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Aperçu sur les musiques pratiquées en République populaire de Chine

Aperçu sur les musiques pratiquées en République populaire de Chine

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On ne saurait confondre la musique chinoise avec la musique japonaise, coréenne, mongole ou vietnamienne. Mais en les considérants toutes dans leur ensemble, on pourra relever un certain nombre de traits particuliers dans les domaines de la mélodie, du mode...

Du point de vue géographique, l'Extrême-Orient, pris dans son sens restrictif, désigne l'ensemble des pays d'Asie orientale (Chine, Japon, Corée, Mongolie). En général, ce terme couvre toutes les régions précitées et le Sud-Est asiatique : Birmanie, Thaïlande, Laos, Cambodge, Vietnam, Malaisie, Indonésie et Philippines. Du point de vue musical, on groupe ici sous ce titre les pays de l'Asie orientale et le Vietnam, dont la musique, plus proche de celle des pays de civilisation chinoise, est nettement différente de celle des pays du Sud-Est asiatique. Dans les cinq pays en effet, on rencontre un grand nombre d'instruments semblables, une même échelle pentatonique de base dans la musique de tradition savante, la même importance de l'élément mélodique, de grandes analogies dans la terminologie musicale et des relations étroites dans l'histoire de leurs musiques. Bien entendu, chaque pays a une musique propre et on ne saurait confondre la musique chinoise avec la musique japonaise, coréenne, mongole ou vietnamienne.

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La musique chinoise est aussi ancienne que la civilisation chinoise elle-même. Parmi les instruments de musique retrouvés dans les sites remontant à la dynastie Shang (1766 av. J.-C. à 1122 av. J.-C. environ) figurent des carillons en pierre, des cloches en bronze, des flûtes de Pan et des sheng.

En Chine ancienne, le statut social des musiciens était moins élevé que celui des peintres, étant donné le culte de la chose écrite caractéristique de la culture chinoise. La théorie musicale n'était pas très développée pour cette raison, bien que chaque empereur ou presque ait sérieusement étudié la musique. Des officiers étaient envoyés collecter la musique populaire pour mesurer l'humeur du peuple. Un des classiques confucéens, le Classique des Poèmes, contenait un grand nombre de chansons populaires datant de 800 à 300 avant Jésus-Christ.

Sous la dynastie Zhou (XIIe siècle-256 av. J.-C. environ), la musique fait partie des quatre matières que les fils de nobles et de princes doivent étudier. Bien qu'une grande partie du répertoire soit aujourd'hui perdue, certaines pièces de musique chinoise rituelle (yayue) ont été préservées sous la forme de manuscrits.

Sous la dynastie Qin (221-207 av. J.-C.), la musique est dénoncée comme un passe-temps stérile ; presque tous les ouvrages, instruments et partitions sont détruits. Après cette régression, la musique chinoise connaît une renaissance sous la dynastie Han (206 av. J.-C.-220 apr. J.-C.) : un ministère spécial est par exemple créé pour l'organisation de la musique de cérémonie. Pendant le règne de Mingdi (58-75 apr. J.-C.), le palais Han compte 3 orchestres comprenant plus de 800 exécutants : un orchestre pour les cérémonies religieuses ; un autre pour l'accompagnement musical des concours de tir à l'arc royaux et un troisième pour les banquets royaux et le harem.

Après la période instable des Six Dynasties (220-589), la dynastie Tang (618-907) porte à son apogée la musique chinoise profane (suyue). L'empereur Taizong dispose de 10 orchestres différents, dont 8 sont composés de membres de différentes tribus étrangères ; tous les musiciens et danseurs royaux portent le costume de leur région d'origine. La cour impériale dispose également d'un important orchestre de près de 1 400 musiciens pour les concerts en plein air. Certains morceaux de musique tang ont survécu dans la musique japonaise de cour (gagaku).

Parmi les nombreux genres de la musique chinoise, l'opéra chinois est une forme de musique de théâtre. Si, à l'origine, ces opéras s'inspirent d'anciens récits épiques comportant des éléments surnaturels, aujourd’hui les intrigues glorifient souvent des héros de la révolution communiste ou de grands événements de l'histoire récente de la Chine populaire.

La première forme entièrement développée de l'opéra chinois, appelée art dramatique du Nord ou beiqu (pei ch'ü), apparaît pendant la dynastie Yuan (1279-1368). L'art dramatique du Sud, également appelé xiwen (hsi wen), se développe et connaît pour sa part une importante évolution stylistique sous les dynasties Ming (1368-1644) puis Qing (1644-1911).

La variété d'opéra appelée opéra de Pékin, jingxi (ching hsi), est surtout connue dans l'ouest de la Chine. Elle s’est développée au cours du XIXe siècle et offre la synthèse de formes anciennes provenant de différentes provinces. La musique chinoise moderne a émergé au XIXe siècle, avec l'apparition des premiers enregistrements sonores et l'avènement de stars de la musique, notamment à Shanghai, où le jazz a fait son apparition dans les années 1930.

Pendant la première moitié du XXe siècle, la musique chinoise est considérablement influencée par la musique occidentale. Trois écoles principales se développent sous cette influence : la première a pour objectif de faire revivre les anciens orchestres de mille instruments, qui avaient ravi les anciens princes et sages, et de résister à l'influence de la musique occidentale ; la seconde école est presque exclusivement orientée vers la musique occidentale, tandis que la dernière entend renouer avec la culture musicale traditionnelle de la Chine, mais n'hésite pas à l'appliquer aux techniques de composition et d'interprétation occidentales. Cette dernière tendance continue de se développer à travers les œuvres de compositeurs chinois modernes, vivant à l'étranger, en particulier Isang Yun (Allemagne), Julian Yu (Australie), Bright Sheng et Tan Dun (États-Unis).

Au cours des années 1950, la musique chinoise est influencée par la musique occidentale à un point inconnu jusque-là. Le régime communiste chinois, établi en 1949, accorde notamment une prééminence à la musique russe. Dans la Chine contemporaine, des structures existent pour la formation des musiciens dans les styles chinois et occidentaux. De nombreux orchestres symphoniques et ensembles instrumentaux de style chinois ont été créés et de nombreuses chorales existent dans les grandes villes, dans les universités et dans les usines. Les instruments chinois et occidentaux sont fabriqués industriellement et utilisés dans les écoles et conservatoires subventionnés par l'État dans l'ensemble du pays.

L'avènement de la République populaire de Chine en 1949 a profondément influencé la création musicale, particulièrement pendant la période de la révolution culturelle, dans les années 70, où la musique fut dédiée aux impératifs de propagande politiques. Les opéras révolutionnaires mis en scène durant cette période, ont comme leur nom l'indique, opérés une fusion originale entre une tradition historique et les nouvelles orientations politiques.

On doit garder à l'esprit que dans le reste du monde chinois, notamment à Hong-Kong et Taïwan, d'autres stars pop sont apparues dès les années 1960, et plus récemment, comme la chanteuse Wang Fei.

La musique folklorique des différentes nationalités (minorités) chinoises s'est également mêlé à la pop et l'on retrouve parmi les grands succès, des chanteuses comme Han Hong (韓紅), de nationalité Tibétaine, ou Tang Geer (腾格尔) de nationalité Mongole interprétant dans la langue nationale des airs traditionnels ou d'inspiration traditionnelle.

Après la mort de Mao Zedong en 1976 et la politique d'ouverture opérée par Deng Xiaoping, la Chine s'ouvre librement aux influences occidentales, et la musique prend rapidement le pas en voyant les premiers groupes de rock chinois, puis de punk apparaître, avec sa figure de proue Cui Jian.

Plus récemment, d'autres genres se sont popularisés, pop, mais aussi techno et dub, incarnés par l'artiste Wang Lei. Par ailleurs, certains interprètes de musique classique occidentale chinois commencent à imposer leurs noms.

"Qum tara" revisité par l'orchestre symphonique de Chine: une musique à faire tomber les frontières !

"Qum tara" un air algérien écrite sur le rythme mezmoum est revisité par le grand orchestre symphonique de Chine. Un chef d'oeuvre à faire tomber les frontières ! Cette chanson était chanté jadis par ces anciens chanteur Algériens comme Reinette l'Oranaise, ou Lili Bonichecheb Mami ...Ecoutons cette fois l'adaptation de l'orchestre symphonique de Chine...

China National Traditional Orchestra

Sous direction de CHEN Xieyang, solistes WEI Yuru zhongruan, JIN Yue erhu, WU Yuxia pipa, WANG Ciheng dizi

Créé à Beijing en 1960 par le célèbre compositeur LI Huanzhi, il s’agit du plus grand orchestre traditionnel de Chine. Composé d’un choeur et d’un ensemble d’instruments traditionnels chinois, l’orchestre est aujourd’hui dirigé par CHEN Xieyang.

Son répertoire offre un bel aperçu de la musique traditionnelle chinoise tout en puisant ses influences dans la musique chinoise contemporaine, la musique classique occidentale et d’autres musiques du monde. Depuis sa création, l’orchestre a été invité à jouer aux quatre coins du monde.

Musique tibétaine

La musique pratiquée au Tibet reflète le goût de l'héritage culturel de la région transhimalayenne, dont le centre est le Tibet, mais aussi de tous les groupes ethniques tibétains disséminés en Inde, au Bhoutan, au Népal et ailleurs dans le monde. La musique tibétaine est avant tout une musique sacrée, ce qui montre la profonde influence du chamanisme, du bön et du bouddhisme tibétain dans la culture du pays. Cette musique n'a été rendue accessible (et en danger) qu'à partir de l'annexion chinoise de 1959 ; elle se décline en plusieurs genres. Elle fait désormais aussi partie de la musique régionale chinoise.

Rap chinois

Comme en France, la musique hip-hop est arrivée en Chine au début des années 80, se propageant à partir de Taïwan jusqu'au continent via Hong Kong. La culture pop prit son essor en Chine à la fin des années 90, sous l’influence d’un facteur que des journalistes pékinois ont appelé « Korean wave » ou « Korea fever » (韓流 Han Liu). Le rap se développa alors d’abord à Shanghai, et grâce à un autre Américain, Dana Burton, arrivé là en 1999, où il se fit connaître dans des clubs.

Finalement, en 2001, il lança la compétition annuelle « Iron Mic » qui encouragea beaucoup de jeunes à se lancer dans le mouvement et à créer leur propre style. Une autre initiative qui fit beaucoup pour promouvoir le rap fut « The Lab », une sorte de studio gratuit ouvert à tout le monde, tous les jours de la semaine, et qui, le week-end, organise des performances de graffiti, des démonstrations de DJ et de chanteurs. La culture hip-hop reste confidentielle en Chine, mais depuis les années 2000 on observe de plus en plus de groupe qui enregistrent et qui commencent à exister sur la scène chinoise. Après le copier-coller des débuts on peut entendre des morceaux originaux voici quelques exemples. Alors qu'il puise son essence dans le besoin de protestation, le rap a pris une forme atypique en Chine : un courant musical très consensuel. Il s'apparente également à un art de la rime très traditionnel, le Kuaiban ((快板) : il s’agit d'une récitation modulée, rythmée par des claquettes en bambou tenues dans les deux mains, et qui se rattache à la tradition du 曲艺 qǔyì, art éminemment populaire qui inclut dialogues comiques et récits chantés, dans les dialectes locaux. Le « kuaiban » consiste en général en de courtes histoires, souvent drôles, jouant sur les mots, dont le récit, chanté sur un rythme qui peut varier, implique un jeu d’acteur qui le rapproche du théâtre populaire.

Nordine le rappeur chinois musulman de Roubaix

 

 Bibligraphie

  • Jones, Steven. "The East Is Red... And White"". 2000. In Broughton, Simon and Ellingham, Mark with McConnachie, James and Duane, Orla (Ed.), World Music, Vol. 2: Latin & North America, Caribbean, India, Asia and Pacific, pp. 34–43. Rough Guides Ltd, Penguin Books. ISBN 1858286360.
  • Lee, Joanna. "Cantopop and Protest Singers". 2000. In Broughton, Simon and Ellingham, Mark with McConnachie, James and Duane, Orla (Ed.), World Music, Vol. 2: Latin & North America, Caribbean, India, Asia and Pacific, pp. 49–59. Rough Guides Ltd, Penguin Books. ISBN 1858286360.
  • Lee Yuan-Yuan and Shen, Sinyan. Chinese Musical Instruments (Chinese Music Monograph Series). 1999. Chinese Music Society of North America Press. ISBN 1-880464039.
  • Rees, Helen with Zingrong, Zhang and Wei, Li. "Sounds of the Frontiers". 2000. In Broughton, Simon and Ellingham, Mark with McConnachie, James and Duane, Orla (Ed.), World Music, Vol. 2: Latin & North America, Caribbean, India, Asia and Pacific, pp 44–48. Rough Guides Ltd, Penguin Books. ISBN 1858286360.
  • Shen, Sinyan. Chinese Music in the 20th Century (Chinese Music Monograph Series). 2001. Chinese Music Society of North America Press. ISBN 1880464047.
  • Trewin, Mark. "Raising the Roof". 2000. In Broughton, Simon and Ellingham, Mark with McConnachie, James and Duane, Orla (Ed.), World Music, Vol. 2: Latin & North America, Caribbean, India, Asia and Pacific, pp. 254–61. Rough Guides Ltd, Penguin Books. ISBN 185828636025.

      http://www.bbc.co.uk/essex/content/images/2008/09/23/chill_out_china_352_352x470.jpg

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