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Économie à Fès

Économie à Fès

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La ville de Fès (qui est une cité de 1 400 000 habitants) a éprouvé de difficultés à s'adapter au basculement économique du pays vers la côte atlantique et en particulier vers le rectangle Rabat-Casablanca. Si de nombreuses grandes familles fassies ont pu accéder à une éducation et acquis d'éminents postes clés dans les entreprises (Casablanca surtout) et surtout dans l'administration (Rabat), le retour vers Fès a peu été envisagé.

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La ville est connue pour avoir été quelque peu négligée pendant une période, entre autres par souci d'équilibre avec les autres centres du pays en plein boom qui ont qui ont des exigences plus accrues et revendicatrices : les infrastructures manquent (routes et système d'adduction d'eau en particulier), les commerçants déménagent ailleurs : Casablanca-Rabat mais aussi la côte nord (de Tanger à Oujda), qui se sont développée grâce au fameux trafic de hachich mais aussi par l'effet "détaxe" des enclaves espagnoles et du marché longtemps avide de biens de consommation qu'était l'Algérie socialiste. L'exode rural des campagnes alentour est immense : la ville a doublé ou triplé de population, principalement par l'arrivée de paysans.

Fès se réoriente progressivement vers deux secteurs:

  • l'agriculture : Fès joue ainsi le rôle de centre de collecte : la plaine du Saïs, ancien lac asséché, est très fertile et la montagne constitue un environnement favorable à certaines productions maraîchères et fruitières absentes dans le reste du pays (fruits rouges...) ;
  • le tourisme culturel est un secteur en plein développement. Le choix des autorités de la ville est de profiter des atouts plus "culturels" que la grande rivale Marrakech, et d'orienter un tourisme plus haut de gamme avec une clientèle plus aisée. Elle est ici concurrencée sur ce secteur par Essaouira. Notons à ce propos que les activités festivalière du festival gnawa a transformé Essaouira (tout comme Marrakech) en centres de consommation de stupéfiants. Et que lorsque les vacanciers abandonnent ces villes, la pauvreté refait alors surface. De nombreuses personnes obtiennent des emplois grâce à la hausse du tourisme dans la ville, mais il ne s'agit que de quelques semaines par an.

Ce qui manque à Fès :

  • le fait d'être maintenant à l'écart des nouveaux centres et axes économiques du pays (la côte de Tanger à Marrakech) ;
  • peu de centres de formation valables : si l'université Quaraouiyine reste un bel emblème de la culture marocaine, elle ne forme pas de cadres et encore moins de techniciens valables ;La région de Fès souffre d’un manque de main-d’œuvre qualifiée. Et ce, malgré les différents programmes de formation mis en place par l’Office de formation professionnelle (OFPPT).
  • le passé prestigieux et culturel est en soi un handicap, car il déforme la hiérarchie des valeurs : à Fès, mieux vaut être un fonctionnaire au "ministère" qu'un commerçant ou un industriel.
  • Pour redynamiser l’activité économique de la région Fès-Boulemane, il faut doter la ville d’un parc d’exposition international.
  • Une plus grande implication (notamment dans le secteur de l'économie sociale) de tous les acteurs (autorités, élus, ONG...) est obligatoire pour l’aboutissement d'initiatives qui assureront un réel développement.

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Quelques données

  • La capitale spirituelle du Maroc représente près de la moitié du volume total des exportations de produits d’artisanat au plan national marocain.
  • Quelque 582 entreprises ont été créées dans la région Fès-Boulemane durant le premier semestre de l'année 2010, s'inscrivant en baisse de 3% par rapport à la même période de l'année précédente.
  • Les entreprises créées devraient générer plus de 2.900 emplois, selon le dernier bilan d'activités du Centre régional d'investissement (CRI) Fès-Boulemane.
  • La ventilation de ces créations par secteur d'activités place le secteur du bâtiment et travaux publics en tête avec 35% des créations d'entreprises réalisées au cours de cette période, suivi du secteur du commerce avec une part de 34%.
  • La ville est desservie de l'aéroport “Fès Saïs”, qui reçoit des vols nationaux et de l’étranger depuis un grand nombre de pays européens, africains et quelques pays asiatiques.

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