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Au revoir Mohamed Boudaroua

Au revoir Mohamed Boudaroua

Mohamed Boudaroua est mort le 13 octobre 2011, des suites de la chute que lui aurait occasionné l’intervention de la police sur la terrasse de l’immeuble qui abrite l’Agence Nationale de promotion de l’Emploi de Safi et qu’il avait décidé de squatter, afin de faire entendre le désespoir qui était le sien, de n’avoir pu, après plusieurs diplômes, accéder à la vie professionnelle qu’il espérait.

Mohamed est surtout mort pour avoir milité parmi le mouvement du 20 février, pour que les marocains, sans exception, puissent un jour, vivre dans un pays où la liberté, la dignité et l’égalité des chances, ne seraient pas de vains mots, galvaudés par ceux qui ont fait main basse sur le pays et qui se fendent de déclarations dithyrambiques sur la nouvelle ère, l’exception marocaine, le plus beau pays du monde, le Maroc des opportunités, l’Etat de droit, la démocratie hassanienne, le roi des pauvres, ou je ne sais quelle autre superlatif sorti de leur imagination, si féconde lorsqu’elle doit s’occuper de l’avenir de leur progéniture et tarie, sitôt qu’elle doit réfléchir à celui des enfants du peuple marocain.

Mohamed est le deuxième de nos militants safiotes à décéder des suites de la répression et le neuvième depuis le début de l’Intifada marocaine, le 20 février 2011.  

Certains thuriféraires de la tyrannie montent au créneau pour soutenir l’insoutenable et nous expliquer que parmi le millier de témoins présents aucun ne peut certifier que le militant ait été poussé.

D’autres osent carrément la thèse de l’accident. Notre ami se serait tout simplement encoublé et serait passé par-dessus l’acrotère.

Pour un peu, l’un d’entre eux, oserait avancer, sans vergogne, la théorie du suicide.

Peu importe comment notre camarade est mort ! Il est mort d’avoir voulu dénoncer l’injustice et crier sa haine d’un système qui a fait son temps, qui a confisqué jusqu’à l’espoir et le rêve à des millions d’individus, réduits à l’état de citoyens de moindre importance.

Mohamed est mort parce que des policiers ou des voyous, (nous ne savons, d’ailleurs, plus depuis fort longtemps, qui le régime emploie pour nous réprimer !), avec à leur tête une brute épaisse, portant l’uniforme et la moustache, façon apprenti-dictateur, dénué de la moindre parcelle d’humanité, ont tenté de le déloger, sans ménagement, de la terrasse qu’il avait improvisée en tribune pacifique.

http://a34.idata.over-blog.com/1/50/59/42/CHEB-RAYAN/divers/248856_191338240917473_170429829674981_563852_894298_n.jpg

C’est la même équipe de brutes sanguinaires qui a sur la conscience la mort d’un autre démocrate, Kamal Ammari, battu à mort, dans cette ville même de Safi, et dont le régime continue de prétendre qu’il est décédé des suites d’un malaise.

Une fable qui en rappelle une autre, celle des cinq d’Al Hoceima, dont les corps carbonisés, ont été retrouvés dans les locaux d’une banque, et dont les autorités ont prétendu qu’il ne s’agissait là, que de pilleurs surpris par le feu bouté au bâtiment par la foule des manifestants.

Nous ne saurons jamais le fin mot de cette affaire, la justice n’agissant que sur ordre, particulièrement lorsqu’il s’agit de garder la force du côté de la loi et du Makhzen.

Aucune enquête ne sera jamais diligentée pour faire la lumière sur les circonstances de la mort de notre malheureux compagnon de lutte et les suppôts de l’absolutisme et du crime, continueront de sévir jusqu’à ce qu’un jour, nous les extirpions de leurs fiefs.