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Dhikra Mohamed Abdullah Al Dali parfois orthographié dans les pays anglo-saxon Thekra Mohammed Abdullah Al Dali (ذكرى محمد عبدالله الدالي), plus connue sous le nom de Dhikra(ذكرى), née le 16 septembre 1966 - décédée le 28 novembre 2003 au Caire, était une chanteuse tunisienne. La cantatrice n’avait que 38 ans. Elle était à l’apogée de sa carrière et de son art: des dizaines d’albums à succès, des tubes de grande audience, la reconnaissance quasiment absolue du public et de ses pairs et une notoriété unique, du Continent au Golfe, à une époque où le trop-plein d’étoiles a privé de sens tout vedettariat. Mais à vrai dire, l’importance de Dhikra Mohamed dans la chanson arabe dépasse de loin les questions de célébrité ou de star-system. Les gens s’étonnent aujourd’hui de la capacité qu’avait Dhikra à développer un chant par delà tout ce qui est usuel, par delà tout ce qui s’entend couramment. C’était une importance purement artistique. Pratiquement historique. Selon une étude relayée par le site mbc.net, la chanteuse tunisienne figure parmi la liste des 10 artistes arabes décédés engrangeant le plus de ventes d'albums.

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Biographie

Elle était la plus jeune de huit frères et soeurs, Taoufik, Mohsen, Saïda, Saloua, Habib, Hajer, Kaouthar et Widad. Elle rejoint l'école primaire de Oued Ellil et poursuit ses études secondaires au lycée Khaznadar. En 1980 elle participe à un programme de jeu inter-lycée Bain Al Ma-àahed (بين المعاهد) à la télévision tunisienne avec une chanson de Leila Mourad intitulé Ess-al aâlaya (أسأل علي) puis à l'émission Fan wa mawaheb avec la même chanson, elle remporte le 23 juillet 1983 la finale de la même émission avec la chanson d'Oum Kalsoum Arridha wannour (الرضى و النور) où elle impressionne le jury dont le compositeur Ezzedine Ayachi qui l'intègre dans la chorale de l'émission et lui compose sa première chanson Ya hawaya (يا هوايا), dans la même année elle participe au Festival international de Carthage, puis rejoint la troupe musicale de la télévision tunisienne où elle rencontre Abderrahmane Ayadi qui sera par la suite le compositeur de la majorité de ses chansons.


 

En Tunisie

Durant les 10 premières année avant son départ en Egypte elle réalise 30 chansons dont 28 sont composées par son fiancé Abderrahmane Ayadi, parmi ces chansons:

  • Liman Ya Hawa Satakoon Hayati ? (لمن يا هوى ستكون حياتي)
  • Habeebi Tammin Fo'adi (حبيبي طمن فؤادي)
  • Ela Hadhn Ommi Yahin Fo-adi (الى حضن امي يحن فؤادي)
  • Wadda'at Roohi Ma'ah Min Youm Ma Wadda'ani (ودعت روحي معاه من يوم ما ودعني)

En 1987, elle participe au festival de la chanson tunisienne et obtient le troisième prix avec la chanson Habeebi Tammin Fo'adi, elle décide d'arrêter sa collaboration avec Abderrahmane Ayadi qui lui refusait de travailler avec d'autres compositeurs et rejoigne le groupe de Zakharef arabiyya de Mohamed Garfi avant de quitter la Tunisie.
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En Lybie

Elle a eu l'occasion de travailler avec les meilleurs compositeurs lybiens dont Mohamed Hassen, Ali Kilani, Abdallah Mansour, Slimane Tarhouni, Romdhane Kazouz et Khalifa Zlitni où elle a été élue la meilleure chanteuse arabe du chant lybien et celle qui a le plus d'albums dans ce type de chansons parmi lesquels:

  • Chen dernalak (شن درنالك)
  • Webhert (و بحرت)
  • Nefsi aziza (نفسي عزيزة)

En Egypte

Elle fait la rencontre de Hani Mhanna qui lui compose deux albums dont Wahyati aàndak (وحياتي عندك) en 1995 et Ass-har maàa sirtek (أسهر مع سيرتك) en 1996, en 1997 elle sort l'album El assami (الاسامي) et en 2000 l'album Yana (يانا). Son dernier album sorti en 2003 fut Youm àalik (يوم عليك).

Parmi ses chansons les plus connues:

  • Wehyati Andak (و حياتي عندك)
  • Mouch koll hob (مش كل حب)
  • Al Asami (الأسامي)
  • Allah Ghalib (الله غالب)
  • Ya àaziz àaïni (يا عزيز عيني)
  • Youm àalik (يوم عليك)
  • Bahlam Beloqak (بحلم بلقاك)

Une proie des islamistes

La chanteuse avait défrayé la chronique lorsqu'elle avait comparé les difficultés rencontrées dans sa carrière aux souffrances du prophète Sidna Mohamed, ce qui avait provoqué la colère d'un juge religieux saoudien, le cheikh Ibrahim Al-Khodeiri, du Grand tribunal de Riyad, qui avait appelé à sa condamnation à mort pour apostasie. Celui-ci accusait l'artiste tunisienne de s'être moquée du prophète Sidna Mohamed. Dans une conférence que l'artiste avait donnée au Qatar, lors d'un festival culturel arabe, l'année dernière, Dhikra Mohamed avait dressé un parallèle entre les difficultés qu'elle a éprouvées pour s'imposer dans le milieu dans la chanson arabe et celles du prophète Sidna Mohamed pour répandre l'islam. Cette comparaison n'a pas plu au juge saoudien qui a aussitôt qualifié ces propos « d'apostasie », affirmant que l'auteur devait être « punie par l'exécution ». Selon le savant juge, la chanteuse « s'est moquée du prophète en comparant ce qu'elle a enduré à l'hostilité rencontrée par le prophète Mahomet quand il a commencé à répandre la religion islamique ». « Elle doit être dûment jugée et condamnée à mort si elle est reconnue coupable », avait-il ajouté.

Dhikra Mohamed a nié tout écart de langage à l'encontre du prophète. Elle s'est déclarée offensée par le journaliste qui avait dénaturé ses propos : « Je ne suis pas assez folle pour tenir des paroles blasphématoires envers notre prophète ». Le quotidien tunisien Le Temps a, pour sa part, dénoncé l'attitude du juge religieux saoudien, qui « se trompe sûrement de siècle, et certainement de pays ». La question a été réglée quand le mufti d'Egypte l'avait considérée innocente, puisqu'elle avait nié avoir tenu ces propos et en avait dénoncé la teneur.

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Son assassinat

Le 28 novembre 2003 aux environs de 7 heure du matin, elle est assassinée par son mari, l'homme d'affaires Ayman Al-Sowaidi de seize balles de mitrailleuse suite à une dispute. Il tue également son manager Khouly et l'une de ses secrétaires, une prénommée Khadija, de plusieurs balles avant de se suicider en se tirant une balle dans la bouche. Selon le chauffeur du mari de Dhikra, ce dernier était en état d'ébriété. Le salon, le lieu du drame, est retrouvé couvert de sang à plusieurs endroits. La chanteuse tenait dans ses bras un oreiller qui semblerait avoir été tout ce qu'elle a pu trouver pour préserver au mieux son corps des balles.

Quelques jours après sa disparition tragique, tous les kiosques en Tunisie spécialisés dans la vente de cassettes et CD, ont été investis par les fans de la diva. Les vendeurs de la capitale ont épuisé tout leur stock de cassettes et CD de la chanteuse disparue. La défunte chanteuse qui avait déjà du succès de son vivant, semble bien partie pour pulvériser les records dans le box-office et occuper, pendant un bon moment, le hit-parade des meilleures vedettes de la chanson.

Au cours des Journées Cinématographiques de Carthage en 2007, a été projeté un long métrage vidéo de Radhia Zouioueche. Intitulé «L’Etoile filante», ce film suit, pas à pas, l’itinéraire de Dhikra Mohamed, de son enfance jusqu’à son assassinat. «Ceux qui l’ont côtoyée, connue, aimée, témoignent et racontent l’histoire riche, passionnante et douloureuse d’une grande star qui a illuminé le ciel de la chanson arabe comme une "Etoile filante"»
 

Lien externe

 
Tag(s) : #Musiques tunisiennes