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Démocratie à la tunisienne...par Salah Elayoubi

Démocratie à la tunisienne...par Salah Elayoubi

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Cet homme n’est pas un démocrate !

C’est un Salafiste en embuscade !  

La Tunisie a basculé dans l’islamisme !

 

Voila une chrestomathie des réactions que l’on pouvait lire sur la toile ou entendre dans les discussions de salon, suite au résultat des élections tunisiennes.

Allons bon !

Soyons sérieux !

Les urnes ont, tout de même, parlé !

Certains y ont vu comme une revanche du destin, d’autres, l’expression pure et simple, d’une  justice immanente. Toujours est-il que  le parti islamique a gagné ces élections.

Les accusations de double langage imputées au mouvement, celles de l’achat des voix, du convoyage des militants vers les salles de vote, de la séparation des hommes des femmes dans les files de votation et de financement  de la campagne d’Ennahda par les monarchies du golfe, n’y auront rien fait

Les contradicteurs de Ghannouchi ou ses pourfendeurs,  nous offrent là, une bien piètre image d’eux-mêmes. Celle du mauvais perdant, cherchant ailleurs que dans son giron,  les raisons de sa défaite.

On ne le dira jamais assez. Si les islamistes ont gagné leur pari, c’est avant tout parce que la société tunisienne l’aura bien voulu, mais également, parce qu’un long et patient travail a été accompli par des militants déterminés, sur le terrain.

Le patient et pugnace porte-à-porte, les longues explications de texte, ainsi que les discours apaisants, auront porté leurs fruits, jusque auprès de la communauté tunisienne à l’étranger. Celle-ci a, en effet,  voté en masse pour ce parti qui a fait pendant plusieurs décennies, les frais d’une répression féroce de la part du régime tunisien.

Crédité d’un score avoisinant les 40%, Ennahda avait anticipé ce résultat et pris, très tôt,  langue avec les formations de gauche, notamment le CPR de Moncef Marzouki et Ettakatol de Mustapha Ben Jaafar, deux anciens opposants à Ben Ali. Une autre marque du travail de fond accompli à ce jour.

Les détracteurs auront beau y aller de leurs phrases assassines sur l’avenir de la Tunisie qu’ils prétendent compromis,  il faudra bien qu’ils se fassent à l’idée que la démocratie a des règles qui ne souffrent pas de compromis.

Pendant que le leader islamiste boit du petit lait, les chancelleries occidentales en sont à la soupe à la grimace, elles qui, pour éviter la menace islamiste avaient soutenu un régime  prédateur et corrompu autant que liberticide.

Nos voisins tunisiens nous ont accoutumés à les voir conduire intelligemment leur destinée et à éclairer nos chemins vers la lumière et jamais les ténèbres.

Je refuse de penser qu’ils ont jeté, là,  les bases d’une nouvelle ère  obscurantiste ou despotique.

Afin de se rassurer,  beaucoup d’entre nous, citent, en exemple, le cas turc.

Avec une armée en guise d’épée de Damoclès, les islamistes turcs ne devraient représenter qu’eux-mêmes. C’est là, le pire exemple de démocratie que l’on puisse évoquer. La démocratie chaperonnée par un establishment en uniforme d’apparat, mais la baïonnette au canon.

Les tunisiens sont capables de mieux et ils ne le doivent qu’à leur génie et à personne d’autre. Encore moins aux militaires, même si ceux-ci ont  contribué à protéger la révolution.

Et même si la démocratie tunisienne devait bégayer ou balbutier. Ce n’est pas  par amour pour les turpitudes ou les errements, mais en raison de son extrême jeunesse.

rached-ghannouchi.jpg

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