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"Casa Negra"

"Casa Negra"

Casablanca, Casanegra

Adil avec ses rêves d'un ailleurs qu'il imagine clément, riche et civilisé, et Karim plus lucide et responsable, en charge de sa famille et prêt à tout pour améliorer sa situation. Deux êtres unis par une forte amitié, par-delà leurs différences. La dualité du thème et de l'ambiance se traduit aussi dans les décors, les lieux et les moments de tournage"Casa Negra a été un film particulièrement épuisant car il s'est principalement tourné la nuit d'après le réalisateur. Je voulais capturer cet autre Casa qui vit quand les autres dorment."

 

 

L’histoire met en scène deux jeunes chômeurs, des paumés d’une vingtaine d’années, qui vivent de petites combines et rêvent d’Europe, d’argent et de sexe. Mais le personnage principal du film, c’est Casablanca et son centre-ville de style art déco, vestige de l’époque coloniale.

Casanegra se joue de Casa la Blanche et en dévoile les bas-fonds, la nuit surtout. L’envers du décor, c’est une ville poisseuse, sale, dure, qui porte l’énergie bouillonnante du désespoir. Ce sont les exclus du boom économique vanté par les élites. C’est la colère, la violence physique et verbale de ceux qui défendent leursterritoires. Le langage utilisé est la darija, l’arabe dialectal marocain, mais dans sa version la plus populaire.
 

Reflet des amours déçus et des rêves brisés, Casanegra n’est pas tendre pour ses enfants

Avec ce film
hyperréaliste, interdit aux moins de 12 ans, le réalisateur fait exploser de nombreux tabous : alcooldroguehomosexualitéprostitutionfemmes battuesenfants des rues, masturbation...

Je n’ai rien inventé. Mon film est un miroir de la société marocaine. Je montre le Maroc tel qu’il est, non tel qu’on veut nous faire croire qu’il est, explique Nour-Eddine Lakhmari. La violence et l’injustice sociale sont universelles. Cessons d’être hypocrites et admettons qu’on les trouve aussi chez nous.

Autre choix esthétique lourd de sens, Nour-Eddine Lakhmari a pris pour décors les vieux quartiers Art Déco de Casa. Vestiges d'une autre époque, leurs murs blancs aux formes encore majestueuses se détachent destrottoirs noirs de crasse et de misère.

Et puis "Casa Negra", c'est le voyage de deux jeunes de la ville noire vers les lumières de la ville blanche. Là où les villas des notables et des bourgeois regorgent des trésors ignorés des habitants des bas quartiers. Lakhmari utilise la dualité sociale du Maroc pris dans la spirale du libéralisme comme trame de fond de l'intrigue de ce film noir. Un film qui se veut pourtant porteur d'espoir et de moments magiquesqui viennent briller dans la nuit du Casa des pauvres.

Le Synopsis officiel du film (Bogeda Films)

Dans le le Casablanca d’aujourd’hui, chaotique mais beau, cruel mais attachant, deux amis d’enfance, Karim et Adil, vivent d’expédients et de petites combines.

L’un emploie des enfants vendeurs de cigarettes au détail. L’autre a trouvé la solution miracle à tous ses problèmes : «acheter» un visa et un contrat de travail pour émigrer vers Malmö (Suède), ville dont il rêve à travers une carte postale. Adil avec ses rêves d'un ailleurs qu'il imagine clément, riche et civilisé, et Karim plus lucide et responsable, en charge de sa famille et prêt à tout pour améliorer sa situation. Deux êtres unis par une forte amitié, par-delà leurs différences. Casablanca, ville complexe, en mouvement, où se côtoient misère et opulencehumour et violence.

Déchirée par un système de valeurs, perverti et paradoxal. Casablanca devient alors Casa Negra. Rues glauques, bars sombres, l’univers torturé casablancais sert avant tout de toile de fond à une histoire d’amitié.

      


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