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Écomusée berbère de la vallée de l'Ourika

Écomusée berbère de la vallée de l'Ourika

L'Écomusée berbère de la vallée de l'Ourika est l'un des premiers écomusées privé du Maroc. Cet espace culturel et haut lieu du tourisme rural est situé dans le village berbère de Tafza a été créé en avril 2009 à l'intiative de Hamid Mergani et Patrick Manac'h. Il est partenaire avec la Maison de la photographie de Marrakech. L'écomusée propose également des séjours au village et des découvertes de cette région montagneuse du Maroc. 

Situation

Tafza est un petit village situé à 37 kilomètre de Marrakech, au Maroc, dans le flan inférieur de la vallée de l'Ourika (du nom de la rivière qui descend du Haut Atlas), à proximité du douar Setti Fatma (dernier douar accessible par la route goudronnée). Cette vallée est très majoritairement peuplée de berbères et s'engouffre progressivement dans le Haut Atlas marocain. Malgré sa proximité avec la ville de Marrakech, elle est encore considérée comme un vallée relativement préservée. Sa visite permet de combiner la découverte d'une nature spectaculaire et d'un mode de vie montagnard traditionnel.

Musée

Les activités muséales proposées ont pour objectif est de mieux s’imprégner de la culture berbère marocaine à travers une collection qui s'inscrit dans une logique de développement, de conservation du patrimoine culturel vivant. Ainsi, des activités sont proposées au public, en partenariat avec la population locale vont dans le sens du parcours de découverte de la vallée de l'Ourika et souhaite avant tout contribuer à faire revivre dans le cadre d'un tourisme solidaire le village de Tafza, tisser des liens avec la population locale, les différents acteurs de la vie culturelle. C'est un espace de partage ouvert à tous ceux qui souhaitent découvrir autrement la région de l'Ourika.

http://natureculture.org/wiki/images/thumb/a/a0/P1060217.jpg/500px-P1060217.jpg

Musée de la poterie à Ourika, Mario Scolas

La poterie constitue depuis très longtemps l'activité principale du village de Tafza. Le nom Tafza exprime par ailleurs toute la symbolique liée au travail de la poterie. L'étymologie du mot berbère tafsout désigne la saison du printemps, les récoltes de l'année, ainsi que la femme enceinte. Le thème de la fertilité des terres et de la poterie ont toujours été des thèmes liés mettant en avant plan le travail du potier, qui à partir d'une terre infertile, produit des objets indispensables à la vie quotidienne.

L'écomusée est installé dans « Talberjt », appelé la tour par les habitants du village, restaurée avec des matériaux traditionnels, le pisé. La maison a été construite par deux frères, dans les années 1910-1920. Elle est située sur la place centrale du douar.

L'architecture du bâtiment est en pierre et pisé, élément qui relève d’une société autarcique. Tafza et ses environs offre les matériaux de construction du bâti nécessaires ; pierres de montagne, galets, paille, terres aux qualités multiples, bois, lauriers. Les couvertures des toitures sont en argile grise bleutée de Tafza, et pierres en grès rose de l'Oukaïmeden, les murs en terres blanches de Tafza. Le travail de restauration de l'Écomusée berbère a été effectué par des villageois.

Le bâtiment, tant dans sa disposition que dans sa décoration, représente la maison berbère, et donc l'univers de la femme, monde de la maternité et protecteur du foyer, opposé au monde hostile des hommes, à l'extérieur. La maison est espace porteur de signes, signes protecteurs, que l'on voit dans les dessins peints sur les façades de l’écomusée, par les motifs en pierre au dessus des portes, par les motifs en pierre au dessus des portes, par les motifs sur les portes (souvent le soleil et la fibule, symbole de la féminité). Cette symbolique complexe se trouve partout, sur les poteries, les meubles, les tissages, et bien sûr, les tatouages. Nous retrouvons toutes ses composantes dans l'écomusée.

La collection de l'écomusée berbère de la vallée de l'Ourika abrite en mettant en valeur la diversité de la [culture berbère] dans le Haut Atlas par sa collection de poteries, de tapis et tissages, de bijoux, et de sa collection de photographies.

Dans pratiquement toutes les civilisations, la femme est le pilier de la famille et des traditions, le principal transmetteur de la culture du quotidien. Dans la tradition marocaine, elle occupe une place prépondérante malgré les interprétations restrictives pour ses droits dans les écrits religieux.

La collection de tapis est le reflet de la vie quotidienne de femme berbère (le mariage, la grossesse, la naissance, l’accouchement) en reflétant es différentes phases de la vie. Le tissage est un art matriarcal. Les outils (peigne de tissage, fuseaux), indispensable à ce savoir-faire, sont également présent dans l’écomusée. L'activité de tissage est encore de nos jours une activité pratiquée dans le village de Tafza.

La collection de poteries provient de diverses régions du Haut-Atlas qui mettent en valeur les savoir-faire du monde berbère. Elle représentative de l’histoire de l’alimentation ; des barattes, pot servant à fabriquer le beurre, sont exposés, ainsi que différents plats à Tagine, couscous ou encore cruche à lait.

Les bijoux présents attestent l'importance féminine et festives (parures de fête qui appartiennent à la dote de la future épouse. Ils restent la propriété de la femme et lui assurent sa sécurité matérielle, même en cas de divorce. Ces bijoux sont une partie importante du capital familial qui mesure sa prospérité. Les types de bijoux les plus fréquents dans la plupart des communautés rurales sont les diadèmes, les boucles d’oreilles, les fibules, les colliers, les bracelets, les anneaux de cheville, les amulettes et les bagues. Les autres types de bijoux servent à parer celle qui les porte selon les normes tribales. Ils incarnent les normes esthétiques et les structures ornementales du groupe auquel elle appartient et s’identifie. Les photographies de Besancenot, également exposées à l’écomusée mettent en valeur la dimension esthétique de ces parures de fête du monde berbère.

http://natureculture.org/wiki/images/thumb/3/35/Thumb_Ren_Bertrand_1940.jpg/180px-Thumb_Ren_Bertrand_1940.jpg

Photographies

De Jean Besancenot à Daniel Chicault, l'Écomusée berbère abrite une collection de photographies qui mettent en valeur la culture berbère, les savoir-faire liés au travail de tissage et de poterie, des portraits de Berbères. Ces photographies datent des origines de la photographie au Maroc aux années 1960. Cette collection aborde la photographie coloniale en exposant le travail photographique de Daniel Chicault, de Jean Besancenot, de Marcelin Flandrin, de René Bertrand, de Robichez. On retrouve des paysages et des personnes du Haut Atlas.

L'Écomusée berbère de la vallée de l'Ourika diffuse aussi des documentaires anciens et en couleurs, sur les Berbères de la tribu Seksawa. Le documentaire de Daniel Chicault a une place primordiale dans la collection ; c’est le premier témoignage en couleur réalisée sur les tribus Berbères du Haut Atlas en 1957.

Liens externes

http://natureculture.org/wiki/images/thumb/0/09/Andr_Bertrand_livre.jpg/400px-Andr_Bertrand_livre.jpg

André et René Bertrand : Tribus berbères du Haut-Atlas. Edita-Vilo, Lausanne 1977. Les berbères, l'organisation sociale, le droit coutumier, la famille berbère, la vie quotidienne, l'habitat, costumes coiffures et bijoux, musiques danses et jeux..., 140 pages. Orné de 115 illustrations dont 47 en couleurs, nombreuses pleine page ou double page. Relié toile orange, 22 sur 29 cm.

Bibliographie

  • Splendeurs du Maroc, Musée Royal de l'Afrique Centrale, Tervuren, 1998
  • Bernezat Odette, Hommes et vallées du Haut-Atlas, Glénat, Grenoble, 1987
  • Vandenbroeck Paul, L'art des femmes berbères, Flammarion, Amsterdam, 2000
  • Gandini Jacques, Pistes du Maroc à travers l'histoire, Haut et Moyen Atlas, Tome 1, Serre Editeur, Nice 2006

Sources

  • Le guide de la ville rouge, décembre, janvier, février 2010
  • Splendeurs du Maroc, Musée Royal de l’Afrique Centrale, Tervuren, 1998

Autres intérêts de la région

  • Setti-Fatma : dernier douar accessible par la route goudronnée, ce petit village est le départ de nombreuses excursions dans les montagnes avoisinantes. Une des randonnée est celle qui consiste à escalader le long d'un torrent de montagne pour y découvrir 7 cascades.
  • Jardin de Timalizene : jardin de montagne offrant une variété d'essences originaires de la région.
  • La Safranière de l'Ourika : ferme qui a la particularité de produire du safran (la saison la plus intéressante de cette visite est fin octobre à mi-novembre lors de la récolte de cette épice.
  • Jardin bio-aromatique de l'Ourika : Jardin biologique de plantes aromatiques et médicinales permet de partir à la découverte des senteurs et des vertus médicinales des plantes.

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