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Ahmed Benseddik et "l'Homoflexus" par Salah Elayoubi

Ahmed Benseddik et "l'Homoflexus" par Salah Elayoubi

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Etranges et magnifiques contrastes qui font la beauté du pays qui est le mien. Il en va de sa géographie et de ses paysages, comme de ses hommes.

L’autre jour, Ahmed Benseddik, banni de toute activité professionnelle et festivités officielles pour avoir dénoncé l’incurie et la corruption et excédé de voir ses suppliques et ses plaintes se heurter des mois durant, à un monument de surdité en la personne du roi, a signifié à ce dernier qu’il lui déniait dorénavant toute allégeance.

A l’autre bout du pays, Tarik El Kabbaj, le maire d’Agadir, qui s’est ouvertement opposé au népotisme du Wali de la région, Mohamed Boussaïd, s’est révolté pour avoir été exclu de la liste des candidats à la cérémonie de la Béi3a. Il a, donc, déclaré son intention de démissionner de son poste, histoire de laver l’affront que le Ministère de l’intérieur, en charge de l’organisation de la cérémonie, lui a, ainsi, infligé.

L’attitude du Maire prêterait à sourire si l’heure n’était pas aussi grave.

En effet, nous parlons d’un élu du peuple qui, se voyant exempté de l’exercice moyenâgeux de s’incliner devant son semblable, ronchonne et menace de bouder son mandat, comme ferait un vulgaire chenapan dans une cour de récréation.

Il crie, vocifère, hurle, s’emporte, se reprend, colère, décolère, questionne, alerte les uns, sermonne les autres, et jure à qui voudrait bien l’écouter, que le Directeur de cabinet du Wali lui aurait montré la liste des personnalités appelées à représenter la région et que son nom y figurait bien, insigne honneur, en quatrième position, s’il vous plaît, et qu’au final, arrivé à Tétouan, on lui aurait, aux portes du Palais, signifié qu’il n’avait pas droit de cité.

 

Ô rage ! Ô désespoir ! Ô banane ennemie ! N’a-t-il donc tant entrepris, que pour être ainsi banni !

Désespéré, notre maire !

A l’agonie !

Comment ? L’empêcher, lui, un élu de l’USFP, le parti qui a tout retourné: ciel, terre et veste, pour arriver jusques aux pieds du Moulay, fouler les mêmes tapis rouges, monter les mêmes marches que lui ou les descendre, peu importe pourvu qu’elles mènent jusqu’à Lui !

Rendez-vous compte ! Il avait mis la tenue, au grand complet, tout comme il fallait, blanche immaculée. Amidonné le séroual et le gilet. Surtout pas faire chiffonné devant son Seigneur et Maître.

Tout comme il faut, il assure, jusqu’à la couche-culotte, avec les élastiques là et là et encore là, pour empêcher les fuites et les vilaines odeurs. Surtout pas se faire surprendre par des impondérables, en pleine génuflexion devant le Sidi !

Il téléphone, téléfaxe, télévise, télédiffuse ses protestations. Il voudrait même se téléporter à quelques jours de là, pour réparer ses erreurs, présenter ses excuses les plus plates à celui ou ceux qu’il aurait offensés, faire acte de contrition, amende honorable, battre sa coulpe et boire sa coupe et son calice jusqu’à la lie !

Il revendique ses erreurs, regrette ses fautes, déplore ses errements, assume ses turpitudes, expie ses péchés. Il jure qu'on ne l'y reprendra plus, que c'est la faute de la fatigue, du surménage, du surméninges, du soleil, de la lune pleine et ronde, de la perspective du jeûne du Ramadan !

En un mot il mea culpe ! Pourvu qu’on arrête de l’agonir en le privant de son exercice favori, la reptation devant qui de droit !

Il supplie, demande si on ne pourrait pas rejouer la Bei3a, rien que pour lui. Il accepterait toutes les avanies, toutes les compromissions, pourvu qu’on rejouât le match, à guichets fermés, à huis-clos, s’il le faut.

Ouiiiiiiiiiiii ! Il baisera la main de Sidou, le pied s’il le faut, en aparté, en loucedé, ni vu ni connu, ou devant témoins s’il le faut. Appuyé le baise-main, ou le baise-pied, il jure, il promet. Il envisage de s’appliquer, de s’impliquer, le buste plié, cassé, effacé, la tête dans les genoux. Une vraie modification génétique de la race humaine, qu’il jure, une nouvelle espèce, l’homo flexus.

A l’heure où ces lignes sont mises en lignes, nul ne sait si l’on a accédé à la demande de notre brave homme.

Mais c’est promis, il y aura une suite, puisque ses semblables sont tombés d'accord pour anticiper des élections pour le mois de novembre 2011.