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Ferrotypes, Tintypes, and melainotypes

Ferrotypes, Tintypes, and melainotypes

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Les photographies, qu’elles aient été prises il y a quelques jours, voire même il y a un siècle, constituent de vrais trésors familiaux. Le ferrotype était le procédé photographique le plus répandu durant la Guerre civile américaine. Il était fabriqué d'une fine plaque de tôle recouverte d'un vernis noir. Sa solidité permettait également en outre aux militaires d'emmener les photos de leurs proches lors des manoeuvres militaires et d'expédier des photos sans craindre qu’elles ne soient abîmées lors de leur transport.

http://www.banjoonmyknee.com/Pics/Scanner/TT-E-23.jpg

Le ferrotype encore appelé Tintype, ou melainotype (dans les pays anglo-saxon) est une technique photographique inventée en 1853 par Adolphe-Alexandre Martin et qui supplanta peu à peu l'ambrotype à cause du faible coût des matériaux utilisés et de la rapidité du procédé.

L'ambrotype est un procédé photographique mis au point par James Ambrose Cutting en 1854 et qui a concurrencé le daguerréotype en raison de la rapidité d'obtention des images (2 à 4 secondes) et de son prix de revient bon marché de par les matériaux utilisés. Le ferrotype utilise une plaque de tôle recouverte d'une émulsion au Collodion qui peut être traitées par de multiples révélateurs (acides, alcalins, de formulations anciennes ou modernes) et d'un vernis noir. En général, pas mal de métaux engendrent des réactions néfastes avec les chimies de l'émulsion ou du traitement à effectuer.

 

A la fin du temps d'exposition et de développement, on obtenait directement une image positive. Cette technique connue un grand succès auprès du public car elle fait gagner du temps aux photographes grâce aux techniques de traitement élaborées.

Mis au point dans l'Ohio en 1856, le procédé du ferrotype (tintype) est constitué d'une mince plaque d'acier recouverte de laque noire sensible à la lumière, l'image négative obtenue après l'exposition apparaissant comme positive en raison de ce fond sombre. Non reproductible (sauf à le rephotographier), chaque tintype est par définition unique. Ce procédé s'est rapidement imposé sur tout le continent nord-américain, devenant le procédé le plus aisé et le moins coûteux de réaliser des portraits photographiques, supplantant ainsi le daguerréotype et les tirages à l'albumine, réservés aux plus fortunés. Une fois révélée, la plaque était recouverte d'un vernis protecteur et insérée dans un écrin recouvert de cuir ou plus simplement dans un passe-partout en papier, pour rejoindre ensuite l'album familial, ce véritable reliquaire domestique.

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De la prise de vue à l'objet finalisé, le processus ne demandait que quelques minutes (y compris le coloriage : un peu de rose sur les joues, quelques couleurs pour faire ressortir un accessoire vestimentaire, l'une ou l'autre touche d'or pour mettre les bijoux en valeur). Ainsi, les modèles pouvaient s'en retourner chez eux en emportant immédiatement leur image fixée pour l'éternité, et ce pour quelques cents.

Tant pour des raisons pratiques qu'économiques, la plupart des caméras pouvaient être munies d'objectifs multiples, chaque plaque autorisant dès lors plusieurs vues différentes (les formats les plus courants étaient le sixième de plaque, principalement destiné aux albums, et le neuvième ou le douzième de plaque, souvent conservés dans un étui ou sertis dans un médaillon) En quelques années, des milliers de photographes ont ouvert des studios jusque dans les villes les plus reculées du continent tandis que d'autres optaient pour l'itinérance, installant leur studio-tente dans les campagnes en suivant généralement le calendrier des foires ponctuant la vie locale.

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Pour se faire tirer le portrait chez le photographe, on vient habituellemetn seul, en couple, en famille, entre amis, entre collègues ; on s'habille du mieux qu'on le peut en fonction de ses moyens. Dans la plupart des cas, on ne voit guère sourire les sujets photographiés affichant même parfois une certain visage austère : la démarche devait revêtir quelque chose d'inquiétant ou intimidant, car cette photo semblait les figer pour la postérité. On pose parfois en extérieur mais le plus souvent devant un fond, simple drap blanc ou toile peinte évoquant un paysage bucolique ou un intérieur plus ou moins luxueux. Quelques accessoires meublent l'espace : une chaise, un fauteuil, un banc, un rocher de carton-pâte, un guéridon apportent un semblant de contenance. 

Même s'il fut utilisé jusque dans les années 1930, l'âge d'or du tintype se situe entre les années 1860 et 1890, son déclin commercial coïncidant avec l'apparition des appareils Kodak autorisant les amateurs à pratiquer eux-mêmes un médium jusque là réservé aux professionnels.

Naissance du Photomaton

"A l'occasion de l'exposition universelle de 1889, Enjalbert fabricant français d'appareils photographiques présente un appareil entièrement automatique permettant d'obtenir un portrait en quelques minutes. Il suffit d'introduire une pièce de cinquante centimes dans la fente de l'appareil, de s'assoir sur un siège placé devant l'objectif et de suivre les indications d'un cadran dont les aiguilles se déplace sur les mots Préparez-vous, Attention, Pose. Durant la pose une sonnerie se déclenche pendant trois à six secondes. Au bout de cinq minutes, l'épreuve unique sort sur le côté de l'appareil. Cette photographie est un ferrotype, procédé couramment utilisé par les photographes forains de l'époque.

Les quatre décennies qui nous occupent ont profondément marqué et transformé l'histoire des États-Unis : guerre de Sécession, abolition de l'esclavage, ségrégation, conquête de l'Ouest et installation de colons sur des terres inconnues, guerres indiennes, ruée ver l'or, immigration importante en provenance d'Europe et d'Asie, construction du chemin de fer, industrialisation, commercialisation de l'agriculture, luttes ouvrières, engorgement des grandes villes,... Nul besoin de manuels d'histoire : le cinéma, la télévision, la littérature, la musique parfois nous ont rendu tous ces épisodes on ne peut plus familiers ; d'une certaine manière, ils font désormais partie de notre mémoire collective, presque de notre propre histoire, en tout cas de notre mythologie."

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L'image ferrotype était imprimée à l'envers, c'est en sachant cela que l'on a longtemps pensé que Billy the Kid était gaucher, d’où le titre du célèbre film d’Arthur Penn « Le Gaucher », avec pour acteur Paul NewmanCette unique photographie du célèbre hors-la loi américain lui a coûté 25 cents de USD, dépensés probablement chez un photographe ambulant, au Nouveau Mexique. Elle a été vendue aux enchères 2,3 millions de dollars à l'Old West Show and Auction.
ca. 1890, [portrait of two gentlemen entangled]