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Fatéma Chahid, la poésie de langue française au Maroc

Fatéma Chahid, la poésie de langue française au Maroc


Fatéma Chahid (originaire de Taroudant) est une poète, écrivain, consultante en communication marocaine et une personnalité féminine de premier plan au niveau de l'art et de la culture au Maroc. Elle est Présidente de l'Association Marocaine de Solidarité et de Développement. L'AMSED œuvre dans le domaine du développement socio-économique par le biais de programmes d4auto-développement au profit des populations les plus démunies. Elle vit et travaille à Casablanca.


Née sous le ciel de Taroudant, Fatéma Chahid transporte cette ville ocre en elle, depuis toujours. Elle n'a que neuf ans quand elle s'essaie au «dur ciselage» des mots qu'elle tresse en vers. Sa première expérience poétique, raconte-t-elle, est née du choc reçu en découvrant Rabat la blanche, un matin, après une nuit de voyage. La nostalgie sous la langue, elle confie alors sa première impression: «J'ai pensé qu'on m'avait abandonnée dans une ville passée à l'eau de Javel.» Ce n'est cependant qu'en 1983, après ses études (une licence de lettres modernes et une licence de droit), qu'elle va à la rencontre du public en publiant son premier recueil, Imago. L'ouvrage est bien accueilli par la critique. Elle devient, au Maroc, la première femme poétesse à monter sur scène. Elle se souvient encore de l'émotion qui fut la sienne au moment de descendre de la scène, la toute première fois, pour rejoindre un public sous le charme de son verbe.

Songes des hautes terres, Le Nouvel Imago, Aïta Menna: d'un poème à l'autre, elle cisèle les mots pour transmettre, en l'éclairant, le sens de l'humain à ses lecteurs et à ceux qui viennent l'écouter réciter. Sa poésie tourne autour de la trilogie de la vie, de l'amour et de la mort. Elle revendique, profondément, ses origines berbères. Mais elle s'approprie aussi les autres apports, francophone et arabe, qui fondent son identité plurielle. Elle se dit aussi «femme et heureuse de l'être».

La poétesse s'est récemment lancée dans une nouvelle expérience en publiant un roman, La Forteresse. Il y est question de femmes qui vivent dans l'enfermement, mais qui vont s'en sortir: une façon de dire que le Maroc avance sur le front de l'égalité entre les hommes et les femmes, mais aussi qu'il reste encore du chemin à parcourir. Fatima Chahid aimerait que les responsables politiques du royaume se soucient un peu plus de culture. Que l'on développe au Maroc une politique de soutien à la création artistique et que les arts y soient enseignés dans les écoles, dès le cycle primaire. Pour que les jeunes Marocains ne soient pas seulement, demain, des «robots rentables». (source)


J'ai perdu ma seule fille à la naissance. Je n'ai jamais vu son visage ni entendu son cri premier. Je l'ai portée 9 mois, elle n'a vécu qu'un jour... Douloureux rapport mathématique. J'ai toujours été fortement interpelée par la condition, au Maroc, des petites filles issues de familles que le sort n'a pas particulièrement favorisées, qu'elles soient rurales ou citadines, mais plus sensible encore depuis que ma fille a effleuré la vie en un instant fugace puis s'en est allée... Elle vit dans chacune de ces petites filles, devenues encore plus miennes par le rêve que j'ai pour elles... (dossier : Rêve de femme).


Sa citation favorite :"Il faut toujours viser la lune, car, même en cas d'échec, on atterrit dans les étoiles..." Oscar Wilde


Elle a coopéré à la publication de Les Chants de la Tassaout (1989)

 

Cavalière du désert

 Cavalière du désert
Drapée d'or et de pourpre
Je galope à l'infini dans la nuit des tumultes
Tresses noires
Sur mes arpèges parfumés
 Désert bleu de Numidie
Ses racines pénètrent mon cœur
Et font fleurir mon sang
Une rose vermeille est mon emblème
 Sous le vitrail du ciel
Je fends la marée d'étoiles
Arche abyssale
Ouverte aux grands chants des offrandes
 Splendeur sauvage des dunes
Châteaux du silence
Pyramides endormies
Sous le souffle des dieux
 Un écho murmure des bribes de légendes
 Dans le sable muet
Les empruntes secrètes
Des gazelles d'antan
Féérie du mirage
 L'espace d'un éclair
Je vois s'ouvrir les porte du néant
Et sur l'horizon dévoilé des origines
Dans une fulgurance ultime
J'écris d'une main fébrile
Le Grand Poème de Babel

Voir aussi

Je suis l’insoumise
L’indomptable berbère
J’ai dans mes tresses jamais conquises
Pris tant de cœurs de haute mer
Je vais figure de proue
D’un riche vaisseau pirate
Jetant sur des mers écarlates
Mes rêves avortés mes souvenir jaloux
Ivre de liberté je fends l'air sauvage
Et de nul rivage ne veux être L’otage
Mon corps vierge et parfumé de myrrhe
S’offre à la seule caresse du vent
Et le soleil qui sur ma peau délire
Incruste d'or mes fibules d’argent.