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Gérard Corbiau, un monstre du cinéma au service de la musique

Gérard Corbiau, un monstre du cinéma au service de la musique

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Gérard Corbiau (né à Bruxelles le 19 septembre 1941) est un réalisateur et scénariste belge jouissant d'une réputation mondiale pour ses fresques relatives aux fictions de l'histoire de la musique.

Biographie

Formé aux métier du cinéma, il a accomplit des études de réalisation à l'IAD.

Gérard Corbiaux est le chef-monteur du long métrage la Grande barrière de corail, produit par Sofidoc, il rentre à la RTBF en 1968 où il réalise une cinquantaine de films pour des magazines de reportages pour la télévision belge.

Il tourne son premier film pour le cinéma Le Maître de Musique (1987). Le film est plébiscité et est proposé pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.

Synopsis

Joachim Dallayrac, chanteur jouissant d'une renomée, quitte définitivement la scène après une soirée triomphale, pour se consacrer à la formation artistique de son unique élève, Sophie, jeune fille à la voix admirable. Sa compagne, Estelle, le suit, et l'apprentissage de Sophie, que Joachim veut parfait, commence. Il recueille bientôt un jeune voyou à la voix prometteuse. Il décide de les laisser participer à un grand concours de chant organisé par le prince Scotti, mécène richissime, qui voue une haine farouche à Joachim.

Interviewé dans Séquences, Gérard Corbiaux dira : "La musique en tant que telle m'intéresse, mais peut-être moins que le rapport entre l'image et la musique [...] Il y a là un terrain extraordinaire et très fertile dans la recherche de nouvelles émotions." Toujours par amour de la musique, il réalise en 1990 "L'année de l'éveil", d'après le roman de Charles Juliet qui est coécrit par Andrée Corbiau et Michel Fessler. Le scénario du film se déroule en France et retrace l'histoire d'un enfant de troupe orphelin après la Seconde Guerre mondiale.

 

Viva Farinelli !

En 1994, il signe Farinelli, il Castrato. Avec la collaboration de l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique (IRCAM), Gérard Corbiau nous projette dans l’univers incroyable des castrats, ces enfants qui à partir du XVIème Siècle en Occident. se voyaient castrés afin de conserver conserver le registre aigu de la voix enfantine et que les meilleurs d'entre eux pouvaient rivaliser en puissance, technique et hauteur avec une trompette. Le documentaire « Nostalgie d’une voix perdue » débute d'ailleurs sur l’opération chirurgicale pratiquée dans cette intention . Cas unique dans l'histoire des castrats, dont la plupart étaient issus de familles pauvres, le jeune Carlo Broschi, qui va devenir Farinelli était le fils de Salvatore Broschi, un gentilhomme issu de la noblesse de robe qui était à ce point passionné de musique qu'il décida que ses deux fils en feraient leur profession ; l'aîné, Riccardo (né en 1698 à Naples et mort en 1756 à Madrid), comme compositeur, et le cadet, Carlo, comme chanteur. On peut donc penser que c'est lui qui prit la décision de faire subir vers l'âge de neuf ou dix ans à Carlo la castration qui devait lui permettre de conserver sa voix proche de la tessiture soprano, laquelle était déjà exceptionnelle. Inutile de dire qu’à l’époque on ne prenait guère de précautions pour mener à bien le coup de bistouri, et que les conséquences d’un tel geste, importaient peu et ne fait pas l'objet d'une pudibonderie particulière au XIIème Siècle et au début du XVIIème siècle : elle est évoquée sans détours par les familles qui sollicitent une aide financière pour la payer, ou qui contractent avec un professeur de chant qui prendra la charge de leur fils.

Naples, 1728. Carlo Broschi, deviendra donc Farinelli, le plus grand castrat de tous les temps. Psychologiquement diminués. Mais il s'agit surtout d'effets liés à leur position sociale : couverts de gloire et adulés, ils n'en souffraient pas moins d'une certaine solitude sentimentale, ce qui peut expliquer leur égoïsme, leurs frasques et leur arrogance Le succès de Farinelli sur scène et dans le lit des femmes cache devait certainement un douloureux secret. Celui des garçons à qui l’on va volé l’enfance…

L'enregistrement de la musique du film a été réalisé par le chef d'orchestre Christophe Rousset avec l'ensemble Les Talents Lyriques. L'enregistrement a été effectué à l'Arsenal de Metz en juillet 1993. Les faits relatés dans ce film relèvent essentiellement de la fiction. Particulièrement, les rencontres et rapports entre les frères Broschi et Haendel ne sont que très peu crédibles. Les intrigues implicant les deux frères, leurs relations et leur comportement, celui de Georg Friedrich Haendel sont également fictifs, ainsi que la plupart des personnages jouant dans ce film. De plus, selon les témoignages à son sujet, le caractère du protagoniste principal, dans le fond comme dans ses manières, aurait été tout autre. Il en est de même pour la voix de Farinelli, très différente de la voix qu'il devait vraiment avoir.

Il est possible de se reporter aux enregistrements du dernier grand castrat, Alessandro Moreschi, du début du dernier siècle. Cependant, le rapprochement est difficile du fait son âge avancé et de sa technique très différente de celle de Farinelli : il n'a en effet pas eu accès aux formations très élaborées des grands maîtres Baroques comme Farinelli (sans oublier que ce dernier était un prodige).

Le film est récompensé par le Golden Globe 1995 du meilleur film en langue étrangère (Best Foreign Language Film) et se voit lui aussi proposé pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.

Le Roi danse, son quatrième film pour le cinéma, sort en 2000, et est d’emblée proposé pour les Césars à trois reprises. Le film obtient également le Golden Frog de la meilleure image (Camerimage, Lodz - 2001.)

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