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Fête du Trône du Maroc, faits de trône en 2013 par Dire Li Bghiti

Fête du Trône du Maroc, faits de trône en 2013 par Dire Li Bghiti

Demain, le 30 juillet coïncide avec le 12ème anniversaire de l’intronisation de Mohamed VI. Douze ans c’est l’équivalent des deux mandats de Jacques Chirac ou de trois mandats de présidence américaine ; mais ici nous sommes en monarchie et le facteur temps n’y est pas tellement important. Ne dit-on pas chez nous qu’il n’est nullement besoin de vitesse pour faire des prouesses ? (لا زرية على صلاح).

Mais comme dans toutes les nations qui se respectent, les gouvernants sont tenus de rendre des comptes de leur gestion des affaires de l’état (ceci n’est pas encore notre cas puisque la personne du roi qui était sacrée et inviolable dans la précédente constitution, est doublement sacrée et toujours inviolable dans la nouvelle) nous n’avons que le mot pour décrire comme on peut cette moitié vide du verre (les partisans du régime se feront un plaisir, en ce moment même, pour peindre la moitié pleine).

A tout seigneur tout honneur ; le grand ouvrage de ces douze années aurait été cette constitution par laquelle le marocain passera du stade d’esclave pieds nus à celui d’un esclave doté d’un chausse-pied.

Le roi, dans ce chef-d’œuvre, est toujours maître à bord. Il contrôle la religion, l’armée, le gouvernement, la justice et peut mettre à l’air libre les saints du parlement.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ‘The Economist Intelligence Unit’ nous ait classé à la 120ème place parmi 160 pays.

Durant ces douze ans les droits de l’Homme ont été bafoués par les représentants du Makhzen à plusieurs reprises ; j’en cite quelques unes :

-L’arrestation de milliers d’innocents après les explosions terroristes du 16 mai 2003. Leur torture dans des commissariats et des centres de détention secrets.

-Le vote, par les membres d’un parlement qui ne représentent qu’eux-mêmes, de la loi anti-terroriste ; véritable épée de Damoclès sur les têtes de ceux qui oseraient user de leur matière grise pour expliquer un acte. Grâce à cette loi, le pouvoir a pu remettre sous silence la société qui avait commencé à prendre goût à une certaine liberté d’expression ; le silence est redevenu une denrée dorée.

-Emprisonnement de journalistes, fermeture de journaux et interdiction de chaîne de télévision, et pour ceux qui oseraient dans les limites du légal le pouvoir exerce une pression économique par faire fuir les sponsors de leurs publications ; n’est-ce pas que le pouvoir politique et économique sont entre une seule et même main.

-En 2011 répression, par les forces supposées être de l’ordre, à plusieurs reprises et dans différentes villes du pays du Mouvement du 20 Février, surtout les 20 février, 13 mars, le 22 et le 29 mai. Des morts, des blessés et des procès arbitraires ont été constatés par les associations de défense des droits humains. En outre, les autorités en place utilisent des jeunes désoeuvrés des quartiers pauvres, moyennant une somme d’argent et autres promesses, pour perturber toute manifestation du mouvement. Intimidations, insultes, jets de pierres et passage à tabac ont été constatés depuis le début du mouvement mais se sont amplifiés depuis le 17 juin.

C’est aussi durant ces années de règne de Mohamed VI que le Maroc est passé de la 45ème place à la 85ème place dans l’indice de perception de la corruption. De l’avis de tous, il n’y a aucune volonté politique pour voir le mal de tous les maux maîtrisé. Des milliards sont ainsi mis dans les poches de véreux ; un argent qui aurait servi à améliorer des domaines qui souffrent à la fois de la corruption et de l’insignifiance budgétaire.

La justice a été l’un des secteurs les plus atteints par ce mal, et sa réforme qui était l’objectif de plusieurs gouvernements de Mohamed VI n’a fait qu’envenimer le mal. Comment peut-il en être autrement quand ceux-là même qui étaient chargés de réformer sont irréformables.

La corruption n’est pas le seul mal qui a atteint ce secteur mais la main mise du pouvoir exécutif sur elle est des plus flagrants. L’impunité touche tous ceux qui sont proches de la personne du roi, et la grâce fait le reste.

Pendant ces douze ans, et de l’avis du personnel médical et paramédical, la santé n’a jamais été aussi malade au Maroc. En plus de la corruption qui sévit dans le secteur, les hôpitaux sont sous-équipés, le personnel sous-payé. Les cliniques privées qui ont poussé comme des champignons pratiquent des tarifs exorbitants pour un service des plus médiocres ; les fautes professionnelles ne se comptent plus même s’il est presque impossible de les prouver.

La sécurité sociale est inexistante pour la majorité des marocains qui se rabattent, malgré eux, sur la médecine traditionnelle et les guérisseurs avec tout ce que cela comporte comme danger pour leur santé.

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Pour l’enseignement public, et durant ces douze ans, il n’a jamais été aussi inutile ; puisqu’il donne naissance ou à des analphabètes ou à des diplômés sans aucune qualification et qui vont subir les affres du chômage.

Les établissements scolaires publics sont vétustes, avec un manque flagrant de matériel dans les laboratoires et de terrains de sport ; le personnel, quant à lui, reste non motivé.

Autour des écoles il n’est pas rare de voir traîner des trafiquants de toutes sortes de produits stupéfiants au nez et à la barbe des autorités.

Comme pour la santé, l’enseignement privé a creusé sa place et s’est propagé, offrant un produit rarement de qualité et surtout pas à la portée du marocain moyen.

L’exemple de cette débâcle vient du classement des écoles supérieures et universités à travers le monde. La première université marocaine se classe 16ème à l’échelon africain et 3664ème à l’échelon mondiale.

 

L’habitat n’est pas en meilleure santé, vue que le secteur, comme le reste, est malade de sa corruption. Les dessous de table sont devenus légions, et des fois frisent la moitié (ou le dépasse) du prix du bien (surtout pour les logements sociaux).

Le foncier se fait rare à cause de la spéculation ; des terrains sont cédés à des prix dérisoires à des particuliers spéciaux (l’exemple du terrain de l’ancien parc zoologique de Temara est flagrant). Les bidonvilles et autres habitats insalubres sont toujours là, malgré quelques efforts ici et là et peut-être même la volonté quelques parts, mais la machine corrompue du Makhzen épuise tout effort dans ce sens. A Casablanca le programme de Maroc sans bidonville en 2012 n’a atteint que 40% (certains disent 50%) de ses objectifs.

Dans ce contexte le nombre de chômeurs n’a pas cessé d’augmenter, même si l’état dit le contraire.

Le clientélisme et le népotisme font partie du paysage avec comme conséquence un personnel sans vocation et qui ne sera peut-être jamais enthousiaste par son travail.

Développement de nombreux petits boulots tels les marchands ambulants ; vente de cigarettes en détail ; gardiens de voitures devant des cafés, banques et guichet automatiques, et mêmes mosquées…

Le tourisme, un secteur versatile et dépendant de facteurs que le Maroc ne maîtrise pas puisqu’ils se situent ailleurs, a reçu la priorité des différents gouvernements mais avec des résultats aléatoires.

Si le nombre de touristes a augmenté durant cette décennie, des méfaits se sont faits sentir au niveau environnemental par la construction de complexes touristiques dont le dernier souci reste la préservation de l’environnement, et aussi criminel avec une recrudescence de la pédophilie. Le Maroc, la corruption aidant, est devenu une destination de prédilection des pédophiles qui ont vu l’étau se serrer autour d’eux dans d’autres régions du globe.

La culture n’est pas du reste, ‘on se cultive comme on peut’ me dit un ami. A part les festivals où l’on dépense sans réserve (certains diront que l’argent vient de sponsors, oui mais de quelle façon et pour quels résultats ?) et le salon du livre dans un pays où rares sont ceux qui lisent encore le livre ; l’essentiel de la culture est fait par une représentation culturelle étrangère (cela concerne quelques centaines de marocains).

En conclusion, ceci n’est qu’une petite bulle d’air enfumé (vue par un marocain qui a le droit de se tromper) du vide étouffant qui fait la partie non pleine de ce verre qu’est le Maroc.

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