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Cercle des antiquaires marocains

Cercle des antiquaires marocains

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Bien que l'artisanat soit une des préoccupations du Maroc, il est souvent confondu avec le métier d'antiquaire. Comment le néophyte pourrai-il distinguer un antiquaire d'un brocanteur ou encore d'un marchand de bric et de broc ? Cette question pourrait mettre en évidence un ensemble de problèmes dont souffre le secteur de la profession des antiquaires, notamment le désordre existant dans celle-ci au Maroc. Cette profession ne peut certes pas s'exercer sans s'acquérir d'une longue pratique auprès d'un professionnel, ce qui justifie la transmission familiale du savoir et du patrimoine, ou complétée par une solide formation.

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Le métier d'antiquaire consiste avant tout à acquérir, restaurer et revendre des meubles, objets d'art et bibelots anciens (aussi appelés antiquités) de valeur ou de qualité.

Le métier nécessite une bonne connaissance à la fois du marché et de l'histoire de l'art, notamment parce que l'antiquaire a pour obligation de garantir l'authenticité des biens qu'il met en vente. L'antiquaire doit également beaucoup se déplacer pour aller à la recherche de biens rares et précieux ! La loi devrait imposer quelques conditions et règles incontournables à l'exercice de cette profession liées essentiellement à l'aspect commercial comme la tenue d'un carnet de bord des marchandises, déclarer les marchandises, tenir à jour le répertoire des vendeurs, délivrer des garanties à sa clientèle...

C'est en 1989 que la première association des antiquaires fut créée au Maroc. Le projet était ambitieux: assainissement du métier, sauvegarde du patrimoine, promotion des arts. Chaque adhérent devait en outre s'engager par écrit à «vendre les objets pour ce qu'ils sont, signaler les copies et les reproductions, prévenir des défectuosités dont il a connaissance...». Il pourrait alors apposer sur sa vitrine, comme un label de qualité, l'autocollant de l'association (l'astrolabe était l'emblème choisi). Mais l'éphémère Association nationale des antiquaires et brocanteurs (ANAB) s'est très vite heurtée, dans les salons, à la participation de personnes n'ayant pas grand rapport avec le métier. Malgré des règles de «bonne conduite» imposées, la confusion s'est rapidement emparée des lieux d'exposition. L'association a toujours refusé d'apparaître comme donneuse de leçons et c'est certainement cette politique du refus de l'exclusion qui a causé sa perte. Elle a compté sans doute aussi un peu naïvement sur la sagesse des participants qui n'ont pas tous su respecter leur profession. Cette première association des antiquaires a donc fini par baisser les bras. Une seconde association, à vocation bien plus commerciale, est née : l'Association marocaine des antiquaires et brocanteurs AMAB. ANAB, AMAB, confusion, certes des sigles et des genres.

L'appellation «antiquaire» regroupe dans l'esprit marocain tout genre de marchands du bazar, ce qui n'est certes jamais le cas. La profession a sans doute besoin d'être mieux réglementée et mieux structurée.

Malgré quelques tentatives visant à moraliser le secteur, la confusion demeure toujours. Au Maroc, le mimétisme en matière de décoration fait les beaux jours de plusieurs commerces plus ou moins licites. Des intermédiaires, souvent des particuliers plus ou moins connaisseurs, sillonnent le pays ou le monde pour satisfaire la demande des collectionneurs, qu'ils soient marocains ou pas. Ou alors, il s'agit de brocanteurs trop intimidés pour se convertir en antiquaires. Ou encore des décorateurs auquel on a donné carte blanche pour faire ressembler son intérieur à un musée.

critique musicale

Nombreux objets sont de fausses antiquités au Maroc

En règle générale, ce sont les pièces les plus rares qui sont les plus chères. L'absence d'intérêt porté par l'Etat à la régularisation de la profession sur base de critères normalisé fait des amateurs d'art, et des touristes les premières victimes des arnaqueurs. Il existe cependant des antiquaires sérieux.

Un marché en évolution

Outre les problèmes liés à l'absence de structure réelle du marché et à son accessibilité, l'antiquité connaît aussi des difficultés économiques conjoncturelles. L'organisation d'expositions présente un double objectif. D'abord, inciter les Marocains à acquérir des objets de valeur en voie de disparition. Ensuite, faire connaître cette richesse culturelle au grand public. Mais lors de ces manifestation, les prix sont un peu revus à la hausse et les visiteurs estiment que les prix ne sont adaptés à la valeur réelle des marchandises exposées. Contrairement à ce qui se fait à l'étranger, les salons et foires d'exposition, ne présentent que rarement la présence d'expert pendant la durée de ces manifestation pour certifier la marchandise et pour éviter que les acheteurs se fassent arnaquer. Faut+il accepter pour autant ce risque ?

Potentiel

  • Il existe de nombreux connaisseurs d'articles uniques, des collectionneurs, des étrangers, des hommes d'affaires, des personnalités marocaines, des délégations officielles amateurs de beaux objets.

Points critiques

  • Rareté des mécènes
  • Beaucoup d'objet quittent le Maroc pour aboutir à l'étranger (qui se souvient encore de cette mode de portes marocaines qui ont quitté le Royaume en masse, dont certaines avaient plus de trois cents ans ?).
  • Trafic illicite : La sauvegarde du patrimoine ne veut pas dire grand-chose au Maroc, et c'est ainsi qu'on retrouve dans les salles de vente de Drouot à Paris des corans datant du siècle dernier ou encore des sabres ayant appartenu au Pacha Glaoui. Le trafic illicite des biens culturels marocains. Ce fléau ne cesse de prospérer et rien ne semble l'arrêter. Pourtant, la loi 22-80, relative à la conservation des monuments historiques et des sites, des inscriptions, des objets d'art et d'antiquité, stipule, dans son titre VI (articles 42 à 44), «l'interdiction formelle de détruire ou de dénaturer ou d'exporter sans autorisation tout objet d'art et d'antiquité mobilier qui présente pour le Maroc un intérêt historique, archéologique, anthropologique ou intéressant les sciences du passé et les sciences humaines en général». Des trafiquants sont parvenus à faire sortir du Royaume des objets ayant une valeur historique ou archéologique sans être inquiétés par personne.
  • Conservation du patrimoine.

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