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Ballet royal du Cambodge

Ballet royal du Cambodge

La danse classique khmère : danse révélée et offrande céleste - Création « Preah Thong et Neang Neak, la légende de la création du Royaume khmer ».

 

 

 

« Ces Cambodgiennes nous ont donné tout ce que l’antique peut contenir ; leur antique à elles, qui vaut le nôtre. (…) Il est impossible de voir ailleurs la nature humaine portée à cette perfection. » - Auguste Rodin

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Aussi loin que l'on remonte dans l'histoire du Cambodge, la danse semble avoir été un des aspects les plus délicats de l'art khmer. Aussi les bas-reliefs qui ornent les grands temples de l'époque classique sont-ils emplis de ces danseuses célestes, les Apsaras, venues du paradis d'Indra pour le plus grand plaisir des rois.

La tradition est si fortement enracinée que le Ballet royal a pu se maintenir sous une forme assez pure jusqu'à nos jours. Actuellement, dirigé personnellement par S. M. la Reine, il conserve une importance qui lui a valu une renommée internationale. En effet, le allet s'est écarté des influences extérieures par le fait qu'il garde, au palais royal, le rôle rituel d'offrandes aux mânes des souverains défunts. Les danses sont précédées de rites propitiatoires qui, de ce fait, figent pour toujours le drame représentéet la chorégraphie qui l'accompagne. Si les danses ont perdu en partie leur caractère sacré, elles n'en gardent pas moins une importante fonction rituelle.

Le Ballet royal du Cambodge, qui puise à l’origine des grandes traditions de l’Inde brahmanique et de l’Asie du Sud-Est, fait du corps dansant une offrande à la divinité dont il reflète la perfection. Fidèle à la conception hindouiste selon laquelle la grâce et la préciosité de l’expression féminine sont le miroir de la beauté céleste, la tradition cambodgienne est imprégnée de l’aura des mythiques danseuses apsaras, véritables messagères des rois auprès des dieux qui habitaient l’imaginaire des temples dès le VIe siècle. Ainsi, les bas-reliefs d’Angkor Vat se couvrirent de leurs poses raffinées, évocatrices d’une harmonie céleste évoluant au fil du temps.

C’est à l’avènement du règne de Sa Majesté Norodom Sihanouk en 1941 que cet art millénaire entamera sa renaissance ; il fut notamment soutenu par la mère du roi, la princesse Kossamak, devenue souveraine en 1955. Malgré cette institutionnalisation, le Ballet royal n’a pas perdu pour autant son caractère sacré et rituel. Aujourd’hui ce renouveau est aussi celui d’un royaume, après les événements tragiques qui firent se côtoyer durant plusieurs décennies le sang, le feu, la famine et l’épuisement idéologique.

Renvoyé du royaume par son père, Preah Thong traverse l’océan puis échoue sur une île où pousse un arbre thlok et sous lequel il décide de se reposer. Neang Neak, la fille du roi des Nagas, vient fréquemment se promener sur cette langue de terre. Lorsqu’il la voit, Preah Thong tombe éperdument amoureux d’elle, la séduit et la demande en mariage. Sept jours plus tard, l’union est célébrée en présence des parents de la jeune fille. En cadeau, le roi des Nagas aspire l’eau de l’océan et offre aux époux l’île-royaume qui en émerge : Kok Thlok, le pays khmer.

Aujourd’hui encore, cette légende se retrouve dans la cérémonie du mariage. Traditionnellement, celle-ci se conclut par le jeté des fleurs d'aréquier sur les mariés, alors que le jeune homme, tenant le bout de voile de son épouse, la suit jusqu'à la chambre nuptiale. Cette dernière étape de la cérémonie symbolise Preah Thong s’accrochant à la queue de Neang Neak, la femme serpent…

Chorégraphie de Son Altesse Royale la princesse Norodom Buppha Devi, d’après une chorégraphie originale de La Reine Kossamak Nearyrath Sereivoddhna.

 

 

 

Avec le soutien du Ministère de la Culture et des Beaux-Arts du Royaume du Cambodge