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Hommage à Chams Eddine Zinoun

Hommage à Chams Eddine Zinoun

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Il s’appelait Chams, et il était beau. Comme le Soleil. Il s’appelait Chams et hier, il s’est couché. Comme le Soleil. Mais, si le Soleil va sûrement se lever demain, Chams, lui, ne se lèvera pas. Chams ne se lèvera plus jamais. Chams est parti. Brusquement. Tragiquement. Stupidement. Le destin est parfois imprévisible, souvent terrible, mais toujours injuste. Destin, je te déteste ! (Mohamed Laroussi).



 

Chams Eddine Zinoun (né en 1980 à Casablanca (Maroc) - Il décède le 12 novembre 2008 à Casablanca, à l'âge de 28 ans fut un brillant danseur, professeur de danse et acteur de cinéma.

Chorégraphe et metteur en scène, le père du jeune homme Lahcen Zinoun n’a jamais renoncé à son rêve de développer la danse au Maroc. Aujourd’hui, il a le projet de créer une grande maison dédiée à cet art à Casablanca. C’est le rêve du fils de Hay Mohammadi devenu, en 1970, danseur étoile dans le Ballet royal de Wallonie.


Biographie

Issus d'une famille d'artistes marocains, Chams Eddine Zinoun a joué le rôle de Ibn Batouta dans Journey to Mecca (Voyage à la Mecque) (2009, Bruce Neibaur). Ce fût la première fois qu'on lui confiait le premier rôle dans un film. Il s'est tué juste après la sortie du film dans un accident de voiture à Casablanca. Il était le fils de Lahcen Zinoun : danseur et chorégraphe marocain en danse contemporaine et également cinéaste.


Le destin de deux frères

Les deux fils du chorégraphe Lahcen Zinoun, Kaïss (né en juillet 1970, à Charleroi (Belgique)) et Chams Eddine, étaient rentrés définitivement au Maroc. Ce retour intervient après un parcours exceptionnel à l’étranger, partagé entre une formation solide acquise en Europe, voire outre-Atlantique, et une carrière de professionnels dans les grands ballets internationaux. Rodés et érodés par tant d’années de danse, les deux frères décidaient de mettre leur savoir-faire et leur expérience au service de leur pays d’origine.

Kaïss fait ses premiers pas à l’Ecole de Maurice Béjart, à Bruxelles. Il en est sorti deux ans plus tard avec un diplôme réputé en guise de ticket d’entrée dans l’univers des espoirs de la danse. C’est ce que ne manquera pas de prouver en 1988 la célèbre compétition de Lausanne où le jeune Kaïss a décroché un premier prix qui lui ouvre les portes des Etats-Unis.

L’expérience de Chamseddine n’a, quant à elle rien à envier à celle de son frère. Né en 1980 à Casablanca où il a acquis les rudiments de la danse contemporaine auprès de son père Lahcen, il s’envole pour la Belgique pour approfondir sa formation. En 1996, il s’inscrit au Ballet Royal des Flandres, avant de rejoindre en 2001 le Ballet du Nord où il s’est fait remarquer par son don précoce pour la danse contemporaine. Il deviendra l’un des piliers de ce Ballet. A preuve, la belle performance dont il a fait montre lors du mémorable spectacle donné par cette compagnie il y a quelques années au complexe Moulay Rachid, dans le cadre du Festival international de danse contemporaine de Casablanca. Danseur confirmé, Chamseddine a également des dons d’acteur. Au départ, il s’est fait signaler par un brillant passage dans le long-métrage « Oud El Ward » de Lahcen Zinoun, aux côtés de Mohamed Miftah et Sanaâ El Aaloui. Et ce n’est pas tout...il tournait avec Driss Rokh à Ouarzazate dans le film du Suédois Peter Flint : « Arn, les cavaliers du beau temple » … Une belle destinée en perspective...Il interprète Ibn Batouta, le personnage principal du film Journey to Mecca tourné en Arabie Saoudite et au Maroc et son lancement en première mondiale s'est déroulé le 12 décembre 2009.

"Chems est une lumière que la mort tragique et prématuré ne pourra éteindre. Sa douce et délicate présence continuera de vivre en nous tous. Nous souhaitons que son interprétation d’Ibn Batouta - si puissante et authentique - sache rejoindre les spectateurs à travers le monde, un peu comme Chems a su inspirer ceux qui ont eu la chance de travailler avec lui. Nous pleurons la perte d’un homme exceptionnel. C’était un acteur extraordinaire et un ami fantastique", se rappellent Taran Davies et Dominic Cunningham-Reid, producteurs chez Cosmic picture.

"Chems est devenu un ami avant même d’être Ibn Batouta pour le film que nous avons fait ensemble. J’ai su qu’il serait notre Ibn Batouta dès le moment où il est entré dans nos bureaux de production à Casablanca. Il venait passer une audition pour un autre rôle, moins important, mais il est devenu mon ami avant de remporter le rôle principal", se souvient le réalisateur du film, le Canadien Bruce Neibaur.

Et d’ajouter : "pendant les jours qu’il a passés à s’approprier le matériel de l’audition, Chems a partagé de grands pans de sa vie avec moi. C’était un jeune homme qui a relevé de nombreux défis, et cela lui a donné tout le cran qu’il fallait pour créer et viser la perfection. En trente ans de carrière comme directeur d’acteurs, je n’ai jamais vu personne qui ait été confronté à autant d’épreuves pour jouer un rôle, et qui ait travaillé aussi fort pour les surmonter. Si le film remporte un grand succès, ce sera parce que Chems était notre Ibn Battuta". Interpréter Ibn Battuta représentait une belle avancée dans la carrière de Chems Eddine Zinoun. Ibn Battuta est l’un des grands héros du monde musulman, et l'’un des voyageurs les plus extraordinaires de l’histoire"Nous avons le cœur brisé par la mort de Chems. C’était un homme généreux, qui a su toucher le coeur de tout le monde", témoigne le producteur et PDG de SK Films, Jonathan Barker.

"Nous étions profondément chanceux d’avoir Chems comme acteur principal. Il s’est approprié entièrement le rôle d’Ibn Battuta, et nous a offert une interprétation puissante. Il a fait face aux nombreux défis auxquels il était confronté de manière remarquable, avec rigueur et passion. En Marocain fier, il considérait qu’interpréter le rôle de l’un des plus grands héros de son pays constituait un authentique bonheur. Récemment, j’ai eu un repas mémorable avec lui, où l’on a partagé des rires et toutes sortes d’histoires. Je lui ai demandé comment il se sentait face à la perspective de prendre part à un film qui serait présenté à travers le monde pendant plusieurs décennies, il m’a répondu qu’il était reconnaissant et que c’était un honneur pour lui d’être dans ce film, particulièrement s’il pouvait amener une plus grande compréhension de la richesse de sa culture et un plus grand respect entre l’Occident et l’Orient, entre les musulmans et les non-musulmans", s’est-il remémoré.

Hassan Ghansy, qui a été son compagnon de route, Marocain lui aussi, a eu l’occasion de développer une grande complicité avec Chems.

"Je suis sans mot pour exprimer tout le chagrin que j’éprouve. Dans l’histoire du film, nous étions comme des frères. Nous sommes restés comme des frères, même après le tournage. Bien au-delà des sables du désert, je rends hommage à sa mémoire. Le Danseur berbère va me manquer terriblement, a-t-il conclu.


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