d’accueil de 120.000 fidèles (esplanade comprise), bibliothèque d’une capacité de 2.000 places aux collections riches d’un million d’ouvrages, salle de conférence de 1.000 places, musée d’art et d’histoire islamiques, centre de recherches historiques, locaux commerciaux, restaurant, parking de 6.000 places. En tout, douze bâtiments indépendants, implantés sur un terrain de 20 hectares, situé à Mohammadia, face à la baie d’Alger, dans l’est de la ville.

Dans quarante huit mois nos voisins algériens pourront donc se vanter de posséder l'un des plus beaux édifices religieux du monde arabo-musulman.

Et puis ?

Et puis plus rien Pardi !

Car l'histoire ne nous raconte pas les dessous de ce marché, les combines qui ont fait éliminer les concurrents du groupe chinois, comme par exemple l' Arabian Construction Company-Astaldi, groupe italo-libanais ou l'Etrhb Haddad-Cosider-FCC l'algéro-espagnol.

Nul ne saura jamais dans quelles conditions s'est déroulé l'appel d'offre, ni l'ouverture des plis.

Mais le plus grave c'est que nos dictateurs et leurs courtisans, accoutumés au fait du Prince, ont pris l'habitude de nous donner, sans nous consulter, de quoi nous réjouir.

Lequel de ces jeunes algérois, sans emploi, sans espoir et sans pespectives d'avenir s'enorgueillira de voir ce minaret interminable, tutoyer les astres, lorsque son moral habite au trente-sixième sous-sol ?

Etrange façon de procéder de la part de nos tyrans, qui, pour donner des gages à leurs contradicteurs, devenus par trop dangereux, se livrent, à nos frais, à une pathétique et superfétatoire course aux équipements dispendieux, autant qu'inutiles.

Un minaret géant et quarante huit mois plus tard, que restera-t-il de cette aventure ?

Rien de nouveau vous dis-je !

Sans doute Bouteflika et sa cour misérable de généraux prédateurs et ventripotents, devront-ils, après avoir donné des gages aux islamistes, remettre leur ouvrage sur le métier, pour flatter une autre catégorie de mécontents devenus à leur tour incontrôlables.

Alors, pour faire taire les centaines de milliers de chômeurs qui grondent de colère et caresser dans le sens du poil, la classe moyenne réclamant son dû du pillage pétrolier, ou encore l'ancienne métropole, qui ne songe qu'à reconquérir, mélancoliquement, des parts de marché, au pays des Aurès, songeront-ils sérieusement à s'équiper d'un TGV, ce train dont on dit qu'il est à grande vitesse, et qu'il rapproche les équipements coûteux, appartenant aux multinationales, complices du pouvoir, les uns des autres.

La boucle sera, alors bouclée: de nouvelles fortunes se bâtiront à coup de rétro-commissions, de business mafieux et de shémas-directeurs étrangement arrangeant, pour les parcelles de terres, le long du trajet de la ligne rapide.

Il n'y a pas de doute ! Nous sommes bien en absurdistan !

Ca vous rappelle quelque chose ? Ca remue le couteau dans la plaie, dites-vous ?

Honni soit qui mal y pense !

Je ne veux, surtout pas, vous gâcher le plaisir de la bonne nouvelle de la disparition de Kadhafi, en attendant la chute des autres...Tous les autres !