Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
LNO

LNO

Menu
Abdeslam Ben Mchich Alami

Abdeslam Ben Mchich Alami

Les Alami sont issus d'une famille notable de la dynastie Idrisside (qui descendent en ligne directe du Prophète Sidna Mohamed, Al Hassan), et nous viennent de jabal al Alam où se trouve le mausolée d'un des plus grands saint du Maroc : Abdeslam Ben Mchich Alami. Ce dernier fut l'un des plus grands précurseurs du du soufisme (arabe : تصوف [taṣawūf]) et son nom est inévitablement associé à l'Université Al Quaraouiyine de Fès.

Cette famille est issue de la lignée de Ali Haïdara fils de Muhammad ben Idris, fils aîné de Idriss II. Le premier à quitter Fès pour le pays Jbala est le prince Ahmed Mezouar, son tombeau est encore visible dans le nid d'aigle de Hajarat Chorfa.

C'est sur la demande des Beni Arouss voisins que Mezouar à envoyer son fils Sellam honorer par sa qualité de Cherif et par ses vertus cette tribu. Il s'installa près de Majmoula où il fut plus tard inhumé et laissa comme descendants Aïssa (enterré à Bouâmer), père de Horma (enterré à Imjazliyin), père de Ali (enterré à Oued Khmis Beni Aross), père d'Abou Bakr (enterré à Aïn Hadid) ancêtre de tous les Alamiyin.

Il eut sept fils:

  • Ali: Ancêtre des Akhrif, Zerrouq.
  • Younès: Ancêtre des Ben Rahmoun, Ben Raïssoun, Mouedden, Mrassou.
  • Ahmed: Ancêtre des Qasri.
  • Mohamed, dit Melha: Père des Haddad.
  • Mchich: Père de trois enfants mâles qui laissèrent chacun de nombreux descendants:
  • Yamlah: Ancêtre des Ouazzani, Ben Yaâcoub, Lehyani.
  • Moussa: Ancêtre des Harraq, Chefchaouni, Hawwat.

Installé aux quatre coins du Maroc, notamment à Fès et Tétouan, les Alami ont enfanté d'illustres personnalités à travers des siècles:

  • Mohamed Ben Tayyeb Alami, brillant littérateur et poète auteur de plusieurs ouvrages, né à Fès, mort au Caire en 1134/1721 sur sa route de pèlerinage aux lieux Saints.
  • Abdeslam Alami (mort 1313/1895), médecin, astronome et mathématicien à Fès.
  • Sidi Kaddour Alami, soufi et poète du Malhoun de grande renommée dans la cité ismaélienne (Meknès). Il était mieux connu sous le nom religieux sidi Abdelkadek El Alami (né en 1742 à Meknès- décédé en 1850). Il figure parmi les plus grands poètes et grands juristes marocains. Il est élevé au rang de saint. Il a aussi bien chanté la femme, les plaisirs de la vie, il a écrit de célèbres louanges à Dieu...Il est même devenu très tôt un « soufi » qui a marqué son temps et le Roi Sidi Abderrahman ne manquait aucune occasion pour prendre son avis sur des questions de religion ou de la société marocaine.

Moulay Abdeslam Ben Mchich

Abdeslam Ben Mchich Alami (عبد السلام بن مشيش العلمي) est un saint soufi (1163 - 1228 soit 559-626 de l'Hégire).

Originaire de Jbel La'lam dans la région de Béni Arouss au sud de Tanger.

Du xiie siècle jusqu'au xiiie siècle, il se retira à jbel La'lam où est situé actuellement son mausolée. Il fut aussi l'initiateur de Abou Hassan al-Chadhili au soufisme.

Moulay Abdeslam ben Mchich Alami est de descendance Idrisside (descendant de Al Hassan). De la fin du XIIIe siècle jusqu'au début du XIVe siècle, le saint homme se retira à jabal La'lam où est situé actuellement ce mausolée.

Adulés par les tribus du Pays de Jebala et du Habt pour la stature de leurs ancêtres leur mysticisme, leur science et leur esprit du Jihad (notamment avec les Beni Rachid, fondateurs de Chefchaouen et les Beni Raïssoun, héroïque à la bataille de Oued El Makhazine).

Honorés par les sultans qui les exemptèrent des redevances habituellement imposéesaux tribus, les Alami furent invités depuis le règne Saadien Ahmed al-Mansur Saadi à percevoir une fois l'an, sur une durée d'un mois, les dons attribués à leur ancêtre Idris II. Ils continuèrent leur belle ascension sous le règne des Alaouites qui les dotèrent de plusieurs égards monarchiques: Dahirs de Respect et de Considération, généreuses offrandes au sanctuaire Moulay Abdeslam Ben Mchich, attesation de sacralité du Horm Alami.

C'est pendant la période décadente des Almohade, qu'Ibn Abu al-Taouâjin (gouverneur du sultan Yahya al-Mutasim) s'était proclamé prophète et vit en Abdeslam Ben Mchich Alami un ennemi. Dans son activisme il représentait un sérieux obstacle à ses projets.

Selon Ibn Zâkûr: « La raison qui a fait d'Ibn Abu al-Taouâjin l'ennemi du pôle est qu'il a imaginé à travers sa sorcellerie et sa fausse prophétie que celui qui le tuerait est un saint. Il pensa donc à Sidi Abdeslam car il n'y avait en son temps et en cette contrée personne qui soit qualifié de saint, comme lui, d'autant plus que la distance entre eux était courte... ».

Il fut assassiné un peu au dessus de la source où il avait l'habitude de faire ses ablutions. La région de Tanger était une zone où le christianisme amazigh est resté longtemps actif. Dans cet acte d’assassinat nous retrouvons l’acte de réminiscence des enseignements chrétiens à savoir l’antéchrist.

Moulay Abdeslam était perçu comme étant la personnification de l’antéchrist qu’il fallait tuer. Abu al-Taouâjin s’était sans doute vu investi par une mission de sauveur ou le retour du sauveur qui devrait tuer l’antéchrist et faire régner la paix. Abu al-Taouâjin n’est pas le seul prophète amazighe, il y en avait eu d’autres avant lui.

Sa voie est suivie par des adeptes du monde entier. Ses percepts et enseignements ont formé les bases de plusieurs écoles ou voies du soufisme et, de nos jours, ses disciples continuent de diffuser les principes de son enseignement.

Il méditait, priait et moura au sommet de la belle montagne d’où il avait l’oeil «veillant» sur toute la région. Une fête annuelle est célébrée à son hommage par musique et danse soufies, fantaisia et, bien sûr, par la prière. Au début de chaque juillet de chaque année les chorfas Alamiyine commencent à célébrer le moussem de ce saint connu pour être le sultan des Jbalas, le protecteur de la vallée.

Abd al Salam Ibn Mashish et L'histoire de la confrérie Qadiriyya Bûtchichiyya

Bibliographie

  • Ibn Mashish: Maître d'al-Shadili de Zakia Zouanat Editeur:Najah El Jadida, 1998.
  • T. Burckhardt, "The Prayer of Ibn Mashish (As-Salat al-Mashishiyah)", traduction et commentaire du seul texte subsistant d'Abd as-Salam ibn Mashish: la Prière sur le Prophète, Islamic Quarterly, London, 1978, vol. 20-21-22, n°3, pp. 68-75
  • Encyclopedia of Religion and Ethics, Part 20, p.722
  • J. Jouin, "Un poème de Si Kaddour el 'Alami", in Hesp. 46 (1959), p. 87-103.
  • Eugène Aubin, Morocco of To-day, 1906, p. 274
  • Abdelmajid Fennich, Dari ya dari (Maison, O Ma maison) raconte la vie de Sidi El Alami, 2003.
  • Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord, des origines à 1830, édition originale 1931, réédition Payot, Paris, 1994
  • Chafik T. Benchekroun, Les Idrissides (L'histoire contre son histoire), Mémoire de Master I, Université de Toulouse, septembre 2010.