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Azemmour

Azemmour

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Azemmour
 (en arabe أزمّور) est une petite ville située à 16 km au nord d'El Jadida et à 72 km au sud de Casablanca au Maroc, à l'embouchure du fleuve Oum Errabiaa. Azemmour est sans doute établie sur l'antique cité d'Azama, cité occupée par les Phéniciens avant de tomber sous les mains des Carthaginois et des Romains. Sous ces derniers, Azemmour connut une période de prospérité. Le roi Juba II favorisa à Azemmour la pêche à l'alose, poisson qui venait frayer dans le fleuve l'Oum Errabiaa.

Le paysage est magnifique, la ville qui se réveille se secoue d'une torpeur qui n'existe nulle part ailleurs. Azemmour est l'une des plus anciennes et des plus pittoresques villes de la côte atlantique. Ibn al Khatib écrit à son propos (milieu du XIV؛ siècle): "c'est la fiancée du printemps et de l'automne. Ses phares et ses créneaux, tels des astres brillants, observent sa vallée".
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Histoire

Il y a de grandes probabilités que l'antique Azama soit un comptoir fréquenté par les Carthaginois. Aucune fouille systématique n'a été effectuée à ce jour.

Hannon au cours de son périple sur les côtes africaines remonte sans doute l'embouchure du fleuve. A la fin des guerres puniques Azama, occupée par des Berbères dont certains sont judaïsés, passe sous l'influence romaine. Le tombeau-synagogue d'un saint de l'époque antéislamique, Rabbi Abraham Moulnis, est l'une des curiosités de la ville. Il est entretenu par une communauté portugaise, il reçoit les visites de fidèles des trois religions du livre.

  • 667 (45 de l'hégire) Islamisation d'Azemmour et construction de la première mosquée. La ville devient le berceau du Soufisme marocain, « l'Oeuf de l'Islam » ainsi que la nomme le Dr Halima Benaoum, universitaire marocaine.
  • En 817 Des Musulmans orthodoxes s'installent à Azemmour.
  • En 1144, destruction d'Azemmour par les Almoravides, destruction telle que les industries locales disparaissent. Ce qui reste de l'artisanat est transféré à Salé.
  • En 1147 occupation d'Azemmour par les Almohades qui installent dans la plaine la tribu arabe des Doukkalas. Les premiers occupants berbères sont repoussés vers des terres moins riches.
  • En 1166 meurt Moulay Bouchaïb. Dans les milieux marocains pieux, Azemmour est connue sous le nom de ce vénérable qui vit plus de 90 ans cette époque charnière et mouvementée, au cours de laquelle la cité est cependant très prospère.
  • Au cours des siècles suivants, la ville appartient à différents royaumes de la côte atlantique. En 1376 les sultans mérinides établis à Fès s'en emparent. Dès lors les bourgeois cultivés d'Azemmour, tournent le dos aux tribus rurales Doukkalas qui les entourent et à leur capitale El Jadida. Ils n'ont plus d'yeux que pour Fès.
  • En 1486 Jean II du Portugal obtient d'être représenté par un agent commercial à Azemmour. Les Zemouris s'engagent par traité à fournir, entre autres denrées, 10 000 aloses séchées chaque année. Ces poissons ressemblant à de très grosses sardines remontaient l'oued en bancs tumultueux pour frayer, avant que l'établissement de nombreux barrages d'irrigation ne les chasse. Ils étaient autrefois la richesse, perdue aujourd'hui, d'Azemmour !
  • En juin 1494 le traité de Tordesillas fixe les zones d'influence entre Portugais et Espagnols. Dès lors Azemmour dépend du « diocèse de Safi »
  • En 1502 les habitants d'Azemmour pillent les navires portugais échoués à marée basse sur la barre du fleuve.
  • Le 12 août 1508, attaque représaille des Portugais sous la conduite de Don Juan de Meneses, gouverneur d'El Ksar Es Sghir garnison du Nord du Maroc.
  • Le 13 septembre 1513, 2000 cavaliers et 3000 fantassins portugais, débarqués de 500 caravelles mouillées dans l'oued Oum Errebia, occupent la ville après une courte bataille. Prise, Azemmour est fortifiée. Les Portugais y laissent une garnison, retranchée dans un « bastion » dont les ruines encore visibles montrent qu'ils ne s'y sentent guère en sécurité.
  • En juin 1527, trente ans après le voyage de Christophe Colomb, Alvar Nunez Cabeza de Vaca quitte l'Andalousie pour la Floride. Jeté par la tempête sur la côte nord du Golfe du Mexique il poursuit un voyage de 7000 kilomètres jusqu'au sud-ouest des Etats-Unis. Participait à cette aventure son esclave « le Nègre arabe Estebanico, originaire d'Azemmour bien qu'il ne savait pas nager » note Cabeza de la Vaca. « 'C'était toujours le Nègre qui parlait le premier aux Indiens !' » ajoute-t-il. Le premier Africain qui met officiellement le pied sur le continent américain est donc un Zemouri. La petite ville proche de Tampa, où Cabeza de la Vaca fit naufrage a érigé un monument à Estebanico.
  • Du 20 au 30 octobre 1541, liée à la chute d'Agadir, a lieu l'évacuation de la ville sous les ordres de Fernando de Noranha. L'occupation a duré 28 ans.

Dès lors l'histoire d'Azemmour devient celle du Royaume du Maroc. En 1624 le Sultan y est reçu avec les plus grands honneurs. Il y projette la réalisation d'un port qui malheureusement ne voit jamais le jour. Il nomme El Ayachi, un résistant de la première heure qui avait donné bien du fil à retordre à l'occupant portugais, caïd d'Azemmour. L'une de ses missions est de contenir les incursions des Portugais qui renoncent difficilement à cet établissement prospère.

  • 1609 – 1611 L'Inquisition décrète l'expulsion générale des Maures et des Juifs non convertis. Beaucoup se réfugient dans les citadelles d'El Jadida et d'Azemmour.

Il fait très bon flâner dans les rues paisibles et anciennes de la médina, parmi les mosquées, les nombreuses échoppes d'artisans, et dans le marché couvert qui vend des babouches typique d'Azemmour, de la broderie, des chapeaux portugais et bien d'autres choses. Ses maisons cubiques et agréables aux façades blanches égayées de bougainvillées s'étagent parmi les grenadiers, les oliviers et les tamaris, faisant d'Azemmour l'une des cités les plus paisibles du royaume chérifien. On reconnaît l'influence idrisside et almoravide en contemplant certaines maisons, munies de très beaux heurtoirs mais aussi l'influence portugaise par la présence de belles portes cintrées, à clé de voûte sculptées.

Les murs de la ville et ceux de la casbah sont bien conservés, le mellah (quartier juif) reste toujours aussi charmant, et les bastions encore armés de canons portugais. Dar El Baroud, la poudrière érigée sur le rempart occidental de la Casbah est en rénovation, elle a conservé sa tour percée de fenêtres en ogives.

La nouvelle ville est constituée par les quartiers situés hors de l'enceinte. On accède à la zaouïa de Moulay Bouchaïb Erradad par une rue montante qui fait face à la porte principale de la ville ancienne, Bab Maghzen. La nouvelle ville dispose de deux modeste hôtels tandis que l'ancienne médina d'Azemmour possède maintenant un vrai riad traditionnel transformé en maison d'hôtes : le Riad Azama, du nom de l'ancienne cité carthaginoise ainsi que L'Oum Errebia avec sa magnifique vue sur le fleuve et le delta. D'autres maisons d'hôtes sont en cours de création en vue d'enrichir l'hospitalité de la ville.

Azemmour possède une plage immense prisée par les adeptes du surf, kitesurf, et bodyboard : El Haouzia. Située à 2 km d'Azemmour, on peut y pratiquer le bodyboard, le jet-abra, le ski-nautique, la planche-a-voile, le surf ...

Le saint vénéré à Azemmour est Abu Shuayb et chaque année les pèlerins lui rendent hommage et le célèbrent lors d'un moussem organisé depuis son mausolée construit sur les ordres de Mohammed ben Abdallah.
http://www.eljadida.ma/images/images_anciennes/azemmour-mellah-2.jpg

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