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Blaoui El Houari

Blaoui El Houari

Blaoui El Houari (né en 1926 à Sidi El Hasni, Oran - Algérie ) est un auteur-compositeur interprète de musique bédouine, musique issue de la tradition orale également appelée au Maghreb « sahraoui » ou encore « bédaoui ».
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Son apport artistique à la musique algérienne est exceptionnel, car son génie a fait naître autour de lui et de son oeuvre toute une école qu'on appelle, aujourd'hui, la chanson oranaise. Cet artiste fut un pilier de la chanson oranaise et une légende vivante qui continue à faire vibrer toute l'Algérie avec le "asri-gharbi", style qui annonçait les prémices du raï électrique des années 1980.

Blaoui Houari est également l'auteur de tubes à succès tels "h'mama" ou encore "Bya Dhaq El Mour""Ya Khay Ki Rani" et d'autres chansons du patrimoine culturel algérien.

Le succès viendra plus tard notamment avec la chanson "Ismaâ" dont les programmateurs radio ne se lasseront jamais de le passer pendant plusieurs décennies à la radio.

Touché par la disparition du martyr Ahmed Zabana, guillotiné par les Français à la prison de Serkadji, il lui rend hommage en chantant Ya dbeili ana âla Zabana.

Blaoui Houari compte plus de 500 chansons à son répertoire. Un répertoire d'une immense richesse puisé par ailleurs par de chanteurs des années 1980 comme Houari Benchenet ou encore Cheb Mami.

Biographie et parcours artistique

Son nom El Houari provient de l'arabe, Ouahrân (Wahran) emprunté à l'arabe classique et signifie « des deux lions » Ouahr au singulier.

Son apprentissage musical, il le fera grâce à son père Mohamed Tazi, mélomane et joueur de Kwitraainsi que son frère Kouider Blaoui qui lui fera découvrir et aimer les sonorités du banjo et de la mandoline. Il arrête sa scolarité à l'âge de 13 ans pour venir en aide à son père qui exploitait un café situé à l'angle du Bain de l'Horloge.

Il s'occupera également de l'entretien du phonographe et de la diffusion des 78 tours produits par les grandes vedettes algériennes et égyptiennes de l'époque.

Avide d'apprendre la musique, il se met à l'écoute des musiciens regroupés autour de Cheikh Bouzembir. Petit à petit et sous l'influence de musiciens oranais, il va s'imprégner de la musique moderne; genre qui était prisé par les Wled El Agba (désignant des personnes originaires d'un quartier aisé d'Oran) et qui écoutaient du Pasadoble, Tino Rossi ou encore Rina Ketty...

Il passera également par le scoutisme algérien qui est aussi l'une des principales écoles de formation politique nationaliste et l'un des principaux mouvement de socialisation par lesquels beaucoup d'artistes comme Ahmed Wahby sont passés et ont fournis de nombreux chants éducatifs destinés à la jeunesse algérienne; des chants modernes, inspirés par la musique du Caire et marqués par un fort contenu arabo-nationaliste.

En 1942, lors du débarquement des américains sur les plages d'Oran, Blaoui El Houari fut engagé comme pointeur aux docks. Mobilisé sur les fronts de Tunisie, du Rhin et du Danube lors du second conflit mondial, Ahmed Wahby profite d'une permission qui lui est octroyée la même année pour se produire à l'Opéra d'Oran, avec l'orchestre qu'il dirige. C'est à ce moment qu'il apprend à jouer du piano et de l'accordéon au côté de Maurice El Médioni. Il commence alors à animer des fêtes de mariage et de circoncision dans un style bédouin propre à lui joué avec des instruments de musique modernes.

Il fonde en 1943 son premier orchestre musico-théâtral. Mahieddine Bachtarzi lui confie en 1949 l'animation de la saison de l'Opéra d'Oran.

 

 

Rani M'hayer

Il enregistre son premier 45 tours en 1955 chez Pathé en reprenant la fameuse chanson du poète Cheikh Benyekhlef Boutaleb (1883-1957), Rani M'hayer.

Rani M'Hayer - je suis tourmenté - connu également sous le titre de El Caïd raconte les heurts et malheurs d'un homme.

"Achqou el gasba jeboulhoum el ghanayat
Echyoukh jahôu ba^ou klem ou enfadhôu"
Ils se sont entichés de la flûte fascinés par les phonographes
Les maîtres se sont déconsidérés en vendant leurs paroles et se sont ridiculisés...

D'après Bouziane Daoudi / Hadj Miliani "L'Aventure du Raï" (éd. point virgule).


En novembre 2007, le doyen de la chanson oranaise annonce lors d'une rencontre avec la presse la publication de ses mémoires, dans lesquels seront "consignés" sa vie et son parcours artistique. Abdellatif M'rah lui consacre un film documentaire intitulé «Parlez-moi ... de Blaoui El Houari». Survient une polémique Blaoui El Houari n'a ni été consulté, ni interviewé et encore moins reçu une copie du film ni avant ni après sa diffusion publique. Tout simplement, il n'a jamais donné son approbation pour la réalisation de ce film subsidié par les caisses de la manifestation «Alger, capitale de la culture arabe», financé avec un budget de 200 millions de centimes.

De nombreuses informations et affirmations contenues dans ce film sont par ailleurs déclarées par l'artiste comme étant inexactes. «J'ai tenu à dire mon opinion sur ce film documentaire pour que tout le monde sache mon désaccord là-dessus. Ce produit ne me représente pas. Il n'y a rien de méchant dans ce que je dis. Aussi, je tiens à préciser que je ne veux pas, par mon avis, créer la polémique ou attenter à la réputation de qui que ce soit. Je suis vivant, on aurait pu venir me demander mon avis. Je ne suis pas encore mort».

Cheikh Blaoui El Houari est mis à l'honneur par l'Institut du Monde Arabe à Paris dans le cadre de El Djazaïr, l'Année de l'Algérie en France, où des artistes sont venus lui rendre hommage à leurs maîtres.

Les nouvelles générations de raïmen se sont inspirés de sa musique et ont repris ses chansons. Les disciples du cheikh déplorent que Blaoui El Houari n'ait pas connu une réelle reconnaissance pendant sa carrière artistique.