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Emel Mathlouthi et Cheikha Cherifa seront les invitées de marque à La Merise à Trappes !

Emel Mathlouthi et Cheikha Cherifa seront les invitées de marque à La Merise à Trappes !

Emel Mathlouthi (Sam 5 octobre / 20h30)
et Cheikha Cherifa (Ven 18 octobre/ 20h30)
à La Merise à Trappes !!!

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Deux soirées, deux chanteuses qui portent la voix, les voix du peuple, l’une tunisienne, l’autre marocaine.

 

« La musique ne peut s'épanouir qu'avec une liberté totale d'expression » et la voix d'Amel Mathlouti nous donne la chair de poule --Mario Scolas 7 février 2012 à 20:23 (CET)

La voix d’EMEL MATHLOUTHI s’est élevée depuis la Tunisie où elle a commencé à chanter avant la chute de Ben Ali. Et cette voix, on l’a entendue dans les rues de la révolution. Elle dit : « Ma parole est libre » (Kelmti Horra). On l’a entendue dans le monde entier, cette belle voix qui fait penser parfois à Joan Baez, dont elle reprend la « Balade de Sacco et Vanzetti », et qui, surtout, fait entendre la voix du peuple tunisien, la voix des peuples qui luttent et espèrent, et qui savent que rien n’est jamais fini, que les combats pour la liberté et la dignité nécessitent beaucoup de temps et de persévérance. Et la voix d’Emel Mathlouthi est accompagnée de musiques d’aujourd’hui, « déferlantes de cordes entre mélopées orientales et pizzicati du classique d’ici, foultitude de percussions saupoudrées à l’infini », comme l’écrit un critique. Un regard franc, enthousiasme et beauté, nous porterons longtemps son engagement, ses chansons et sa liberté. Des paroles libres, entremêlées d’amour, d’espoir, de haine ou de frustration, devenues les emblèmes de la démocratie naissante en Tunisie. Baignée enfant dans le classique et les « protests songs » arabes et latino-américaines, Amel choisit très vite de chanter dans un subtil arabe littéraire ou en arabe tunisien. 



CHERIFA, elle chante de sa voix androgyne, tendue, rugueuse, puissante. On l’appelle ʺcheikhaʺ, masculin ʺcheikhʺ. Mais un cheikh est avant tout un maître, un sage, tandis qu'une cheikha est suspectée de mœurs légères et de transgressions en tous genres... 

Cette chanteuse et poétesse du Moyen-Atlas évoque les couleurs orientales et les teintes africaines du chant et de la musique berbères de cette région du Maroc, le ʺtamawayt ʺ qui réunit dans un même rythme la souffrance et la réjouissance. Lothar (luth) et bendhir (percussions) sont les instruments qui accompagnent la voix, une voix noble comme l’indique son nom. Une voix aérienne, puissante, stridente et rugueuse, à laquelle les voix masculines font un écrin. On y entend une sorte de blues berbère qui crée une atmosphère de grandeur et une ambiance de ferveur et de partage. Le voyage auquel nous sommes conviés va nous emporter dans ses rythmes et la rencontre sera inoubliable.

 

Qu’elle soit paysanne des montagnes ou des vallées, musicienne, danseuse ou chanteuse professionnelle comme les chikhâts ou les rwayyes du Souss, la femme marocaine est attachée à sa terre, à sa langue, aux traditions d’un héritage oral transmis de génération en génération.

En ce sens, elle s’inscrit dans une universalité, les femmes portent en elles l’intimité du rituel de l’existence, une intimité que les hommes par pudeur ont plus ignorée. 

Les Cheikhats sont, elles, essentiellement originaires du Moyen-Atlas et de la région de Beni-Mellal. Toutes ne sont pas simplement choristes ou danseuses et certaines d’entre elles s’affirment comme chanteuses à part entière. Elles prolongent une ancienne tradition poétique qu’elles ont adaptée au fil du temps. Chèrifa fut découverte, alors qu’elle n’était qu’une jeune paysanne, par le grand maître et chanteur Rouicha dont elle sera pendant longtemps la choriste.

 

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Originaire de Khenifra, la petite ville à la couleur ocre des montagnes avoisinantes, Chèrifa peut paraître, aux premiers abords, austère voire masculine. Sa vie de chanteuse professionnelle lui confère un autre mode de vie, un autre statut que celui des femmes marocaines traditionnelles. 

Les Cheikhats possèdent un statut ambigu : femmes libres, elles sont en même temps les porteuses d’une parole qui appartient à la communauté et qui révèle les pensées cachées de chaque être. 

Dans le « tamawayt » le genre chanté berbère du Moyen-Atlas, elle déclame les paroles des poètes de village, accompagnée du luth « lotar » d’Aziz Aarim, musicien d’une rare finesse et dont le jeu nous évoque les couleurs orientales et les teintes africaines de la musique berbère. 

Le registre émotionnel alterne entre sentiment de réjouissance et de souffrance. 

Les chants de Chèrifa se concluent souvent par le rythme de l’ahidous, la danse et le chant communautaire des villages du Moyen-Atlas. Dans l'Ahidous originel, le poète pénétrait au centre d'un cercle humain aussi bien masculin que féminin pour déclamer un point de vue qui pouvait être contredit ensuite par un autre membre du village. Les choeurs des danseurs acquiesçaient par un jeu de formules responsoriales lors de fêtes qui pouvaient durer plus de 4 heures. L'énergie de ces danses catalysée par le raïs pour la musique et le rythme, et le ma'llem pour l'organisation de la danse, entretient un rôle unificateur au sein du village. 

Appelé berbère par les anciens conquérants grecs et romains qui nommaient ainsi tous ceux qui ne parlaient pas leur langue, ce peuple revendique aujourd’hui une réelle identité culturelle et linguistique. Sa langue d'origine karito-sémitique, donc relativement proche de l'arabe, se subdivise en différents groupes, du dialecte touareg à celui chaoui des montagnes de l'Aures, du Imazighen du Moyen-Atlas, la langue de Chérifa, au chleuh du Haut et de l'Anti-Atlas. 

Aujourd'hui les berbères tentent d'adapter à leurs dialectes respectifs l'écriture touareg. Ce sont eux qui, de par, leur noblesse “barbare”, ont forgé, par leur empreinte, la musique marocaine d’aujourd’hui. 


Discographie

Berber Blues

Il est produit par "From a Distance" en 2002. Cet album comporte 6 titres (54:26). Le premier titre est intitulé Idr-d umalu zi εari ("l'ombre de la forêt"). Le deuxième titre Mayc y iwin yčawrt ? ("Qui est ton conseiller ?") traite d'amour ; une sorte d'échange entre deux amoureux. Dans Ndda s udbib nnan-i ("Le médecin m'a dit"), Chérifa évoque l'amour versatile... et en s'adressant à son bien aimé lui dit : "si je ne t'épouse, tu me quitteras".Dans Ma gn tufit amazir ? ("Où as-tu élu domicile ?"), elle dit combien "les nuits sans [son] aimé sont longues" et que [...] "la nuit qu'il passe avec [elle] est courte !" Ufrin

Il est produit par "From a Distance" en  décembre 2004 et distribué par "Harmonia Mundi"

 

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http://www.lamerise.com/