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Amina Srarfi

Amina Srarfi

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Amina Srarfi(أمينة صرارفي), née en 1958 à Tunis, est une musicienne et leader d'un ensemble musical féminin tunisien. Elle fait partie de ces femmes qui luttent pour conquérir leur espace et explorer de nouveaux chemins avec force, avec patience et passion. Grâce à son amour pour la musique que lui a transmis son père Kaddour Srarfi, illustre compositeur et violoniste.

Amina créa la première troupe musicale et de chants issus du Patrimoine tunisien, constitué uniquement de femmes ; C'est la naissance de "El Azifet".


Biographie et évolution musicale

On raconte qu'elle est tombée dans la musique quand elle était petite en écoutant son père, virtuose au violon, chef d'orchestre et compositeur de musique classique arabe. Le maestro Kaddour Srarfi (1913-1977) a laissé derrière lui pas moins de 250 oeuvres musicales. Il était une figure emblématique de la scène musicale arabe et fut considéré unanimement comme l'un des piliers du mouvement musical tunisien au cours des années 1940 et jusqu'à la fin des années 1970 en contribuant à la réussite du parcours artistique de célébrités féminines dont Oulaya, Naâma et Chefia Rochdi. Il avait également composé des oeuvres de plusieurs poètes dont Ali Douagi, Hédi Laabidi et Ridha Khouini. Il a également travaillé en Algérie dans la direction musicale du théâtre arabe et collabore avec la radio algérienne ainsi que dans la pédagogie musicale et dirigé la troupe de la radio en Libye.

Chanteuse à ses débuts, Amina Srarfi est diplômée de musique arabeen 1979, titulaire par la suite du premier prix de violon et d'un DEUG enmusicologie. Elle a également suivi des stages de direction d'orchestre à Paris. Srarfi fait ses débuts professionnels dans l'enseignement pendant 10 ans. Puis, en 1988, elle se décide à créer et à diriger la première école privée de musique à qui elle donne le nom de son père : Conservatoire Kaddour Srarfi de musique et de danse.

Membre depuis 1982 de l'Orchestre symphonique de Tunis, sa fille Amina dirige la chorale d'enfants de l'Établissement de la radiodiffusion-télévision tunisienne et s'illustre dans la production d'émissions radiophoniques (RTCI) et télévisées.

En 1984, lors du Festival de la médina, elle est élue meilleure chanteuse pour la sauvegarde du patrimoine. Un an plus tard, elle clot (en tant que chanteuse) le Festival international de Carthage sous la baguette d'Abdelhamid Ben Algia et chante à l'Olympia de Paris.

En 1992, elle défie l'hégémonie masculine de La Rachidia et de la radio nationale en créant le premier orchestre féminin de musique savante « El'Azifet » qu'elle dirige elle-même, ce qui représente une première dans le paysage musical arabe. Elle travaille avec son mari, Fayçal Karoui, conseiller artistique de la troupe et compositeur polyvalent qui, par son écriture et sa nouvelle vision de la musique, l'aide à réactualiser le répertoire classique arabe et à créer un répertoire propre à son orchestre. Elle est décorée en 1993 du titre d'officier puis, en 2001, du titre de commandeur du Mérite culturel.

Lors de la Journée nationale de la femme, le 13 août 2001, elle est décorée officier au titre de la République.

En 1997, elle est élue présidente de la commission « musique » au Conseil international des femmes. La même année, elle organise à Tunis et en collaboration avec l'Union nationale de la femme tunisienne un méga-spectacle intitulé « Musique au féminin en Méditerranée », qui réunit 14 orchestres venus du bassin méditerranéen et dont la plupart se sont constitués pour l'occasion.

En octobre 2004, son nom figure dans le manuel scolaire de langue française des écoles américaines sous l'intitulé « Portrait de la femme moderne active dans la société tunisienne ».

Elle mène son orchestre sur les scènes les plus prestigieuses du monde et remporte un succès fou : Paris (Institut du Monde Arabe), MadridRome (Auditorium), Londres (Académie royale de musique), Le Caire (Opéra), Washington (musée des femmes), New York (siège de l'ONU), Stockholm (salle du Prix Nobel), Hanovre (Expo 2000), Vienne), Alger, Istanbul, Pékin et Dalian (République populaire deChine), la Tunisie (Festival international de Carthage et d'Hammamet), le Danemark, la Jordanie (Festival de Jerash), la Palestine, le Qatar, Oman, le Japon et la Corée du Sud (Théâtre national de Séoul).

Amina Srarfi et sa troupe Al Azifet ont donné le 16 août 2010 un spectacle musical intitulé ‘‘Valse Orientale’’, un spectacle musical, aux jardins du Musée Kheireddine, dans le cadre du 28e Festival de la Médina de Tunis (16 août-6 septembre 2010). De quoi s’agit-il? Réponse de Amina Srarfi: «C’est à partir de l’émission que j’anime sur RTCI sur les musiques arabes et tunisiennes que j’ai eu l’idée d’orchestrer cette variété. Il s’agit d’un bouquet de valses concoctées à partir des musiques orientales, reprises et arrangées par Al Azifet, et c'est une première dans mon registre».

Elle déclare : la situation de notre musique aujourd’hui. Elle est des plus mauvaises. Le responsable? “La recherche de la facilité”, affirme Amine en tendant un doigt accusateur à la télévision tunisienne, mais celle de nos frères arabes, qui s’impose dans notre paysage, mondialisé, par un produit commercial de bas étage. “On ne s’adresse plus à notre sensibilité formée par une écoute musicale patiente et de qualité, mais l’on se contente de chercher une réactivité au premier degré. On fait beaucoup de bruits, on soigne l’image, on mise sur le rythme ... mais cela ne suffit pas à faire une bonne musique”. Pour l’ancienne enseignante de musique, la solution réside dans une révision profonde de notre système d'éducation artistique. Il faut fixer les manuels, unifier les méthodes, favoriser la pratique musicale, que ce soit celle du chant, ou du jeu instrumental. “Il faut arrêter cette aberration qui consiste à faire ingurgiter de la théorie musicale à nos ados au risque de leur faire détester la musique. Il faut privilégier l’écoute de la bonne musique, encore et encore. C’est la voie royale à la création d’une culture et d’une sensibilité musicales. L’effort doit être porté sur la création d’un fonds musical pour les tout petits, à commencer par ceux ayant trois ans d’âge et qui doivent être pris en charge par des maîtresses diposant d’une formation musicale minimum.” La bonne musique, cela ne fait aucun doute pour Amina Srarfi. C’est celle des deux décennies ayant suivi l’Indépendance. Il y avait alors un respect pour la culture, pour l’effort et pour la qualité. On ne fabriquait pas cetteépoque-là des artistes en l’espace d’une émission télévisuelle. “Revenons à nos maîtres”, conseille-t-elle. Nos maîtres? Khemaïes Tarnène, Mohamed TrikiAli RiahiHédi Jouini et Salah El Mehdi.


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