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Ammar Farhat

Ammar Farhat

http://natureculture.org/wiki/images/2/2f/IFichier-Ammar_Farhat_.jpg3-08.jpg

Ammar Farhat (عمار فرحات), né en 1911 à Béja et décédé le 2 mars 1987, fut un artiste-peintre tunisien. S’il existe un autodidacte qui a vraiment réussi à prendre sa place sur las scène artistique du XXe siècle en Tunisie, c'est bien lui ! Il appartenait à un groupe de peintre qu'on appelle le groupe de « L’Ecole de Tunis », composé par de grands noms comme Zoubeir Turki, Abdelaziz Gorgi ou Ali Bellagha.

En 1935, il fait une mise au point définitive pour décider de son avenir. Il confie à Ezzeddine Madani : «L’année 1935 fut un point de lumière pour moi. J’ai juré de devenir un peintre, un vrai peintre, pas plus. J’étais perplexe, je sentais en moi des choses étranges que je ne pouvais pas exprimer. J’étais angoissé, perturbé, choqué, je voulais respirer… Finalement, j’ai acheté une caisse de couleurs que je porte toujours avec moi, je me suis promis d’être à la hauteur de ce métier, respectant l’art toute ma vie».

Ce campagnard venu de Béja va devenir un artiste prisé des tunisiens parce qu’il a senti et peint la Tunisie profonde avec une vigueur et une vérité plastiques, rarement atteintes. Il va être peintre dans un pays où cette discipline n’avait pas de traditions.

Lors de l’exposition du Salon tunisien en 1938, par Alexandre Fichet et Jacque Rivaux. Il reçut le 1er Prix de la jeune peinture, soit une somme de cent mille francs, en plus d’un séjour à Paris où il put découvrir le monde occidental et voir la peinture de Matisse, Derain, Cézanne, Braque, etc. dans les musées de Paris.

Les sujets traités par Ammar Farhat concernent le monde rural et le monde urbain, la vie dans la Médina de Tunis et dans le Tunis opposé, à caractère occidental. En 1949, il voyage à Paris et découvre la peinture de l’Ecole de Paris ; en 1952, il part pour Rome où il s’ouvre sur l’art de la Renaissance et l’art grec. Il voyage avec Zoubeïr Turki en 1957, en Suède. En 1960, il visite Tachkent (ex-URSS).

En 1983, il reçoit le Prix national des œuvres plastiques. Une maison de la culture porte aujourd'hui son nom dans sa ville natale de Béja.

Passionné de musique arabe, Ammar Farhat a dessiné les portraits des musiciens de son époque tel Abdelhay Helmi. Il a également été un admirateur de la musique classique acquérant des disques Beethoven et de Mozart.

Ezzedine Madani écrit sur lui: «L’homme était grand, aux épaules larges, aux traits sculptés,… Quand il marche, il a l’allure des prolétaires, comme s’il portrait le fardeau du monde. Pour cela, son dos s’est courbé légèrement. Quand il est assis au café avec ses amis, vous le prendriez pour Giacometti. Silencieux, exagérément silencieux, on dirait qu’il tient absolument à ce silence. Sa main monumentale qui a trituré la pâte dans sa prime jeunesse pour confectionner le pain, son poing puissant qui a boxé lors de rencontres sportives (Farhat a fait une petite carrière de boxeur et a été docker au port), aujourd’hui il vous serre la main chaleureusement, avec de brèves paroles, et un léger sourire, et beaucoup de sérénité… Ainsi est l’homme et l’artiste que j’ai côtoyé longtemps», (1978) Ammar Farhat par Ezzedine Madani et Sophie El Golli.

Source

http://natureculture.org/wiki/images/4/44/Ammar_Farhat_.jpg

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