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Les Cheikhat du Maroc, au Festival d’Ile de France 2009 le 4/09

Les Cheikhat du Maroc, au Festival d’Ile de France 2009 le 4/09



Dans le cadre du Festival d'Ile de France, qui se tiendra à Paris et en région francilienne du 4 septembre au 11 octobre 2009, le week-end d'ouverture proposera 2 soirées au Trianon (Paris) et 1 journée au Château de Villarceaux, en faisant la part belle aux Cheikhat du Maroc et à Ces femmes qui font la fête.



Des femmes libres, sans hommes, divorcées ou veuves. Elles chantent de leurs voix androgynes, tendues, rugueuses, puissantes. On les appelle « cheikhat », singulier « cheikha », masculin « cheikh ». Mais un cheikh est avant tout un maître, un sage, tandis qu'une cheikha est suspectée de mœurs légères et de transgressions en tous genres... A l'occasion des soirées « Cheikhat du Maroc » organisées au Trianon, à Paris, par le Festival d'Ile-de-France, coup de projecteur sur ces artistes adulées en tant que stars, mais méprisées en tant qu'individus.

Héritières des poétesses rurales du Moyen Atlas, Hadda Ouakki et Cherifa sont filles de bergers berbères. Toutes deux ont manifesté une passion pour la musique dès la petite enfance. Leurs familles ont tout fait pour les empêcher de persévérer, y compris les flanquer d'un époux alors qu'elles étaient à peine adolescentes. Rien n'y a fait, toutes deux ont divorcé à la première occasion pour pouvoir exercer leur talent. Hadda Ouakki : « Ça ne m'intéressait pas d'avoir des enfants, une famille, je voulais être chanteuse. A l'époque, c'était un métier infamant pour une femme mariée, maintenant un peu moins. Je n'aurais jamais pu devenir cheikha si je n'avais pas divorcé. Ma famille s'y est opposée, mais quand j'ai eu du succès, la réconciliation a été plus facile. Pourtant, jamais je ne chanterai dans mon village, j'aurais trop honte.»


Vendredi 4 septembre à 20h30 :
Les Poétesses Berbères du Moyen-Atlas
Hadda Ouakki
Naciri Hadda Ou Akki, chant ; Zahraoui Abdellah, chant et percussion ; Chnani Hamid, Loutar ; Halouani Moulay, violon ; Mourad Abdelhakim, percussion ; Lachgar Malika, danse et chorale ; Ferhati Hadda, danse et chorale ; Adarouch Aicha, danse et chorale
Cheikha Cherifa
Raho El Moussaoui, bendir ; Abderrahim Agour, bendir ; Aziz Aarim, lotar

Dans pratiquement toutes les civilisations, la femme est le pilier de la famille et des traditions, le principal transmetteur de la culture du quotidien. Dans la tradition marocaine, elle occupe une place prépondérante malgré les interprétations restrictives pour ses droits dans les écrits religieux. C'est ainsi que son combat pour exister dans la société est très souvent passé par la musique au prix des pires préjugés, les chanteuses ayant longtemps été considérées par les hommes comme des femmes aux mœurs légères.

Malgré les injures, ces femmes ont réussi à imposer leur talent et à s'octroyer le droit de porter le titre de Cheikha (titre traditionnellement réservé aux hommes pour leurs connaissances religieuses, scientifiques ou artistiques). En dépassant le cercle intimiste du foyer, ces musiciennes ont pris en main les fêtes de villages, les mariages et les cabarets, portant sur la place publique une parole devenue indispensable au bon équilibre de la communauté.

La première escale dans cette rencontre des caractères féminins de la musique marocaine se fera au coeur de la région du Moyen Atlas. Blotties dans de petits villages disséminés au gré des reliefs, les populations berbères du Maroc ont développé une culture remarquable par sa puissance et sa beauté. Née en 1953, Hadda Ouakki porte haut les couleurs de la chanson amazigh depuis les années 60. Longtemps, elle restera l'une des seules chanteuses berbères à dépasser les frontières de sa région pour s'imposer dans son pays et à l'étranger. Elle s'inscrit dans cette tradition musicale qui mêle quotidien et poésie, mélodies virevoltantes et rythmes soutenus, chants rauques et envolées suraiguës. Comme pratiquement toutes ses semblables, elle a fait ses armes dans les fêtes de son village, non loin de la capitale berbère Khénifra. En 1969, elle se fait remarquer grâce à son duo avec le célèbre chanteur Bennasser Oukhouya. Elle n'a plus jamais cessé de chanter depuis lors. Aujourd'hui, elle se produit en concert accompagnée du violoniste Abdellah Zehraoui, de deux percussionnistes et surtout de l'indispensable choeur de femmes rythmant sa musique grâce à leurs chants et leurs danses.

Cheikha Cherifa fait partie de cette génération de chanteuses inspirées par l'exemple d'Hadda Ouakki. Comme la plupart des jeunes filles marocaines de la région, elle ne mettra jamais les pieds à l'école. C'est en gardant les bêtes qu'elle commence la pratique du chant. Découverte par le plus grand chanteur du Moyen Atlas, Mohamed Rouicha, au début des années 80, elle restera l'une de ses choristes durant plus de quinze ans. Ce n'est que vers la fin des années 90 qu'elle commence véritablement à se forger une stature de cheikha. Une dimension définitivement prise avec la sortie de son album Berber Blues sur le label Long Distance en 2000. Comme ses aînées, elle chante le « tamawayt », cette poésie des campagnes donnant une large place au quotidien. Cherifa est accompagnée par Aziz Aarimau lotar, luth aux sonorités envoûtantes, soutenue par deux bendirs, percussions emblématiques de cette région marocaine, et, bien sûr, toujours suivi par son essentiel choeur de femmes.


Samedi 5 septembre à 20h30 :
L'Aïta, du Souss à Casa
Les Femmes de Taroudant (Roudaniates)
Jmia El Hemmaz, chorale et Nakouss ; Jmia Ezzerrary, chant et Bendir ; Jemia Ait Chaf, chant et percussions ; Aicha Ahnouch, chorale et percussions ; Milouda Ejbabdi, chorale et percussions ; Aicha Ouchdir, chorale et percussions
Cheikha Hafida et l'Ensemble Ouled Ben Aguida
Hafida Haouane, chant ; Bouchaïb Benchlih, violon ; Miloud Elhilali, luth (oud) ; Boujema Benchlih, derbouka (percussion) ; Essedyla Zguida, chorale ; Regragui Minitfa, bendir (percussion) ; Elmostafa Houkaki, bendir (percussion)

La deuxième escale de ce voyage auprès des cheikhat marocaines se fera aux pieds des contreforts sud du Haut Atlas, dans la vallée du Souss, plus précisément dans la ville de Taroudant. Ce centre économique, construit grâce aux influences successives des traditions berbères puis arabes, est un haut lieu de culture. Parmi les nombreuses formes musicales souvent réservées aux hommes, s'épanouissant derrière ses remparts rouges, les groupes de femmes appelés « abat » (venant de verbe « labat », jouer) font office de puissantes exceptions.

Le groupe des Roudaniates, constitué de femmes de la tribu des « Houariyat », interprète des chants soufis issus des rituels liés à l'Islam. S'accompagnant de petites percussions ou de claquements de mains, elles font revivre le dhirk, le souvenir du prophète Mahomet, en relevant graduellement l'intensité de leur musique pour permettre aux danseurs et aux autres participants d'atteindre l'état de transe. Extrêmement importantes dans la vie quotidienne, les Roudaniates chantent devant les tombeaux des saints de l'Islam pour le bien de la communauté, animent les mariages et assument même le rôle de pleureuses lors des enterrements. Aujourd'hui devenues professionnelles, les Roudaniates parcourent le monde afin de partager leur musique qui, au-delà de son importante fonction sociale, fait briller la sublime intensité des chants mystiques musulmans.
Les Roudaniates portent un foulard, Cheikha Hafida aussi. Plus par tradition, disent-elles, que par conviction religieuse. Sans doute aussi pour faire taire les mauvaises langues. Tel n'est pas le cas de Hadda Ouakki et de Cheikha Cherifa, qui continuent à résister, cheveux noués ou – audace suprême – lâchés sur les épaules. Il est vrai qu'elles ont vécu en milieu berbère rural, où les femmes participent, avec les hommes, aux travaux des champs et aux danses collectives. Mais la position de Hadda Ouakki n'est pas si simple à déchiffrer : « Tant que je chante, que je me maquille, que je porte des bijoux, je ne peux pas mettre de foulard, ça ne va pas ensemble. Mais si un jour j'arrêtais de chanter, je me couvrirais la tête... » Nombreuses sont les cheikhat qui font le pèlerinage à La Mecque et rêvent d'un retour à la religion, plus tard, après le chant. C'est seulement à ce prix qu'elles pourront élever leurs enfants sans les livrer à la honte et à l'opprobre.

Cheikha Hafida, quant à elle, s'exprime à travers l'aïta (le cri, l'appel). Musique populaire par excellence, elle risque pourtant de disparaître du paysage culturel marocain. Art poétique et musical, accompagné de danses, qui prend de multiples formes selon les régions et lesmilieux sociaux, l'aïta plonge ses racines dans l'histoire du Maroc et de ses campagnes. La Cheikha et l'ensemble Ouled Ben Aguida font perdurer cette tradition. Né dans les années 70, le groupe Ouled Ben Aguida formé de trois frères, Bouchaïb au violon, Miloud au oud et Boujemaâ aux percussions, est aujourd'hui une véritable institution. C'est en 1977, avec la rencontre de Fatna Bent El Houcine, l'une des très grandes divas de l'aïta, que l'aventure commence véritablement pour eux. Ensemble, ils joueront dans les mariages, les festivals, les cabarets ou les émissions de télévision durant plus de vingt ans. Début 2000, Fatna Bent El Houcine arrête sa carrière. Elle disparaîtra à peine cinq ans plus tard. Heureusement, Cheikha Hafida qui tenait une place prépondérante dans le choeur était prête à prendre la relève pour que cette musique, patrimoine culturel exceptionnel, ne disparaisse pas. Arabophone, de la région de Safi, sur la côte atlantique. Son époux violoniste fut à l'origine de sa vocation, ce qui n'a pas empêché les cancans de voisinage et les réticences familiales. Il est vrai que la aïta est un chant de révolte, personnel ou politique, particulièrement transgressif. Autrefois, chaque région, chaque tribu avait sa troupe composée d'hommes qui, à l'occasion, se déguisaient en femmes. Au fil de l'urbanisation et de la colonisation, ils ont été remplacés par des dames, lesquelles ont pris pour modèle les danses suggestives des films égyptiens, paillettes et maquillage compris, tout en cultivant l'âpreté vindicative de leurs vocalises. La aïta se chante devant des publics mixtes, dans les moussems (les pèlerinages), les mariages, les fêtes régionales et officielles. Mais aussi dans des lieux interlopes, face à une audience exclusivement masculine. Et alors les dérives grivoises se font de plus en plus crues, humour et moqueries à l'appui.


AUTOUR DES CONCERTS
Visite : Les femmes de la fête
Projection/débat : Le Blues des sheikhates
Table ronde : Dieu et la femme
Bar du théâtre

INFOS PRATIQUES
Tarifs 1e catégorie : tarif plein 22 €
tarifs réduits 18 € et 16 €
Tarifs 2e catégorie : tarif plein 18 €
tarifs réduits 15€ et 13€
Informations et réservations : 01 58 71 01 01
En partenariat avec le festival Timitar (Maroc). Avec le soutien de l'Ambassade du Royaume du Maroc à Paris, de Royal Air Maroc et la Banque Chaabi du Maroc.

Ces femmes qui font la fête
le dimanche 6 septembre 2009 à 12h30 au Château de Villarceaux (Chaussy, 95) nous présentent des musiciennes, originaires des quatre coins du monde, symboles de liberté, de fête et de transmission culturelle.

Mercedes Peón, Galice / Cheikha Rabia, Algérie / Etelvina Maldonado, Colombie / Babi de Bistritsa, Bulgarie / Mazaher, Egypte / Nawal, Comores / Damadakà, Italie / Zalindê, France & Brésil / Chirine El Ansary, Egypte

Mercedes Peón
La chanteuse Mercedes Peón représente toute la force et la beauté de la musique galicienne. Cette région du nord de l'Espagne, minuscule bout de terre ouvert sur l'Atlantique, fait partie de la grande famille des régions et pays de culture celtique (Irlande, Ecosse, Bretagne...). C'est un lieu d'histoires, une enclave à part, riche de ses populations et de ses coutumes, le terreau parfait pour des musiciens créatifs et voyageurs. La jeune femme au crâne rasé fait partie de cette race. Elle a effectué un minutieux collectage des traditions d'Immense sur la Costa de la Muerte avant de se lancer dans leur modernisation, liant l'énergie brute de ses musiques aux sublimes envolées de sa voix. On retrouve dans sa mixture la très ancienne houe (sorte de cloche) et la gaïta (cornemuse galicienne), mais aussi les guitares électriques, samplers et autres instruments caractéristiques des musiques contemporaines. Depuis son premier album Isué sorti en 2000, la musicienne n'a cessé de revisiter les mélodies et les rythmes traditionnels de sa région avec fraîcheur et originalité. Son dernier opus Sihá est sorti en 2007.

Cheikha Rabia
Cheikha Rabia est une descendante des Meddehates, ces musiciennes qui parcouraient l'ouest algérien en donnant des concerts exclusivement réservés à un public féminin. Mais cette femme moderne, digne héritière de la grande prêtresse du raï Cheikha Rimiti, n'a pas attendu longtemps pour braver les interdits et s'imposer comme une figure importante de sa musique. La chanteuse algérienne née à Relizane, petit village non loin d'Oran, commence le chant à l'âge de quatorze ans. Elle apprend tous les répertoires, même ceux réservés aux hommes qu'elle travaille en cachette. Elle a à peine dix-huit ans lorsqu'elle obtient le titre de Cheikha. Après avoir habité Oran puis Alger, où elle a régné une quinzaine d'années sur les nuits des cabarets, la chanteuse décide de partir s'installer à Paris en 1977. En France, elle chante dans les bars et sur les scènes de la capitale jusqu'à son divorce qui la force à arrêter sa carrière pour s'occuper de ses enfants. La diva est de retour depuis la fin des années 90, continuant inlassablement à distiller son raï dans la plus pure tradition oranaise.

Etelvina Maldonado
Cette chanteuse née à Santa Ana en Colombie, il y a soixante-quatorze ans, est une des grandes spécialistes du bullerengue, musique percussive originaire de l'île de Barú dans la baie de Carthagène, et né dans les fêtes que les femmes enceintes, filles mères, concubines, veuves, divorcées, organisaient de leur côté. EtelvinaMaldonado est une petite grand-mère à l'apparence fragile,mais dotée d'un timbre de voix exceptionnel. Cette amie de Petrona Martínez a enregistré avec Paulino Salgado « Batata » et fait ses premiers pas dans le groupe de la musicienne Santos Valencia aux côtés de Totó La Momposina. Elle a formé son goût pour la musique avec ses parents, en parcourant les carnavals et les fêtes patronales, où se croisaient costumes chatoyants et tambours enfiévrés. Elle rêve de devenir chanteuse depuis toute petite, mais sa condition de femme dans une société corsetée par un machisme latent bloque ses velléités. Elle luttera toute sa vie, chantera en devenant mère, en devenant grand-mère, en étant quittée et même en lavant et repassant le linge des familles aisées de Carthagène. Sa persévérance paye et grâce à quelques rencontres bienvenues, elle participera à de nombreux projets et finira par sortir un premier album sous son nom en 2006.

Babi de Bistritsa
La subtilité et la perfection des voix féminines bulgares sont connues depuis des décennies. Avec les Babi (grand-mères) de Bistritsa, ce groupe de veilles femmes entonnant une diaphonie caractéristique de la région de Shoplouk, la fête devient l'un des éléments principaux du rituel d'initiation des jeunes femmes à la Saint Lazare. Chef d'oeuvre au patrimoine oral et immatériel de l'humanité de l'Unesco, ces chants et danses traditionnels, menacés de disparition par l'urbanisation croissante, portent en eux l'âme de la paysanne bulgare que les générations de femmes du village de Bistritsa ont su préserver. Ces rites de transmissions sont rythmés par une polyphonie, appelée shoppe, composée par l'izvikva (l'appel) et le bouchi krivo (le grondement) enrobé par un bourdon donnant cet effet de doublement des voix si impressionnant. Pour accompagner ces chants, les femmes, vêtues de costumes traditionnels, exécutent des séries de pas à la chaîne ou en ronde. Cette coutume, même si elle a évolué au cours du XXe siècle en devenant un spectacle scénique, est un superbe témoignage de l'importance des femmes dans la société traditionnelle bulgare.

Mazaher
La puissance et la richesse des traditions musicales égyptiennes ont longtemps influencé les musiques d'Afrique de l'Est et plus largement celles des pays du Golfe persique. Avec Mazaher, le rituel du zâr est à l'honneur. Cet ensemble, né en 2000, est l'un des tout derniers à faire perdurer cette cérémonie musicale de désenvoûtement dont on peut trouver des traces en Ethiopie, Soudan, Iran, Irak... Ce rituel guérisseur qui tire ses origines de l'Egypte antique donne une place prépondérante aux femmes. Réunies en cercles, les musiciennes et danseuses entonnent les différents répertoires, le zâr égyptien, le zâr abou el gheit et le zâr africain, aux rythmes des tambours, des psalmodiassions et de l'incontournable tamboura (lyre à cinq cordes). A l'image de la tarantelle italienne, ce rite pousse ses participantes vers une transe apportant apaisement et harmonie. Mené par la Cheikha UmSamah, qui tient son savoir de sa propre mère, Mazaher fait s'élever le zâr dans les salles de concert du monde entier afin d'éviter la disparition de cette coutume encore mal considérée dans la société égyptienne.

Nawal
Représentante d'une culture aux multiples facettes, Nawal chante et compose un folklore comorien moderne et pourtant toujours en prise avec ses traditions. L'archipel des Comores coincé entre le gigantesque continent africain et l'île de Madagascar a su se forger une forte identité culturelle et musicale. Irradiée par les rythmes d'Afrique, prenant sa source dans les harmonies indiennes et yéménites, bercée par les mélodies poétiques de l'ancien empire Perse et les sonorités arabes qui se sont imposées avec la religion musulmane, la musique des Comores est le résultat d'un sublime métissage que Nawal transcende. Parmi les nombreux musiciens qui représentent la musique de ses îles, elle est l'une des seules chanteuses à s'être produite au-delà de ses frontières. Après deux albums, « Aman » et « Kweli », et plusieurs tournées qui l'ont emmené autour du monde, la musicienne est, aujourd'hui, une très grande voix de son pays.

Damadaká
Le sud de l'Italie, contrée baignée dans le creuset culturel méditerranéen, a vu naître sur son sol de nombreuses musiques et danses aux origines anciennes. Ces coutumes païennes, paysannes, portées aujourd'hui par une multitude de jeunes formations, restent très vivement ancrées dans la culture italienne. Damadaká est l'un des ensembles qui fait perdurer ces traditions. Formé au début des années 90, après un minutieux travail de collectage auprès des anciens, le groupe a choisi de s'axer sur les traditions de la région de Naples : la Campanie. Devenus experts dans la bonne conduite de la tammurriata, danse rythmée par les larges tambours appelés tammorra et la scansion régulière des chanteurs, les membres de Damadaká font aussi résonner la tarantelle ou la pizzica. Ces danses rituelles, jugées démoniaques par l'Eglise, laissant le plus souvent la première place aux femmes, permettaient aux danseuses-victimes d'atteindre un état de transe ayant pour fonction d'éliminer de leurs veines, le venin de la tarentule qui les avaient piquées.

Zalindê
Le groupe Zalindê correspond particulièrement bien à la thématique de cette journée dédiée aux femmes maîtresses de cérémonies des festivités. Née à Paris en novembre 2002, cette batucada, orchestre de percussions brésiliennes rythmant les musiques et danses du carnaval, est la seule formation française uniquement composée de femmes. Elle est portée par la Française Chloé Deyme, qui a travaillé avec Marcelo Preto, le fondateur de « Barbatuques », Philippe Baden Powell ou encore Raul Mascarenhas, et la Brésilienne Roberta Rodrigues, « mestre de bateria », mais aussi choriste et percussionniste pour de nombreux artistes. Ne se limitant pas seulement aux traditions du pays de la samba, elles laissent libre cours à leurs envies en les mélangeant au funk, au hip-hop, au raï, au reggae et aux tourneries africaines ou caraïbes. Zalindê réunit une vingtaine de musiciennes issues d'horizons et d'origines divers dans un projet qui met en valeur métissage et diversité, où la fête et la danse sont le principal mot d'ordre.

Chirine El Ansary
La conteuse Chirine El Ansary est née en Egypte en 1971. Elle a grandi entre son pays natal et la France. Très tôt, elle se passionne pour le théâtre et se met à suivre les enseignements de l'Université américaine du Caire, de l'Ecole internationale de théâtre Jacques Lecoq de Paris et du Goldsmiths College de Londres. En parallèle de ses activités théâtrales, elle prend aussi des cours de danse. Ses années d'études terminées, la jeune femme commence une carrière de comédienne classique à laquelle elle mettra fin en 1996 pour se consacrer entièrement à sa passion pour les contes. Mêlant toutes les disciplines qu'elle affectionne et qu'elle maîtrise parfaitement, Chirine El Ansoury personnalise l'art du récit en couplant aux effets de sa voix ceux de son corps. Elle s'est fait connaître en adaptant les contes des 1001 nuits rendant ainsi hommage à lamère de toutes les diseuses d'histoires : la légendaire Shéhérazade. Un spectacle qui lui a permis de donner des représentations dans toutes les grandes capitales africaines et européennes.

AUTOUR DES CONCERTS
Table ronde : Dieu et la femme
Restauration

INFOS PRATIQUES
Tarif plein : 12 €
Tarifs réduits : 8 € et 6 €
Navette depuis Paris
Informations et réservations : 01 58 71 01 01 Avec le soutien de l'Ambassade de Colombie à Paris et de la Délégation Permanente de la République auprès de l'UNESCO.


Sources