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Abdellah Taïa : écrivain marocain

Abdellah Taïa : écrivain marocain

J'appartiens à une famille pauvre, sans moyens, si ce n'est peut-être des moyens intellectuels, en tout cas l'envie d'avoir des moyens intellectuels. Je n'avais pas fait mes études dans les écoles ou les lycées français qui sont réservés aux gens riches. Je venais de l'école publique où le français qu'on nous enseigne n'est pas suffisamment bon. J'étais incapable d'écrire correctement ou bien de développer une idée.

Abdellah Taïa, (né à Salé en 1973) est un écrivain marocain de langue française qui vit et travaille en France depuis 1999 en préparant à la Sorbonne une thèse de doctorat sur le peintre Jean Honoré Fragonard. L'intellectuel marocain a également enseigné en 2004 dans une université de New York. Il est le reflet d'un jeune de notre époque, en recherche d'équilibre entre la tradition marocaine, la culture et la modernité européenne. Son père littéraire est feu Mohamed Choukri qui écrivait en langue arabe sur le sexe, avec crudité, franchise et précision. Abdellah brave avec la même ferveur les hypocrisies, avec une rare intelligence, et surtout pleine de sentiments...Cet écrivain de talent a déjà publié quatre ouvrages aux Éditions du Seuil. Son plus grand succès, le roman Le Rouge du tarbouche, s’est vendu à plus de 10. 000 exemplaires au Maroc, ce qui relève de l’exploit pour une œuvre en français ! Abdellah Taïa apparaît à travers son oeuvre comme un ardent défenseur de la liberté et de la dignité humaine. Mais l’homosexualité déclarée du jeune écrivain créée un malaise jusque dans les cercles de lettrés les plus érudits du royaume chérifien. 

Dans une lettre publiée à sa famille dans le magasine Telquel, ce marocain du monde explique ouvertement ses choix affectifs, alors que la question de l'homosexualité est à contre courant et tabou dans une société marocaine parfois très rétrograde.

Il est en 2010, l'un des écrivains, les plus vendus au Maroc après le Saint-Coran !

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Quand le quotidien marocain extrémiste et homophobe Al Massae lançait un appel au meurtre contre l'écrivain !

Al Massae, un quotidien dirigé par un extrémiste marocain déclare qu'Abdellah Taïa; "il faudra le brûler !". Dans l’une de ses chroniques quotidiennes, le directeur de la publication, l'éditeur populiste marocain Rachid Nini , va même jusqu'à inciter au lynchage du jeune écrivain, accusant au passage l’Etat de “complicité” et traitant plus généralement les gays d’êtres anormaux, qu’il ne faudrait surtout pas “exhiber” en public. Telquel dira de l'homme des média qu'il est un redoutable islamiste parce que, comme les barbus, il propage une pensée rétrograde qui exclut les homosexuels et dénonce les féministes. Rappelons aussi dans le même registre, que le 23 novembre 2008, Al Massae publiait dans ses colonnes à la Une un reportage décrivant la fête comme un mariage gay. L'article était illustré d'une photo représentant un homme travesti en femme. Le même jour, à l'issue de la prière, une manifestation haineuse était organisée dans les rues de Ksar el-Kebir (ville pourtant réputée pour ses artistes, écrivains, poètes), qui assistent à des beuglements de slogans religieux, harangues homophobes étaient à l'ordre du jour...Trois jours plus tard, six des joyeux fêtards étaient inculpés par la justice pour prétendue "homosexualité".

Depuis cette affaire, Rachid Nini a écopé en première instance d'une lourde peine infligée par la justice marocaine(amende de 540 000 €) pour avoir divagué et diffamé un procureur du roi qu'il n'a pas nommé de Ksar el-Kebir en l'accusant de faire partie d'un réseau gay...ce qui a conduit les quatre procureurs de la petite ville à porter plainte contre le délinquant. Rachid Niny, qui a fait appel à la décision de justice a finalement joué au subterfuge pour obtenir le soutien de la profession "Au nom de la liberté d'expression".

La religion ou tout archaïsme politique ou gouvernementale stoppe le développement humain que ce soit au Maroc ou dans quelque pays que ce soit. La religion est une affaire privée et de conviction personnelle. Chacun doit rester libre. Le Maroc a choisi de sacraliser et de légitimer un pouvoir sur base d'un argument d'autorité ce qui pose problème à toute une société.

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Critique

Talentueux nouvelliste qui poursuit sa quête d'identité, sexuelle et poétique, entre ses souvenirs de Salé et ses rencontres parisiennes, entre des hommages à Jean Genet, Abelfattah Kilito et Paul Bowles et des expériences de solitude et d'amitié sensuelle. 

Avec son dernier titre,  Le jour du Roi, Abdellah Taïa est nominé pour  le Prix Renaudot 2010 et le Prix de Flore 2010. Ce livre évoque les tabous de la société marocaine avec un style très personnel.

"Mon père était chaouch (coursier) à la Bibiothèque nationale de Rabat. Nous étions neuf enfants et vivions entassés dans deux pièces à Hay Salam, un quartier pauvre de Salé", a confié Abdellah Taïa dans un entretien à l'AFP.

"Mon enfance était marquée par la pauvreté. Il n'y avait rien à manger. Il fallait lutter pour manger. On passait nos journées dans la rue. On était des va-nu-pieds", a-t-il ajouté.

"Ma condition d'homosexuel, je l'ai sentie dès l'âge de 13 ans, au collège. Mais malgré cela, je me sens musulman. Il n'y a pas d'incompatibilité entre l'islam et les choix relatifs à l'identité sexuelle", dit-il.

 

Œuvres 

  • Mon Maroc, récit, Séguier, 2000.
  • Le rouge du tarbouche, roman, Séguier, 2004.
  • L'armée du salut, roman, Seuil, 2006.
  • Maroc 1900-1960, un certain regard, avec Frédéric Mitterrand, Actes Sud, 2007.
  • Une mélancolie arabe, roman, Seuil, 2008.
  • Lettres à un jeune Marocain, recueil de lettres, Seuil, 2009.
  • Le Jour du Roi, roman, Seuil, 2010.

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L'écrivain Abdellah Taïa interviewé par Laure Adler en janvier 2010 dans l'émission Tropismes (France Ô), à l'occasion de la parution de "Lettres à un jeune Marocain" (Éditions du Seuil).

Voir aussi

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