Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
LNO

LNO

Menu
Un survol de la musique en Mauritanie...

Un survol de la musique en Mauritanie...

Il n'y a évidemment pas une musique mauritanienne, car comme pour le reste de la culture, celle-ci est spécifique à chacune des communautés qui composent la population. Bien sûr, on associera plus facilement musique mauritanienne et musique maure traditionnelle, l'imaginaire voguant vers le désert et ses nomades. La musique est pourtant tout aussi présente dans les communautés Peul, Wolof et Soninké. Parmi les jeunes générations, c'est bien sûr le rap qui recueille le plus grand nombre de suffrages...Alors que les musiques du monde atteignent les rivages de la Mauritanie, certains musiciens s'inquiètent de l'avenir de la musique traditionnelle mauritanienne (source). La musique produite dans ce pays a  été inspirée par le Maghreb et l'Afrique noire. La musique traditionnelle mauritanienne puise son inspiration dans les chants guerriers et festifs nomades. On peut y retrouver les thèmes de la religion, de la bravoure des guerriers et autres poèmes ancestraux. Ces musiques peuvent exprimer différents sentiments, raconter des histoires et légendes locales ou religieuses. Vous aurez l'occasion d'écouter ces musiques dans les lieux touristiques et culturels (musées, centre culturel français, restaurants, hôtels...) mais aussi lors de festivités ou durant votre voyage dans le pays. La musique traditionnelle est chantée en différentes langues: l'arabe, le hassania, le poular, le soninké et le wolof.

 

La Mauritanie, (en arabe Mūrītāniyā) est un  pays saharien et sahélien d'Afrique de l'Ouest. Sa capitale est Nouakchott.  Sur sa façade occidentale par l'océan Atlantique, bordée au nord-ouest par le Sahara-Occidental, au nord par l'Algérie, à l'est et au sud-est par le Mali et au sud-ouest par le Sénégal. Pays par excellence des Maures, dont elle tire son nom, la Mauritanie, un état créé par le colonisateur français en 1902, est une terre de contact, un « pont » entre l'Afrique noire et le Maghreb. 99% des habitants de la Mauritanie sont des musulmans sunnites. La musique de par la position géographique de la Mauritanie, est un mélange de culture maure (arabo-berbère) et noire-africaine. Les contextes historiques du brassage culturel sur la religion ont offert à la culture mauritanienne des millions de poètes et une source d'unité entre Maures et Noirs africains. Au confin des des convergences de plusieurs civilisations, les empires (du Mali, du Ghana, des Almoravides, etc.) qui se sont succédé, ont fait de la Mauritanie une terre d'échanges fertiles et de brassage ethnique et culturel aussi riches que variés.Les villes historiques sont : Chinguetti, Ouadane, Tichitt et Oualata, classées par l'UNESCO au patrimoine mondial de l'humanité, sont l'une des expressions visibles de ce patrimoine et de la diversité qui ont marqué l'histoire de la Mauritanie. Le but du programme est de cataloguer, nommer, et conserver les sites dits culturels ou naturels d'importance pour l'héritage commun de l'humanité. Sous certaines conditions, les sites répertoriés peuvent obtenir des fonds de l'organisation World Heritage Fund. Le programme fut fondé avec la Convention Concernant la Protection de l'Héritage Culturel et Naturel Mondial, qui fut adoptée à la conférence générale de l'UNESCO le 16 novembre 1972. 186 États membres ont ratifié la convention (avril 2009).

 

Transmission de la musique

Dans la société maure, la poésie et la musique sont sans doute les arts les plus développés. La transmission de l'oralité de la musique revient sans doutes à la caste des griots iggawin. Dimi Mint Abba dont le père, chanteur très réputé est l’auteur de l’hymne national, fait partie de cette caste. Très tôt, elle apprend la danse et les percussions. Sa mère se charge de lui enseigner la pratique de l’ardin. Cette sorte de harpe dont la base en peau tendue sert aussi de percussion est en effet réservée aux femmes tandis que les hommes se consacrent au luth tidinit à quatre cordes.

 

Les langues du pays

Les langues parlées sont le hassaniyya (dialecte arabe) le pulaar, le soninké, le wolof et le bambara. Cependant, la langue la plus répandue est  le hassaniya qui est parlé dans presque toutes les grandes villes mauritaniennes et dans le Nord  de la Mauritanie. Le hassaniyya fait partie des dialectes arabes nomades ou ruraux, que l’on distingue des dialectes citadins ou urbains ; les deux types se distinguent par divers traits phonétiques et morphologiques. Le hassaniyya partage des points communs avec les dialectes bédouins du Moyen-Orient mais aussi avec ceux du Maghreb. Dans les grandes villes telles que Nouakchott et Nouadhibou, la deuxième langue de communication après le hassaniya est le wolof dont la population est pourtant minoritaire, très loin derrière les Poulaars et les Soninkés. Le français est utilisé dans l’administration et dans les écoles. Parfois, elle sert de langue commune entre les différentes composantes de la société mauritanienne.
Les universités du désert (universités traditionnelles) et ses bibliothèques où dorment depuis des siècles plusieurs milliers de manuscrits inédits témoignent de la richesse et de l'originalité du patrimoine culturel mauritanien.


Les principaux instruments de musique
  • Le balafon est une sorte de xylophone entièrement fait de bois. Il comporte entre 18 et 26 lames de différentes tailles, ce qui produit différents sons. Il se joue avec une paire de baguettes.
  • Le djembé, est un instrument de percussion. Le corps de l'instrument, fait de divers bois, peut avoir différentes tailles et formes. La partie supérieure, sur laquelle on tape, est composée de cuir (chèvre, chameau...). Ces instruments populaires sont nombreux en Mauritanie.
  • La kora est un instrument se situant entre la guitare et la harpe. Il est composé de différentes cordes entre 10 et 30 reliées à une caisse de résonance en forme de demi-sphère et à un axe en bois. Son équivalent chez les femmes maures sappelle "ardine". Les griots maures utilisent un autre instrument à corde appelé "tidinite". "La harpe est, nous l'avons vu, l'instrument des femmes. Sa caisse (a) est une calebasse hémisphérique "Barka chantait; la figure à présent dévoilée, elle mimait sa propre chanson, sa propre passion, précipitant, sur l'ardine posé entre ses genoux, sur le tidinit dont Souidate pinçait les cordes, un îlot de petites notes aux rythmes compliqués. Ses mains, ses bracelets, son chapelet, les tresses de ses cheveux, ses voiles entraient en dans. Musique de rythme et non de mélodie. Barka n'était plus que rythme. Assise cependant, elle était plus dansante qu'une feuille dans le vent". ("Pieds nus à travers la Mauritanie", PUIGAUDEAU Odette, p.88). Odette du Puigaudeau a écrit huit livres, de nombreux articles et un traité sur le peuple maure. Son travail ethnographique, scientifique et littéraire est un hommage aux peuples du Sahara occidental.
  • Le "tbel" : grand tam tam.

Il faut savoir qu'en Mauritanie seul les griots ont le droit de chanter ou de jouer d'un instrument dans un spectacle.

 

Les inquiétudes : Musique du monde, comme produit de consommation

Les artistes mauritaniens mettent en garde contre le fait que la mondialisation et l'exposition aux cultures et aux musiques étrangères contribuent à l'érosion de la musique traditionnelle de leur pays. Ils qualifient cette menace "d'invasion musicale de l'Orient et de l'Occident". La plupart des jeunes ne portent plus grand intérêt à la musique locale. Ils lui préfèrent les rythmes occidentaux et orientaux. "Ils disent que c'est plus branché", constatent avec amertume les artistes mauritaniens."Aujourd'hui, la majorité des jeunes mauritaniens n'écoutent plus notre musique traditionnelle", affirme Mohamad Ould Ankimish. "Ils estiment qu'elle ne correspond plus au style de vie actuel." Ces inquiétudes quant au manque d'intérêt pour la musique traditionnelle du pays ont poussé par exemple l'artiste Iman Ould Aali, avec un groupe de musiciens et d'amateurs de sa musique, à fonder une association qui s'attache à faire connaître aux jeunes générations l'environnement musical de la musique traditionnelle et de la pratique de ses instruments. Le Projet de sauvegarde et de valorisation du patrimoine culturel mauritanien est un projet expérimental financé par la Banque mondiale. Son responsable, El Hacen ould Hacen, est originaire du sud-ouest du pays. Sociologue et professeur de littérature française, et passionné de  musique maure. Après avoir passé seize ans dans la diplomatie (à Paris pendant 6 ans, puis à Rabat, Alger et Tunis), il est retourné dans son pays pour se consacrer uniquement au patrimoine culturel du pays.

 

38149 125755897467323 100000987408926 126642 4381040 n

Focus sur Noura Mint Seymaly : Mauritanie

 

ewlade

Ewlade Leblade, rap made in Mauritania 

 

Musique traditionnelle mauritanienne