Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
LNO

LNO

Menu
Hassan II ! Réveille-toi, ils sont devenus fous ! - Salah Elayoubi

Hassan II ! Réveille-toi, ils sont devenus fous ! - Salah Elayoubi

La loi des séries existe. Mohamed VI vient de l'expérimenter à ses dépens.

Ahmed Benseddik, Rachid Knanbi. Deux noms, apparemment sans rapport l’un avec l’autre.

Sauf que, à quelques semaines d'intervalles, chacun d'entre eux, a interpelé, sévèrement, Mohamed VI et son administration, les renvoyant aux classiques de la gouvernance.

Tout d'abord, Ahmed Benseddik, qui, pour avoir sonné le tocsin, se retrouve au ban de la société civile, privé de l'exercice de son métier et du minimum vital. Pour quelqu'un qui a la responsabilité d'une famille, nul besoin de dessin, pour comprendre la détresse que la situation engendre.

Deux mois après son mémorable coup de gueule, un autre citoyen, Rachid Knanbi, une des victimes des attentats terroristes de 2007, tout aussi indigné, par le silence assourdissant qui environne son cas, depuis plus de quatre longues années, renvoie tout simplement au roi, la lettre de soutien que celui-ci lui avait adressée, et par laquelle, il instruisait les autorités du ministère de l’intérieur, d’apporter au blessé et à sa famille, soins et prise en charge.

La supplique que l'intéressé soumet, par la même occasion, au roi, pointe sans équivoque, un doigt accusateur sur celui-ci, même si le ton, par moments, obséquieux, voile ou édulcore la colère de son auteur.

Au passage, Rachid Knanbi égratigne le ministère de l'Intérieur, qui, après avoir, purement et simplement, ignoré les directives royales, fait, à présent, obstruction à l'application de la décision de justice, qui condamne l'Etat marocain à dédommager l'intéressé.

Un peu plus loin, notre homme s'en prend sans ménagement, aux proches du roi, auxquels il impute directement la responsabilité de ses souffrances, sa grande misère et le cancer de sa mère qui menace, à présent, de l'emporter, en l'absence de soins appropriés.

Tous ceux qui ont connu l'ère Hassan II et celle de Mohamed VI vous le diront: la situation du Maroc, s'est singulièrement péjorée à tous les niveaux, depuis l'arrivée au pouvoir, du nouveau roi.

Tout, en effet, porte à croire que celui dont on espérait qu'il allait devenir la clé de voûte d'une "exception démocratique à la marocaine", s'est transformé, en moins d'une décennie, en fossoyeur des illusions.

Jamais le « roi des pauvres » n’a autant mérité son nom, tant son régime en « fabrique », par paquets de douze, à force d’injustice et d’impunité. Ce que l’on prenait pour de l’empathie ou de la compassion, n’était, en réalité que de la pose photo, de la posture marketing ou de la gesticulation pure et simple.

Ce n’est pas Rachid Knanbi qui le démentira, lui, qui a, désormais, rejoint Ahmed Benseddik dans le malheur et l'errance interminable, en quête d'un minimum de reconnaissance, d'écoute et de justice et qui nous explique, par le menu détail, comment la seule présentation de la lettre du roi, lui a valu quolibets et sarcasmes, à tous les niveaux de l'administration. Sous Hassan II, un tel document avait valeur de dahir. Le fonctionnaire qui n'en exécutait pas les instructions pouvait s'attendre au pire !

Mohamed VI qui avait, pourtant, promis à Rachid Knanbi que sa porte lui serait, toujours ouverte, se mure dans un silence gêné. C'est que la monarchie exécutive, dont il se prévaut, a, désormais, atteint son « degré de Peter » et le roi, incapable de faire appliquer par l’Etat, la dernière de ses recommandations, expérimente, à ses dépens, ce postulat qui veut que, ni l'omnipotence, ni le don d'ubiquité ne seront jamais du ressort de l'être humain, fût-il despotique. Même si, bizarrement, celui qui fait la sourde oreille, aux appels de détresse de ses compatriotes, en retrouve soudain l'usage, dès qu'il s'agit de flairer les bonnes affaires.

Depuis quatre ans, deux destins, pour ne citer que ces deux-là, chavirent et, lentement, coulent par l’acharnement d’un régime, qui s’en prend aux plus honnêtes et aux plus courageux de ses citoyens.

Nous savions déjà, sous Hassan II, que l’hypocrisie, l’impunité et l’injustice présidaient à nos destinées, mais les voilà, aujourd’hui, consacrées système de gouvernance.

On en souhaiterait presque, le retour du roi défunt !

312663_236580043057009_100001150453276_633139_1518133060_n.jpg

320379_236580016390345_100001150453276_633138_812176741_n.jpg