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El-Houari Sghir

El-Houari Sghir

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El-Houari Sghir (né en 1986 à Saint-Dizier en France) est un auteur-compositeur-interprète et un acteur français issu des quartiers populaires qui contrairement à beaucoup de jeunes de son âge et de son milieu social ne s'est pas identifié à l'art musical des cités françaises. Il s'est spécialisé dans le style raï Meddahate, un style musical folklorique présent sur les scènes algériennes et fait connaître le style enFrance dans les soirées qu'il anime en se forgeant une réputation dans le style Meddahate, du nom de ces femmes algériennes, meneuses de soirées, qui exercent sur l'audience masculine une attirance érotique exacerbée au son du gasba. Cela a produit une multitude de chants qui ont donné naissance au Raï féminin en Algérie, mais aussi au Maroc. Les pas de danse sont puisés dans la vie de tous les jours, "une manière de sublimer un quotidien difficile à vivre".

Précisons également que ce style à favorisé l'éclosion de voix féminines indépendantes comme la pionnière du genre cheikha Rimitti, chebba Zahouania ou chebba Fadela. Ce style musical connait également de plusieurs chanteurs masculins comme cheb Abdou, cheb la Madonne, ou encore Houari Manar. Un titre sera consacré pour le cinéma marocain et précisément dans une scène en discothèque pour le film Les Oubliés de l'histoire de Hassan Benjelloun.

Le Rap, le Rnb, et toutes les autres formes de musiques qu'il avait coutume d'écouter dans ces quartiers, El-Houari Sghir dit les apprécier, les entendre et s'en est inspiré parfois pour composer. Mais c'est surtout dans un art ancestral algérien que ce jeune artiste a décidé de faire ses performances. Un art populaire qu'on appelle Medahatte au Maghreb. El-Houari Sghir exerce son talent sur scène en assumant une part de féminité qu'il y a en chaque homme. Remarquons, ses ondulations frénétiques et déhanchements saccadés, en reprenant un large répertoire fort apprécié de son public qui ne cherche que l'ambiance festive. Les Medahatte constituent en effet un ensemble musical féminin qui se représente lors de cérémonies généralement privées et familiales. Les "Cheikhattes" comme on les appelle, maîtresses de la rime et du flow, s'accompagnent d'instruments à percussions, généralement le galal, la derbouka et le bendir. A l'origine, aucun homme ne s'adonnait aux chants medahattes car les Cheikhattes ne chantent exclusivement que pour leurs consœurs femmes. L'art medahatte est dans ce sens longtemps resté un art où il n'y a que les femmes qui ont le droit de cité. Se réunissant en comité restreint, elles chantent les déboires causés par leurs conjoints ou maris, parlent des plaisirs de la chair, et les interdits qu'elles enfreignent, et à la liberté à laquelle elles aspirent... Le ton est plus que féministe, irrévérencieux même et très souvent direct. Ces orchestres traditionnels habituellement féminins se produisent exclusivement pour un public féminin lors des fêtes familiales où seuls les petits garçons accompagnant leurs mères et sœurs sont admis, comme au hammam. Plusieurs artistes de Raï actuels ont fait leurs classes au sein des meddahate. Certains gays reprennent cependant le genre musical pour revendiquer haut et fort leur homosexualité non avouées dans le giron familial dans les discothèques les plus populaires.

Drôle donc, pour un homme que de se prêter à ce jeu des complaintes de la femme envers l'homme. Et c'est pourtant devenu très banal en Algérie. El-Houari Sghir n'est pas seul. La mosaïque musicale algérienne a fait de plus en plus de place à ces artistes medahattes masculins.

Le plus connu d'entre eux et celui pour lequel El-Houari Sghir connaît une admiration sans faille, Cheb Abdou. "Le pionnier du raï medahatte contemporain, C'est lui qui a révélé le style medahatte au grand public et qui l'a mis au goût du jour"

El-Houari Sghir insiste : "J'ai découvert ma passion grâce à Abdou. Et je ne peux nier que sans lui je n'aurai peut être jamais connu cette musique".

Après s'être représenté sur de nombreuses scènes, en France comme à l'étranger, et ayant les faveurs de son public, El-Houari Sghir marque un tournant dans sa carrière et concrétise sa vocation à travers son premier Opus, signé dans une grande maison d'édition algérienne.

En 2011, il interprète le rôle d'Ali dans le long métrage Non, réalisé par Khalid Fakir.

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Interview

1) Vous êtes le plus jeune des artistes de raï-medahates algériens. N’est ce pas difficile à votre âge (23 ans) de vous lancer dans un style aussi ancien ?

Je suis le plus jeune des artistes de ce style lancés sur le marché, c’est vrai, et j’en suis très fier. Vous savez… l’art du chant medahatte s’apprend très jeune et c’est en grandissant que l’on accède au titre de Cheikh. Mais étrangement, me concernant je ne cherche pas dans l’absolu à acquérir un tel titre. Ce qui m’intéresse moi, c’est de me démarquer et faire parler ma propre personnalité. A 23 ans, j’ai envie de montrer que l’on peut s’affirmer dans un style qui est certes ancien mais qui est loin d’être dépassé puisqu’il est largement écouté par les jeunes de ma génération.


2) Parlez nous de votre envie de chanter, votre carrière : comment a-t-elle débuté ?

J’ai toujours eu envie de pousser la chansonnette. Mes parents ont conservé plusieurs vidéos de moi où l’on me voit chanter très jeune. Pour l’anecdote… je me souviens d’une vidéo tournée à Alger chez un coiffeur lorsque j’avais 4 ans. Les clients m’avaient demandé de chanter « Abdelkader ya Boualem ». J’étais déjà demandé et applaudit du haut de mes 4 ans ! (rires). « Abdelkader ya Boualem » de Cheba Zohra était le titre phare à l’époque. C’est la première chanson que j’ai appris et c’est tout naturellement cette chanson qui m’a fait aimer la musique et qui m’a poussé à chanter. Quand à ma carrière, elle débute réellement en Janvier 2008 avec la sortie de Paris-Oran, mon premier album. Mais avant d’en arrivé là, depuis l’âge de mes 14 ans, j’ai multiplié les scènes, d’abord dans ma ville natale à Saint-Dizier où je faisais partie d’un collectif puis ensuite sur Paris à partir de mes 18 ans.


3)Parlons de votre nouvel album… Comment est venu ce projet d’un nouvel opus ?

A la suite de la sortie de mon premier album Paris-Oran et suite aux bonnes retombées en termes de ventes et de critiques, mon éditeur Fethi (Saint Crepain) et moi-même avons décidé de lancer un nouvel opus programmé pour l’automne 2009. Je me suis tout de suite mis au travail en parallèle avec les soirées et la promo du premier album.


4)Comment décrirez-vous ce nouveau projet musical ? S’inscrit-il dans la continuité du 1er ou bien est-ce quelque chose de nouveau ?

Pour moi, chaque projet de musique dans lequel je me lance est quelque chose de nouveau que je m’efforce de faire à chaque fois avec le cœur et tout le savoir artistique que j’ai appris. Je reste attaché au style qui m’a donné envie de chanter et dans lequel je me suis reconnu : le medahatte. Que ce soit pour le 1er comme pour le 2ème album. MILLENIUM est plus original dans le sens où j’ai beaucoup appris en un an, artistiquement parlant, et je me suis donc efforcé d’enregistrer tout ce nouveau savoir faire dans ce nouvel album.


5)Pendant la promo de votre 1er album (Paris-Oran), vous aviez affirmé que vos titres étaient aussi un moyen « se rattacher à ses racines et à sa vrai culture ». Est-ce encore le but recherché dans votre deuxième enregistrement ?

Bien sûr. Je pense que cela restera mon thème principal que de vouloir affirmer en chanson ce que je suis, c'est-à-dire, un jeune franco-algérien qui assume parfaitement sa bi culturalité. Le fait d’être à la fois Algérien et Français est une chance énorme, celle d’appartenir à deux grandes cultures qui se révèlent être d’incroyables sources d’inspirations pour mes chansons.


6) Millénium est le nom que vous avez donné à votre album. A quoi fait-il référence ?

Tout est parti d’une blague avec un très bon ami à moi qui m’appelle souvent au téléphone grâce à son forfait illimité. Je lui ai promis une chanson qui parlerait de ce nouveau phénomène qu’est la gratuité au téléphone. On en a rit et je l’ai fait.


7) Avez-vous une préférence quant à l’un des titres de Millénium ?

J’aime beaucoup Millénium et c’est pour ça que l’album porte le nom de la chanson. Sinon, j’ai une préférence pour des chansons comme « 'Skant galbi' (Tu a habité mon cœur) », « L’avantage » également.


8) Quels sont vos autres projets musicaux pour la suite ?

Je travaille sur un projet de live. J’ai envie de profiter de ma tournée pour créer plusieurs enregistrements qui feront intervenir le public et que je sortirai en album avec ma maison de disque. Aussi, je collabore en ce moment avec plusieurs réalisateurs de film pour l’utilisation de mes musiques en B.O dans leurs productions cinématographiques. J’ai aussi un projet de chansons en français. Mais c’est encore qu’au stade de projet. Je me laisse le temps de la réflexion..

 

 

Discographie

Il publie trois albums sous le label Saint Crépain (label discographique de cheb Hasni)

  • "Paris-Oran"' (2008)
  • "Millénium" (2009)
    • Millénium
    • Nezdom
    • Sedqa
    • Skant Galbi
    • L'avantage
    • La Haute Classe
    • Kayna Haja
    • Chiret (Bonus Live Oran)
  • "Lover Dose" (2011)
  • "Chérie Mamie"

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