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Gustav Klimt

Gustav Klimt

Gustav Klimt est un peintre et décorateur autrichien (Baumgarten, près de Vienne, 1862 - Vienne, 1918). Il fut l'un des figures de proue du mouvement Art nouveau de Vienne. Peintre de compositions à personnages, sujets allégoriques, figures, nus, portraits, paysages, dessinateur, décorateur, peintres de cartons de tapisseries, cartons de mosaïques, céramiste, lithographe. Les critiques des conservateurs, les scandales suscités par ses oeuvres...tout ceci n'empêcha pas Gustav Klimt de devenir le plus grand peintre autrichien de son temps. Qu'il soit symbolique, naturaliste ou architectural, le travail de Klimt traite toujours des liens entre l'érotisme et la mort ; il dessine les frontières de l'indécent et du morbide. Ses élèves les plus connus furent Egon Schiele et Oskar Kokoschka. Sa notoriété était alors si emblématique que le tournant du siècle en Autriche, cet âge d'or de la créativité et de la culture, aussi bref qu'intense, fut baptisé « l'âge de Klimt ».

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La Sécession viennoise

La Sécession constitue l'une des plus belles illustrations du Jugendstil ou Art nouveau (Liberty en Angleterre). La naissance de l'Art nouveau peut être datée des premières affiches d'Alfons Mucha, à Paris, en 1894-1895. Ce courant artistique s'inspire du Symbolisme, un mouvement poétique né en France et en Belgique. Il puise son inspiration dans l'harmonie de la nature, avec ses volutes et ses couleurs. Le Jugendstil a marqué de son empreinte l'urbanisme de Vienne. On peut encore apprécier au gré des promenades dans la ville les constructions élégantes et fragiles d'Otto Wagner et de ses disciples, caractérisées par des motifs sobres aux formes géométriques. La capitale de l'Autriche-Hongrie jouit au début du XXe siècle d'un éclat culturel et artistique qui rappelle la Vienna gloriosa de l'époque baroque. Le caractère multiculturel de la capitale des Habsbourg, qui mêle les influences germaniques, hongroises, slaves et juives, s'accommode tant bien que mal de la montée des idées xénophobes et nationalistes en Europe.

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Formé à l'École des arts appliqués de Vienne (1876-1883), Klimt travaille comme décorateur, en collaboration avec son frère Ernst et Franz Matsch, jusqu'en 1891, lorsque, à l'occasion de ses premières commandes personnelles (pendentifs du grand escalier du Kunsthistorisches Museum), il se dégage des modèles académiques. Inspiré par l'art de Ravenne, les estampes japonaises, et le symbolisme, il met en place un style original qui en fait l'un des acteurs essentiels de la Sécession viennoise, dont il fut, en 1897, l'un des fondateurs et le premier président.

Il renouvelle l'emploi de l'allégorie par des compositions rythmiques, où la ligne accentuée détache les silhouettes, presque toujours féminines, sur de riches fonds ornementaux. Les décors stylisés sont traités avec les techniques et les matériaux des arts appliqués (matériaux précieux, or, argent, mosaïque). Le contraste entre le rendu précis des figures et l'abstraction des fonds, l'étrangeté des poses décentrées, hiératiques ou abandonnées, et la nouvelle unité, à la fois décorative et symbolique, qui en résulte, sont autant de caractéristiques que l'on trouve dans son travail d'illustrateur (il collabore à la revue Ver Sacrum), de peintre et de décorateur.

Les grands cycles décoratifs

L'audace de sa conception symbolique, aux connotations érotiques et morbides (l'Espoir, 1907-1908), ponctue de scandales la réalisation des trois toiles commandées en 1892 pour décorer la grande salle de l'université de Vienne, (la Philosophie, la Médecine, la Jurisprudence, 1900-1908). Avec la Frise Beethoven (1902), destinée au bâtiment de la Sécession pour l'exposition de 1902, puis les mosaïques (l'Arbre de la vie, l'Attente, le Baiser, 1905-1909) décorant la frise de la salle à manger du palais Stoclet, édifié par Josef Hoffmann à Bruxelles, Klimt apparaît comme une figure majeure du renouveau de l'art monumental. En 1905, il se retire de la Sécession avec Carl Moll, tandis qu’Hoffmann et Kolo Moser fondent la Wiener Werkstätte (Atelier viennois). Il réalise en 1906, le portrait de « Fritza Riedler » qui est le premier portrait carré de la « période dorée » de Klimt. Il est aujourd'hui exposé au Belvédère.

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Portraits et paysages

Souvent réalisés avec des feuilles de métal travaillées dans l'épaisseur, les motifs décoratifs géométriques, anciens ou exotiques, s'affranchissent bientôt complètement des scènes représentées (le Baiser, 1907-1908). Les nombreux portraits caractéristiques de cette période dite «dorée» (1906-1909) restent ensuite un de ses genres de prédilection. Ils sont alors réalisés, comme les paysages qu'il traite régulièrement depuis 1900, avec une palette et des motifs proches des néo‑impressionnistes et des Nabis. Il continue parallèlement à réaliser de grandes œuvres symboliques (la Vierge, 1912-1913; la Mariée, 1917-1918).

En 1911, Klimt voyage à RomeBruxellesLondres et Madrid.

Klimt décède à Vienne le 6 février 1918 d'une attaque d’apoplexie, laissant de nombreuses toiles inachevées. Egon Schiele fait son portrait sur son lit de mort. Sa tombe se trouve au cimetière de Hietzing. La même année mourront également Otto Wagner, Kolo Moser et Egon Schiele.

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"Il n'existe pas d'autoportrait de moi. Je ne m'intéresse pas à ma propre personne comme "objet de représentation", mais aux autres êtres, surtout féminins, et plus encore aux apparitions." Gustav Klimt.

Impact de Gustav Klimt dans la culture populaire

  • Le générique du dessin animé tiré du manga « Elfen Lied » s'inspire grandement de ses œuvres.
  • En 2005, Raoul Ruiz réalise le film Klimt, avec John Malkovich dans le rôle du peintre.
  • Dans le film Dracula de Francis Ford Coppola, sorti en 1992, la robe portée par Dracula dans la scène de lutte finale dans le château a été inspirée par la peinture de Gustav Klimt intitulée "Le Baiser".
  • Les groupe du musique électronique The Bloody Beetroots a rendu hommage en titrant une de leur chanson "Gustav Klimt was a dark", chanson qui traduit phonétiquement l'art de Gustav Klimt.

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Klimt et l'œuvre d'art totale

Pour la 14e exposition de la « Sécession viennoise » qui eut lieu d’avril à juin 1902, artistes et membres de ce courant de l’Art nouveau avait décidé de présenter des œuvres en respectant à la lettre l’idée d’art total, forme de sacralisation esthétique. Le leitmotiv en était Ludwig van Beethoven, dont la Neuvième faisait figure d’utopie réalisée, notamment son dernier mouvement avec l’Ode à la joie qui, par sa beauté, « délivrait l’humanité souffrante par l’art ». Une sculpture monumentale du musicien, œuvre de Max Klinger représentant l’artiste idéal, était au cœur de la manifestation, dont le mot d’ordre était que les détails doivent s’effacer devant l’effet d’ensemble. L’architecte Josef Hoffmann avait imaginé pour l’exposition une « architecture puriste » : des murs blancs et nus évoquant un temple, lieu sobre et sans prétention, que n’interrompent que ses bas-reliefs de dessus de porte (ces formes rectangulaires en trois dimensions, librement juxtaposées sont considérées aujourd’hui comme une œuvre majeure de l’art abstrait autrichien en Autriche). L’exposition Beethoven de 1902 se présentait donc comme une œuvre d’art totale, dans laquelle peintres, sculpteurs et architectes mettaient leur inspiration en faisceau sur le même thème : le génie du musicien. Gustav Mahler, à la tête de l’Opéra de Vienne, dirigea une œuvre du maître pendant la cérémonie d’inauguration. Une fois l’exposition démontée, il était entendu que tout serait détruit, excepté la statue de Klinger.

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L'art sauveur

C’était l’intention. Pourtant, la frise Beethoven de Klimt, vénérée par les uns, honnie pour sa « laideur » par les autres (les critiques et artistes conservateurs), fut très vite considérée comme l’un des chefs d’œuvre du peintre. Elle échappa à la destruction, de même qu’une série d’autres œuvres qui trouvèrent acheteur à l’issue de l’exposition. Longue de 33 mètres, la frise s’inspire de l’esprit qui souffle sur l’Ode à la joie. Elle incarne l’idée selon laquelle l’art (peinture et poésie) est le salut de l’humanité. Les scènes qui constituent cette série sont une suite de personnages en groupes : des femmes en suspension symbolisent L’aspiration au bonheur. Une jeune fille debout et un couple agenouillé le bras tendu représentent Les souffrances de la faible humanité. Ils adressent leur prière à la force extérieure de l’homme vigoureux et armé, qui fait face à deux femmes, allégories de l’ambition et de la compassion. Le géant Typhon et ses filles, les trois gorgones, symbolisent les forces du mal, à côté de la luxure, de la lubricité et de la démesure. En arrière-plan, des têtes semblables à des masques représentent la maladie, la folie et le chagrin.

Après Génies et poésie, la frise s’interrompt pour laisser le champ au Beethoven de Klinger. C’est ensuite seulement que la frise de Klimt apporte le salut : Poésie et Arts introduisent le Chœur des anges du paradis. Le dernier tableau, couronnement de la frise, représente un couple d’amoureux qui se donne le Baiser à la Terre entière de l’Ode. Ce travail est porté aux nues par le public de l’époque, mais les adversaires de Klimt, nombreux, donnent eux aussi de la voix. Ils pestent contre ces tableaux « horribles, épouvantables ».

Entre glamour et misère

Entreposée dans plusieurs lieux pendant près d’un siècle, la frise, restaurée, ne réapparaît au grand jour qu’en 1986, après la rénovation complète du pavillon de la Sécession viennoise, dont elle orne le sous-sol. Aujourd’hui, cette œuvre célébrissime en dit long sur la situation politique et culturelle de Vienne du XXe siècle naissant. Une période qui fut marquée d’un côté par l’art et ses mécènes, de l’autre par la maladie, l’injustice et la souffrance, triste réalité de la société viennoise en déclin. Car le glamour, la vie mondaine à Vienne, la recherche esthétique, la quête de pureté dans l’art, ne sont qu’une face de la médaille. Les artistes, eux, vivent souvent au seuil de la misère, ils tirent le diable par la queue, exposés qu’ils sont à la vindicte des critiques.

Klimt le révolutionnaire

L’artiste ne s’intéresse pas qu’à la beauté des femmes et aux paysages féériques. Les trois tableaux qu’il peint pour l’Université de Vienne entre 1894 et 1905 (sur la philosophie, la médecine et la jurisprudence) montrent sans détours le peu de considération qu’il a pour les médecins, les philosophes et les juristes de la capitale autrichienne. Ces « tableaux des facultés », qui furent plus tard brûlés, claquent comme une sentence contre la fine société viennoise. Au fond de lui-même, Klimt était un révolutionnaire qui rejetait les normes de la politique culturelle d’alors et portait un regard cynique sur la société autour de lui. Les 3 tableaux ayant scandalisé leur commanditaires, il était exclu qu’ils ornent comme prévu les voûtes du hall d’entrée de l’Université. Klimt les retira. Ils furent ensuite achetés par un mécène privé. Dès lors, l’artiste se détourna des thèmes sociopolitiques. Poissons rouges – à mes critiques, peint en 1901/1902, était lui aussi un camouflet asséné aux forces conservatrices de Vienne : la femme aux longs cheveux roux qui tourne le dos au peintre offre au regard surtout une chose : les rondeurs de son postérieur... Le titre suffit pour comprendre en quelle estime Klimt tient ses critiques.

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Portraits de femmes et de paysages plutôt que critique sociale

A partir de 1905, il se consacre uniquement à la beauté dans l’art : Klimt devient le plus célèbre portraitiste de femmes dans la Vienne de 1900. Les commandes affluant, il acquiert rapidement son indépendance financière. Ses paysages expriment tout l’amour qu’il voue à la nature. Devenu le peintre par excellence de l’époque viennoise, Klimt occulte complètement les sujets sensibles alors que la société autrichienne est frappée de crises de toutes sortes. S’il avait moins craint les critiques, nous aurions aujourd’hui plus de témoignages picturaux de sa libre pensée, de son esprit libertaire.

Tous les artistes viennois, Klimt le premier (il en est le précurseur), mettent les arts sur un pied d’égalité. Tel est le préalable de l’œuvre d’art totale. Abolies les frontières entre l’art noble et l’art populaire, entre arts décoratifs, arts appliqués et les disciplines reines que sont la peinture et la sculpture. Peinture, design, architecture (y compris d’intérieur), graphisme d’objets usuels et mode ont la même valeur en cette « Fin de siècle ». C’est donc Klimt, mais aussi Hoffmann, Wagner, Moser et les artistes de l’Atelier viennois qui sont à l’origine de l’œuvre d’art totale, incarnation de l'esprit démocratique qui régnait à Vienne en 1900. Plus tard, ce mouvement se prolongera dans le Bauhaus et dans le courant De-Stijl. En ce siècle finissant, Vienne fut bien, avec l'Ecosse et l'Angleterre, l’un des creusets du modernismeOriginal allemand de Barbara Steffen

L'Affaire Klimt, Allemagne, 2006, Réalisateur: Jane Chablani

"En juin 2004, la Cour suprême des États-Unis permet à Maria Altmann, nièce d'Adèle Bloch Bauer, de poursuivre l'Autriche pour obtenir la restitution de cinq peintures de Klimt volées par les nazis en 1938. Gardées par l'Autriche après la guerre, les peintures étaient visibles au palais du Belvédère de Vienne. Les cinq tableaux incluaient le célèbre Adèle Bloch-Bauer I surnommée « La Joconde d'Autriche ». Le 18 juin 2006, le tableau Adèle Bloch-Bauer I est adjugé pour 135 millions de dollars chez Christie's. Il sera exposé au musée new-yorkais Neue Galerie. La vente des cinq tableaux a rapporté plus de 327 millions $.

À la fin des années 1930, les nazis s'emparent de cinq tableaux de Gustav Klimt appartenant à Ferdinand Bloch-Bauer, un industriel juif ayant fait fortune dans le sucre. Au lendemain de la guerre, les héritiers réclament à l'État autrichien la restitution des oeuvres... sans succès. Récit d'une incroyable bataille judiciaire qui a duré plus d'un demi-siècle.

Au début du XXe siècle, l'industriel d'origine juive Ferdinand Bloch-Bauer et son épouse Adèle acquièrent cinq tableaux de Klimt, parmi lesquels un portrait d'Adèle. Celle-ci demande par testament à son mari que les oeuvres soient plus tard léguées à la fameuse Galerie du Belvédère, à Vienne. Mais en 1938, les nazis prennent le pouvoir en Autriche et s'emparent de la collection Bloch-Bauer. Avant de mourir en 1945, l'industriel désigne ses neveux et nièces comme héritiers. Dès 1948, un avocat réclame à l'Autriche les biens confisqués pour le compte de Maria Altmann, une nièce de Ferdinand Bloch-Bauer qui réside en Californie. Au prix d'une lutte épuisante, Maria Altmann finit par obtenir la restitution de l'héritage de son oncle... sauf les cinq Klimt que l'État autrichien refuse de céder. Il faudra le vote d'une loi spécifique en 1998, puis encore sept ans d'attente, avant que Maria Altmann ne récupère enfin les tableaux en 2006, à l'âge de 90 ans.

L'affaire Klimt retrace les péripéties de cette restitution. Une chronique où se mêlent les époques les plus brillantes de l'histoire autrichienne récente - comme celle de la Sécession viennoise, aux alentours de 1900, où artistes, mécènes et grands bourgeois éclairés se rencontrent dans une capitale ouverte à toutes les cultures - et ses heures les plus sombres : l'annexion de l'Autriche au IIIe Reich, la spoliation des juifs, l'émigration de nombreux artistes et intellectuels, et, après 1945, un État autrichien qui a du mal à faire son travail de mémoire. Parallèlement à ces références historiques, L'affaire Klimt propose une attachante galerie de portraits... sur toiles, mais aussi en chair et en os."

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Voir aussi

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