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Enseignement au Maroc

Enseignement au Maroc

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La colonisation a renouvelé la formation des élites mais l’élite est restée aristocratique dans son recrutement jusqu’à aujourd’hui. La colonisation ouvrit de nouvelles écoles, « collèges musulmans modernes », lycée français (lycée Lyautey à Casablanca et Descartes à Rabat), école d’officier de Casablanca...la génération de marocains formée dans ces établissements pendant l’entre deux guerres, largement francisée ayant étudié en France embrassa le nationalisme (« les jeunes marocains ») et arriva au pouvoir à l’indépendance en 1956. Une autre force nationaliste s’est développée contre la colonisation. Il s’agit de réformistes musulmans, inspirés par le mouvement de la réforme musulmane parti d’Egypte (« la Nahda »), qui prirent le contrôle de l’université islamique de Fès. Pour lutter contre la France, ces deux groupes en appel à l’arabité, l’islam et au respect du Sultan. Or ces identités collectives posent question dans un pays aussi complexe que le Maroc.

L’arabité d’abord. L’arabe est la langue officielle du royaume. Il s’agit de l’arabe moderne, le Fusha, langue administrative, politique, littéraire, utilisé dans tout le monde arabe de la même manière à la télévision, dans les rencontres diplomatiques internationales...Mais il ne s’agit pas de la langue maternelle des marocains qui parlent dans leur majorité le Darija, dialecte arabe qui inclut des termes Amazigh, français et espagnols. Or ce dialecte ne s’écrit pas et une grande partie de la population ne comprend pas le Fusha. De plus 30 à 40% des marocains parlent couramment l’amazigh, la langue berbère. Comment se situe l’élite marocaine dans ce contexte ? D’abord les élites sont presque toutes issues de la population arabophone (sauf dans l’armée). Elle ne parle pas le berbère. Dans l’administration et le monde des affaires, le fusha est de rigueur mais il cohabite très largement avec le français (maîtrisé parfaitement par environs 10% de la population). Les élites marocaines, se distinguent donc par l’utilisation au quotidien de langues qu’une partie de la population ne comprend pas, ce qui renforce le sentiment de corps et la distinction élites/peuple.

La langue française a une histoire particulière par rapport aux élites marocaines. Alors que le nombre de francisés étaient encore faible à l’indépendance, c’est le royaume souverain qui pousse à la francisation de ces élites. Dans les années 80 l’arabisation de l’enseignement diminue un peu la place du français. Mais les élites ne sont pas touchées, elles continuent à aller étudier en France. Depuis quelques années, avec la mondialisation, le français regagne du terrain grâce à internet, à la télévision par satellite, au tourisme...La francophonie des marocains n’a donc pas vraiment été imposée ; c’est un point important qui explique aussi les bons rapports diplomatiques entre la France et la Maroc, malgré le passé colonial.


Dans nos écoles publiques, les matières enseignées n’ont pas vraiment évolués depuis des décennies ! En regardant le cartable de ma petite nièce, je constate que le nombre de kilos a triplé ou quadruplé, mais la qualité et la richesse des programmes n’a pas avancé d’un poil (à part "le civisme" qui reste comme même assez proche de son prédécesseur "tarbya al watanyia" ... "Tarbya al Isslamya" c’est bien, mais pourquoi ne pas inclure les autres religions aussi ? L’enseignement ne doit pas forcément être ennuyeux, des documentaires sur lebouddhisme au Népal en classe permettront à nos écoliers d’ouvrir les yeux sur des cultures aussi différentes qu’intéressantes... Le théâtre, La musique, Les droits de l'homme...voici des matières à enseigner obligatoirement -à mon avis- dans toutes les écoles... Si depuis des décennies nous avons prôné dans notre système éducatif la rétention et l’appauvrissement de l’information, la peur chronique des influences extérieurs, le conformisme, le référentiel traditionaliste, l’omniprésence d’une certaine interprétation religieuse, l’instrumentalisation destraditions ou lieu de l’ouverture ainsi que des schémas éducatifs unidirectionnels et récurrents, pour soi disant préserver notre identité, notre attachement à nos valeurs et notre stabilité politico social, la situation économique locale et mondiale, la révolution de l’information et les défis de développement dans un contexte mondialisé nous imposent d’adopter une tout autre démarche... Commençons par les droits de l’homme, la vraie révolution commence par la conscience, la dignité, le civisme, la justice, la solidarité, l’ouverture sur le monde, la capacité de dire oui et de dire non, vivre dans un royaume ou le marocain est un citoyen et non pas un sujet, vouloir construire son pays, et aimer son pays avant tout...le seul endroit ou on peut inculquer tout cela n’est autre que l’école...nous avons raté plusieurs trains pour le développement ! Et si le dernier était celui de l’enseignement avant les ravages de la mondialisation ? Pensons y Kamal 28 ans.

critique musicale

Aujourd’hui, tout le monde est conscient de la dégradation et du recul de système éducatif au Maroc. A une époque où l’école, institution publique, doit provoquer le goût et le plaisir d’apprendre chez les enfants et être un endroit d’épanouissement et d’éveil, elle produit aujourd’hui une jeunesse indolente et paresseuse qui, par manque de formation, n’est plus en mesure d’assumer ses responsabilités dans l’avenir. L’école ne joue alors plus son rôle capital dans la formation des nouvelles générations qui font face aujourd’hui à un monde en changement et en développement continus nécessitant un niveau de culture et de formation assez élevé.

Faute de moyens didactiques et pédagogiques, la majorité des enseignants recourent à des méthodes traditionnelles, incapables de répondre aux besoins et attentes des élèves qui vivent dans un monde soumis à des changements perpétuels sur le plan cognitif et socioculturel.

Le problème le plus pire encore est l’abandon scolaire qui menace et ravage, sans répit, l’avenir de nos enfants fâcheusement exploités. Cet abandon scolaire est devenu chose banale et vécue tous les jours. Quel gâchis ! Quel souci! Et quel avenir pour la jeunesse marocaine ?

Ces enfants abandonnés seront, sans doute, exploités d’une manière illégale dans des travaux qui nuisent à leur santé et à leur dignité et en fin de compte ils se trouvent perdus dans la mer de l’analphabétisme et l’ignorance, maux qui alimentent l’indolence, la passivité et la peur.

Pire encore que l’abandon scolaire, l’indifférence de nos élèves observée dans les classes et la violence dans les établissements scolaires, constituent une situation alarmante et une préoccupation pour les responsables.

Il est temps, donc, de tirer le signal d’alarme pour sauvegarder notre école publique, victime d’un système éducatif faible et stérile. Le problème nous concerne tous et c’est à chacun d’entre nous de réfléchir et de se concentrer un peu dans l’affaire pour trouver les meilleures solutions qui sauveront notre avenir du naufrage qui le menace. Fatiha KANNOUCH

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Une photo de l'unique petite école de la commune rurale de Aït Said

 

Bilan désastreux de l'enseignement au Maroc

Et en premier lieu le ministre de l’Education nationale, Ahmed Akhchichine. Pour sa première sortie publique depuis la prise de ses fonctions, Akhchichine a animé la conférence et a présenté des chiffres et des constats qui ont eu l’effet d’un électrochoc sur l’auditoire. Et pour cause, le bilan de la réforme initiée en 1999, et pilotée par la Cosef (Commission spéciale Education et formation), est désolant. Il est vrai que certaines réalisations ont été notées, comme la généralisation de l’accès à l’école, la décentralisation de la gestion du système, le renouvellement des contenus des programmes ou encore la nouvelle architecture pédagogique mise en place. Mais l’essentiel de la réforme reste à accomplir. D’après Akhchichine, même si l’accès à l’école a été généralisé pour les tranches d’âge de 6 à 11 ans (jusqu’à 100% dans certaines villes comme Casablanca, Rabat et Marrakech), les taux vont en s’amenuisant à fur et à mesure que l’on avance dans les tranches d’âge.

De 12 à 14 ans, par exemple, le taux passe à 74,5%. De 15 à 17 ans à 48%, et de 19 à 23 ans à seulement 12%. Alors que dans d’autres pays ce dernier taux est bien plus élevé. Il est de 36% en Tunisie, de 24% en Algérie et de 43% en Europe. Ce qui est bien sûr révélateur de dysfonctionnements liés au passage d’un niveau scolaire à un autre, à relever et à traiter. Les chiffres liés à l’abandon et à l’échec scolaires sont, pour leur part, assez inquiétants. Le taux «moyen» de redoublement au primaire est de 13% (jusqu’à 20% dans certaines régions), de plus de 16% au collège, et de 17% au lycée. Concernant l’abandon scolaire, le constat est amer. Plus de 380.000 enfants ont quitté l’école avant l’âge de 15 ans en 2006. D’après le ministre, près de 40% des élèves ne terminent pas leurs études primaires. Ce qui veut dire que des centaines de milliers d’enfants restent livrés à eux mêmes durant des années, sans avoir aucun statut au sein de la société marocaine. Dans les milieux ruraux, ces enfants sont en majorité exploités dans des travaux agricoles non rémunérés.

Selon une étude menée dans le cadre du programme «Enseignement pour tous», seuls 16% des élèves de la 4e année du primaire maîtrisent les connaissances de base dans toutes les matières enseignées. Cela veut dire que plus de 80% de ces élèves ne comprennent pas ce qu’on leur enseigne! Dans certaines villes, ce taux est catastrophique. À Ifrane par exemple, il n’est que de 0,7%. Cette même catégorie d’élèves à même été classée dernière, par une étude internationale portant sur 25 pays (TIMSS 2003), en mathématiques, et 24e en sciences. Les élèves du collège ont, quant à eux été classés 40e, sur 45 pays testés. Plus de la moitié d’entre eux (sur un total de 3.000) n’ont pas obtenu la note de référence la plus basse. Une autre étude (PIRLS 2006) a également fait état d’une «honte internationale». En lecture, les élèves de 4e année du primaire sont classés 43e sur 45 pays traités. À peine un quart d’entre eux a atteint le niveau minimum requis pour le test PIRLS. De quoi donner des sueurs froides. Nos enfants seraient-ils des sous-doués? Certainement pas. L’étude a pointé du doigt les enseignants.

Ces derniers sont à la fois victimes et responsables de la défaillance du système. Ils ont été poussés à intégrer un domaine d’activité pour lequel ils n’avaient au départ aucune vocation, faute de mieux. Ils ont été par la suite mal formés, sous-payés et donc pas du tout motivés. Cela se répercute forcément sur la qualité de l’enseignement. D’où la nécessité de la mise en place d’un programme de formation et de «remise à niveau» des enseignants. Même si l’opération risque de coûter cher à l’Etat. En tout cas, la facture sera bien moindre que celle engendrée par l’abandon scolaire au primaire, qui, à lui seul, coûte à l’État une perte sèche de près de 2,2 milliards de DH. Quand on constate qu’une grande partie des enseignants ne sait pas manipuler correctement un outil informatique, et qu'une large proportion d’entre eux est de formation littéraire, mais donne quand même des cours en mathématiques, on se rend compte de l’urgence des actions à entreprendre.

Dans un univers où l'échange fructueux et la bonne communication sont des valeurs cardinales, la maîtrise des langues est un gage de réussite dans la vie professionnelle et un facteur d'épanouissement culturel. Il va sans dire que l'intérêt pour les langues se cultive dès le tendre âge et c'est, traditionnellement, l'école qui s'en charge. Apprendre à parler et à écrire une nouvelle langue est passionnant, mais pas toujours aisé. "Maîtriser une langue étrangère, autre que la langue maternelle qui est la langue de l'affectif, du familier, n'est pas une mince tâche pour un enfant", souligne le pédopsychiatre Amine Benjelloun.

Du coup, si l'approche pédagogique engagée n'est pas adaptée à l'âge, aux compétences et au degré de motivation de l'élève, celui-ci risque de faire fausse route. D'où l'importance de guider ses pas sur ce chemin, et d'attiser dès le départ sa curiosité pour cette nouvelle langue totalement méconnue, une curiosité qu'il va garder certainement tout au long de sa vie.

Au Maroc, on constate de plus en plus une prise de conscience des bienfaits de l'apprentissage des langues étrangères (notamment le français et l'anglais) sur l'avenir estudiantin et professionnel des élèves. Cette prise de conscience se fait sentir du côté des parents, mais aussi du côté du ministère de tutelle et des administrations scolaires. Ainsi, au primaire, la langue (en l'occurrence le français) est une discipline à part entière qui s'adjuge une place de choix parmi les autres matières enseignées, en témoigne son coefficient important et ses plages horaires avantageuses. Cependant, les plaintes fusent de part et d'autre concernant les niveaux en baisse des élèves en langue française surtout.

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Infrastructures désastreuses

L’état des infrastructures d’accueil des élèves est littéralement désastreux. Près de 9.000 salles sont déclarées insalubres. Dans le milieu rural, plus de 60% des écoles ne sont pas raccordées au réseau électrique, et plus de 75% ne sont pas raccordées au réseau d’eau potable. Plus de 80% ne disposent pas de sanitaires. Les besoins en collèges sont de l’ordre de 260 par an, alors qu’on en produit 90 actuellement. Résultat: des classes à plus de 40 élèves.

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Jeunesse rurale et éducation

Cinquante ans après l’indépendance, le Maroc n’arrive toujours pas à se doter d’un système d’enseignement efficace généralisé et équitable et le Maroc a choisi un choix plutôt politique que managérial. Malgré les réformes entreprises par les gouvernements qui se sont succédés au pouvoir, le système éducatif n’a pas encore atteint une émancipation suffisante et la politique poursuivie en matière d’enseignement est devenu un fiasco total. Cependant l’analyse de la situation éducative actuelle et des liens entre éducation et pauvreté montre que les indicateurs du système éducatif marocain sont parmi les moins performants du monde. Près de 43% de la population âgée de plus de 10 ans, soit plus de 9 millions de personnes est analphabète.

Le taux de scolarisation des enfants âgés de 6 à 11 ans est passé de 84,6% à 92,2% en 2003-2004 au niveau global et respectivement de 76,7% à 87,8% en milieu rural. Le taux de redoublement au niveau des collèges est de 16,5%, celui de l’abandon atteint 13,6%. La couverture des communes rurales est insuffisante (46%) et l’encombrement des classes est également élevé (30% des classes ont 41 élèves et plus). Pour faire face à ces défis, le Maroc a dévoilé un projet de réforme de l’enseignement sous forme d’un plan d’urgence pour l’accélération de la mise en œuvre de la réforme de l’éducation et de la formation 2009-2011, la concrétisation de ce plan nécessitera la bagatelle de 19,5 MMDH à ajouter aux budgets annuels accordés au secteur qu’ a reçu 37 milliards de dirhams en 2008 dont 12% seulement vont à l’investissement. Devant l’incapacité de surmonter les problèmes auxquels sont confrontés, les jeunes issues du monde rural analphabètes ou peu instruits sont fort désavantagés sur le marché d’emploi plusieurs d’entre eux peuvent avoir travaillé durant l’enfance.