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Moussem : Jil Jilala & Ghiwaniyat Orchestra à Bruxelles, le 19/11/09

Moussem : Jil Jilala & Ghiwaniyat Orchestra à Bruxelles, le 19/11/09

Fondé à Marrakech en 1972,  le groupe Jil Jilala ( جيل جيلالة) s'est inspiré des mélodies et des rythmes du folklore marocain, mais avec des paroles des textes qui restent d'actualité. Le groupe ne tardera pas à se forger une renommée dans le monde de la musique.  Qui ne se souvient pas du concert des 4 jeunes dans le vent organnisé le 7 octobre 1972, où ils donnèrent leur première scène devant plus de 2000 spectateurs ou devant le public de l'Olympia de Paris, trois mois plus tard.

Il faut situer le groupe dans un contexte historique dans l'histoire du soufisme marocain : "Jil Jilala signifiant "génération Jilala" provient d'une importante confrérie qu'on appelle Jilala. Toujours actuellement cette dernière demeure la confrérie marocaine soufie la plus mystérieuse et la moins connue, car elle a été peu explorée par les ethnomusicologues, mais surtout par le manque d'enregistrements sonores  produits contrairement à d'autres confréries comme les Issawa ou les Hamadcha dont des enregistrements ont été effectué par les coloniaux français au Maroc.

Qui sont-il d'abord ? Les Jilala se produisent par petites structures musicales  qui comptent au plus cinq individus et accordent une place essentielle au chant, à l'instrumentation proche de celle des musiques bédouines  gasba et bendir que le public aura l'occasion d'observer sur la scène de l'auditorium du Palais des Beaux-art ce 19 novembre 2009. La Tarika Jilalia, voie spirituelle répandue dans le monde musulman fut fondée au 12ème siècle par le marabout sidi Moulay Abdelkhader Jilali en Irak considéré parmi les plus éminents théologiens de la voie soufie. Les centres se rattachant à son école sont connus par les musulmans en Occident sous la dénomination Kadiria. Aujourd'hui encore, on distingue deux groupes en fonction du sexe des musiciens qui pratiquent cette musique : Les Jilala et Jilaliyates (les femmes Jilaliyates et les hommes Jilala).  Ces hommes et femmes sont donc ne génération  ("Jil Jilala signifiant "génération Jilala") qui s'inspirent des objectifs de cette confrérie à travers leur art musical. En effet, au Maroc, dans les temps dit de "décadence morale", les confréries soufies jouaient leur rôle de reprendre les choses en main pour réguler la société marocaine.

 

Moulay Abdelaziz Tahiri et Abderrahim Amrani Marrakchi, deux maîtres de la musique sprituelle marocaine

 


A l'origine de la troupe : Moulay Abdelaziz Tahiri et Mohammed Derham, qui se sont largement inspiré des objectifs de la confrérie à travers la musique. La jeunesse marocaine était à l'époque des deux compère abreuvée par le répertoire des musique égyptiennes, européennes, américaines... La question se posait alors pour eux de connaître les raisons pour lesquelles l'identité marocaine,  et ce y compris les aspect de la civilisation et culture, était absente des ondes de la radiotélédiffusion au Maroc. Monsieur Tahiri expliquera à la presse :  Tant que la chanson marocaine vit dans une telle situation, elle ne peut prétendre s’exporter. La qualité des paroles, la composition musicale, ne permettent pas encore à notre chanson de toucher un plus large public arabe. J’aspire donc à une nouvelle époque dans la marche de la chanson marocaine, à de nouvelles œuvres reflétant notre génie créateur, la richesse et la diversité de notre patrimoine culturel.


À l'origine cette formation se cantonne dans un répertoire musical inspiré de musique à rythmique gnawa ou de musique folk. Dans les années 80, le groupe prend un nouveau virage musical, en ajoutant aux instruments de musique traditionnels, des instruments de musique à cuivre ce qui modernisa la musique traditionnelle marocaine comme ce fut le cas par exemple dans le répertoire du Raï algérien à l'époque de Messaoud Bellemou. Les musiciens  du groupe s'intéresseront à l'arrivée de deux genres musicaux nouveaux qui ont bousculé le paysage musical africain : le Reggae et le Raï.

 

Dans le projet Ghiwaniyat Orchestra des musiciens de diverses disciplines rendent hommage au mouvement ghiwaniya. Malheureusesement, contrairement à ce que fut les générations des années 1970, et 80, la communauté marocaine de Belgique ne participe plus  depuis longtemps aux luttes sociales et à celles des quartiers ou des écoles du pays. Beaucoup sont fixés sur les tapis des mosquées ou pire encore sur les chaises des salons de thé comme l'Avenida ou Las Olas à Bruxelles. Ce qui intéresse plus aujourd'hui les clients de ces lieux, c'est le cours du dirhams et les prix du mètre carré à Tanger ou à Casa. Des groupes comme Djurjura, Nass El Ghiwane, ou Jil Jilala se produisaient régulièrement en Belgique, en Hollande et en France. L'occasion peut-être de refaire revivre les nostalgiques !


Auteur : Mario Scolas


Dates : Jeudi 19.11.2009 - 20:15

Lieu : Palais des Beaux-Arts / Salle M (Plans de salles)

Accès : Rue Ravenstein

Prix : € 15,00

19:00 Les voix des années 70 au Maroc - Introduction par Moulim El Aroussi, Abid Bahri et Moulay Taher (Jil Jilala) - Modérateur : Ahmed Oubari Dans le cadre de: Moussem Festival.


 

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