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El Kahlaoui Tounsi

El Kahlaoui Tounsi

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Jewish-Arab Song Treasures

مـنـتـخــبــات الاغـنـيـة الـيـهـوديــة-الــعـربـيـة

Trésors de la Chanson Judéo-Arabe

Artist : El Kahlaoui Tounsi الـكـحــلاوي الـتــونـســـي

Eli Touitou

 

 

Kahlaoui Tounsi, de son vrai nom Elie Touitou, est né à Tunis le 24 janvier 1932, près de Sidi Mahrez et décédé à la suite de complications du diabète du diabète en février 2000.

Ayant passé toute son enfance dans le quartier populaire de Sidi Maghdoum et Bab Souika, quartier renommé pour ses activités artistiques, particuliérement pendant le mois de Ramadan. Il .a habité pendant 4 ans dans la rue sidi el Klili au numéro 6 (prés du marché el Bahri)

Elie Touitou fut attiré dès son plus jeune âge, par l'art de la musique et de la chanson avec une prédilection pour le rythme, la percussion et le jeu de la darbouka. A cette époque, le film égyptien «Rebha» fut projeté à Tunis avec entres autres interprètes, le chanteur égyptien Mohamed El Kahlaoui qui chantait «Fadhlek ya sayeg El matar» chanson qui connut un grand succès populaire. Le jeune Elie, emballé, l'apprit et la chanta à plusieurs reprises à différentes occasions avec succès. Des amis l'incitèrent à se présenter à la radio située à l'ancienne place Garibaldi pour y chanter dans l'émission (radio-crochet) « Le coin des amateurs» que produisait feu Mustapha Bouchoucha, directeur du Service Musical. Cette émission était présentée par feu Abdelaziz Laroui. Elie interpréta intégralement «Fadhek ya sayeg El matar» et fut chaleureusement encouragé par Laroui qui lui proposa de porter à compter de ce jour le nom d'«El Kahlaoui Tounsi». Par la suite, El Kahlaoui Tounsi se lança dans la chanson et chanta avec les troupes connues de cette époque comme celle de Kakino De Paz, Cheikh El Asram et bien d'autres. Il connut la notoriété et gagna l'adhésion du public. Ses débuts avec la chanson orientale en plus de la chanson tunisienne lui permirent de se constituer un large répertoire. Lors de ses tournées à l'étranger, il mettait en exergue la chanson tunisienne traditionnelle et populaire.

Il se rend à Paris fin 1948 pour y travailler comme percussionniste avec les Peter's Sister aux Folies Bergère et tenter ainsi une première aventure musicale en France. En 1949, il retourne en Tunisie où il effectue un apprentissage de la musique orientale conjuguée et transformée par les nouveaux tempos d'une musique fraîchement diffusée dans ce pays : le jazz. Pour parfaire sa science du rythme, il sillonne l'Afrique du Nord de l'Algérie à la Libye.

A la fin de 1951, El Kahlaoui Tounsi se rend à nouveau à Paris et se fait engager au cabaret «EL DJAZAIR» bien connu au quartier latin, et ce pendant deux années en qualité de chanteur et percussionniste (darbouka). Il enregistre également à la radio française des récitals et des variétés musicales avec plusieurs troupes algériennes, kabyles, marocaines, tunisiennes et françaises.

Par ailleurs, il enregistre une multitude de chansons sous différents labels Pathé Marconi, Philips, Teppaz, Phonogram, Barclay et, bien entendu, Dounia qu'il rachètera en 1960. Pour mettre en musique ses premiers textes, il fera appel à Mohamed Jammoussi, Albert Guez, Maurice Meïmoun et Kakino De Paz qui fut le compositeur de sa première chanson : «Min youm elli ratek éinï».(Du jour où mon regard s'est posé sur toi).

Puis, dés 1953, il entre à la Radio Diffusion Tunisienne comme batteur, percussionniste titulaire au sein de l'orchestre Philharmonique. Entre temps pour parfaire ses connaissances musicales, il intégre sporadiquement des troupes folkloriques spécialisées dans les musiques bédouines, « stambali et rebaibia » dont les instruments spécifiques : Zoukra, Mezoued, Bendir, Darbouka et Chkacheks offrent un son représentatif de la Tunisie bédouine ancestrale.

Fin 1953, il obtient un contrat pour produire aux Etats-Unis, donnant ainsi des concerts publics dans les salles les plus renommées. Très sollicité, il se produit avec plusieurs artistes célèbres dont Harry Belafonte avec qui il se produira au « Carnegie Hall » de New York En 1954, il revient en Tunisie chercher sa famille pour s'installer à Paris où il sort son premier 45 Tours. Il poursuit ses voyages au Japon, en Australie, en Afrique noire, en Algérie, au Maroc et dans tous les pays européens, initiant et diffusant la chanson et l'art tunisien, celui de «l'Aroubi» en particulier, sorte d'incantation prémusicale qui plonge ses racines dans la tradition andalouse transmise au fil des siècles par les conteurs sépharades. El Kahlaoui Tounsi a composé pour plusieurs voix, les Tunisiennes: Asmham El Tounsia, Oulaya, Hédi Mokrani, Najet Samir, Mohsen Raies; les Marocaines : Bahija Idriss, Maati Ben Kacem ; les Libanaises : Najah Salem, Mohammed Salmane. Il œuvrera notamment à l'éclosion d'une jeune chanteuse algérienne qui deviendra plus tard une star célèbre sous le nom de Warda.

Ridha El Kouiny, célèbre chroniqueur musical et parolier tunisien, écrira de lui : «II est l'un des symboles et l'un des piliers des percussionnistes et chanteurs juifs tunisiens qui se sont attachés à la musique tunisienne authentique, raffinée ou populaire dans ses différentes formes».

Fondateur d'un grand orchestre, il accueille régulièrement la plupart des stars du Monde Arabe voulant se produire en France telles : le libanais Wadih El Safi, l'égyptien Ahmed Adaouia, le syrien Sabah Fahkri ou encore le tunisien Ahmed Hamza. Pour le plaisir, II accompagnera son ami Enrico Macias sur la scène de l'Olympia et fera signer dans sa firme Dounia la plupart des artistes juifs et arabes dont, Raoul Journo, Line Monty, René Perez, Reinette l'Oranaise, Blond Blond... ou encore le célèbrissime Farid El Atrach avec qui il noua des liens d'amitié très forts.

Auteur et compositeur à succès (500 chansons dans son répertoire général, 230 dont il est l'auteur et 150 dont il est le compositeur et l'arrangeur) interprète « performer « El Kahlaoui Tounsi déjà possesseur d'un label et d'une firme de disques acheta une première salle en 1975 ; le Palais Bergère et une deuxième salle de spectacles en 1976 Le Bataclan, il se rendit acquéreur en 1977 d'un petit studio d'enregistrement... la boucle était bouclée.

Parallèlement, dès qu'une bande originale de film nécessitait une musique orientale, il s'imposait comme le partenaire privilégié de compositeurs comme Vladimir Kosma, Michel Legrand, Jean Claude Rich, Georges Delerue, Michel Polnareff... S'en suivront une quinzaine de films dont : «Le Bal des maudits», L'homme et l'enfant», «Un choix d'assassins», «Méfiez-vous fillette», «Bal de nuit», «Une nuit et mille rosés», «En cas de malheur», «Le grand jeu», «La poudre d'escampette», «La folie des grandeurs», «Une lettre perdue», «Ali Baba et les 40 voleurs», «Angélique»...

El Kahlaoui Tounsi compte parmi les maîtres de la musique et du chant de la communauté juive tunisienne du vingtième siècle comme Raoul Journo, Hana Rached, et leurs prédécesseurs Cheikh El Afrit, Habiba Mssika, Mouni Jebali (Père de Maurice Meimoun et maître de Hedi Jouini et Chafia Rochdi). Ridha Khouini dira encore : «El Kahlaoui Tounsi, le plus doué des percussionnistes de sa génération est le chanteur de la mémoire et de la nostalgie. Il s'adonne toujours à son art avec le même amour, la même passion et la croyance en son identité tunisienne spécifique.» En effet, El Kahlaoui Tounsi est le seul artiste juif tunisien avec Raoul Journo à voir récompenser son apport dans la musique judéo-tunisienne tant en Tunisie, son pays d'origine, qu'en Israël et en France où il a reçu la Médaille de Chevalier des Arts et Lettres.

Il décède à l'âge de 67 ans de complications du diabète et est enterré le mont des Oliviers, à Jérusalem.

 

 

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Album

• Kabla ya makboula