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Guerre et psychiatrie : l'obusite comme trouble de stress post-traumatique

Guerre et psychiatrie : l'obusite comme trouble de stress post-traumatique

De nombreux auteurs ont depuis l'antiquité rapporté, en conditions de conflits, des constats d'augmentation de la cruauté, de l'insensibilité, de sadisme ou de folie. Le stress à l'origine du trouble peut être constant ou passager mais toujours récurrent. Ces troubles de la personnalité et comportementaux sont parfois associés à des troubles psychomoteurs qui peuvent être momentanés (la résilience) ou durable: L'obusite (du français « obus », le suffixe « -ite » ne désignant pas ici une inflammation) en anglais : Shell-Shock (« choc de l'obus »), est un terme décrivant une association de troubles psychiques et physiques observés chez certains soldats de laPremière Guerre mondiale, essentiellement dans le contexte de la guerre de tranchées ; c'est un syndrome classé comme étant l'une des formes de stress post-traumatique. L'obusite est aussi appelée "traumatophobie ou névrose de guerre". 
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A l'occasion du 100e anniversaire de la Grande Guerre, le Musée du Dr. Guislain de Gand présente une exposition d'œuvres d'art contemporain inspirées par les conflits armés et leurs effets psychiques, tant sur le vécu des soldats et des victimes de guerre que sur la mémoire collective de 1914 à 2014.
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L’exposition Des soldats et des psychiatres 1914-2014 étudie l’attention portée aux troubles psychiques et leur soin pendant la Grande Guerre, mais s’arrête aussi sur des conflits plus récents du siècle passé. Comment un psychiatre traite-t-il aujourd’hui un soldat atteint du syndrome de stress post-traumatique ? Celui-ci est-il mieux compris ? Et quel regard les correspondants et photographes de guerre portent-ils sur les violences de guerre et les souffrances psychiques ? L’exposition s’arrête aussi sur des conflits plus récents du siècle passé. Comment un psychiatre traite-t-il aujourd’hui un soldat atteint du syndrome de stress post-traumatique ? Celui-ci est-il mieux compris ? Et quel regard les correspondants et photographes de guerre portent-ils sur les violences de guerre et les souffrances psychiques ?
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À la fin du 19e siècle, Pierre Janet avait démontré que l'hystérie avait pour cause un traumatisme psychique, mais ses travaux furent niés et oubliés. Toutefois, les horreurs de la Première Guerre mondiale allaient de nouveau imposer la réalité des traumatismes psychiques. De nombreux soldats se retrouvèrent en effet alors victimes d'une dépression nerveuse, appelée « obusite » en référence au bruit et au choc causés par les explosions d'obus. 
Avant la Grande Guerre, la Psychiatrie s'édifiait d'abord comme une science en développant la nosologie et la nosographie, restant cousine de la neurologie, s'approchant de la psychologie comme équivalent de la physiologie. Le cerveau, support de l'esprit, est l'objet de la recherche car c'est lui qui tient la clef de l'étiologie des maladies mentales.
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Deux explications sont souvent données par les soldats:

L'épuisement physique (fatigue physique, manque de sommeil, perturbation du rythme de veille, marches forcées, douleur physique dépassant la résistance normale de l'individu...), auquel on peut parfois ajouter l'exposition à certaines toxines (armes chimiques, toxicité des munitions, alimentation avariée...). Mais dans ces cas, les troubles sont généralement temporaires. 


L'épuisement moral (face à l'exposition de mourir, à la vue d'autrui mourant, à l'acte de tuer, à la torture, à des actes contredisant la morale ou l'éthique du soldat...) à l'obligation d'obéir à des ordres éventuellement incompréhensible ou inappropriés, ce que l'on nomme "les dissonances cognitives". 

Selon un médecin militaire psychiatre "l'instinct de conservation se rebelle contre la guerre".

On pense que ces troubles comportementaux pourraient être dûs à la distance que doit prendre l'esprit du combattant avec la réalité. Il ne devient pas insensible, mais pour sauvegarder sa santé mentale, l'esprit se dissocierait des actes. L'exposition à plus long terme à un stress intense de guerre provoque aussi des séquelles lourdes: l'esprit compose petit à petit avec ce qu'il a enregistré.

Les symptômes de l'obusite sont divers et se caractérisent par des tremblements incontrôlés plus ou moins intenses. Ou encore des syndromes de folies méconnus qui donnèrent le nom de "psychose des barbelés". Pour soigner ces malades, les médecins décidèrent d'utiliser une invention toute récente: l'électricité! Ainsi venait de naître l'électrocution systématique des malades psychiques. Jusqu'à ce jour aucun effet positif n'a jamais été démontré!

On sait maintenant que les individus sont non seulement inégaux face au stress psychique, mais qu'ils sont aussi génétiquement inégaux devant certains toxiques (poudre, gaz de combat, plomb, etc). Avec le recul et les connaissance actuelles en toxicologie, il est probable que de nombreux soldats fusillés pour l'exemple ou punis pour avoir simulé une maladie ou des troubles psychiques, étaient en fait victimes de troubles réels
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Appareil d'électrothérapie « Multostat » et électrodes.Collection historique de pharmacie et de médecine, Université de Kiel. Des médecins utilisaient des chocs électriques pour traiter les symptômes physiques des patients atteints d'obusite pendant la Première Guerre mondiale. Des chocs à haute tension étaient administrés aux membres paralysés, ainsi qu'à la gorge, aux yeux et aux organes génitaux. Certains soldats traités aux électrochocs retournaient au front, mais beaucoup rechutaient, peu après avoir réintégré leur unité
Musée Dr. Guislain
Jozef Guislainstraat 43, 9000 Gand.
Mardi à vendredi 9h-17h et
samedi et dimanche 13h-17h.
Infos : www.museumdrguislain.be
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L'expression « devoir de mémoire » est très utilisée aujourd'hui. Cette notion consiste à se rappeler des souffrances vécues par les générations passées pour apprendre des erreurs qui ont été commises afin de ne pas les reproduire. Elle a aussi pour but de reconnaître le traumatisme subie par nos pères, et de les aider à se reconstruire, à rebâtir leur société, pour que les crises traversées n'en n'engendre pas d'autres.