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Le groupe Tagada et la pratique de l'aïta intemporelle

Le groupe Tagada et la pratique de l'aïta intemporelle

L'islam a su intégrer d'antiques cosmogonies du continent africain. Avec le groupe Tagada, on assiste au mariage musical du visible et de l'invisible, une excellente communication entre le monde des génies et celui des humains, à la fois rite de fécondité (chez les africains en général les enfants ont de tout temps été ce qu 'il y a de plus important. On souhaitait toujours aux gens d'en avoir beaucoup. Ils faisaient la fierté, l'honneur et la joie des parents surtout de la femme) et transe thérapeutique durant laquelle, on observe une désorientation, voire même une distorsion du temps et de l'espace qui favorisent de nouveaux apprentissages. Aujourd'hui encore, beaucoup de groupes s'inspirent de leurs compositions qui restent d'actualité.

 


 

Tagada est un ensemble marocain d'artistes de théâtre pratiquant les arts populaires, et est considéré comme l'un des groupes les plus appréciés de la scène nationale marocaine. Le groupe Tagada vient après Nass El Ghiwane et Jil Jilala et fut fondé en 1972. Les membre se sont engagés depuis sa création dans la perspective de la sauvegarde du patrimoine culturel et artistique marocain.  En effet, en l'espace d'une décennie à peine, le Maroc a été affligé par la disparition d'un grand nombre d'intellectuels, de créateurs et de penseurs. Tous ces créateurs et pointures musicales ont apporté une grande contribution à l'édifice culturel marocain, si riche et diversifié.


Le groupe Tagada tient là toute sa singularité comme Nass El Ghiwane sont influencés par le Malhoun, ce groupe l'est par la Aïta.


Ce qui fait la différence de ce groupe par rapport aux deux autres groupes mentionnés ci-dessus, c'est qu'ils pratiquent l'art de la Aïta dans toute sa richesse et diversité. Rappelons aussi qu'à l'origine, l'Aita est un appel de ralliement, qu'elle est en rapport avec les pleurs et les joies et qu'elle constitue, comme toute poésie digne de ce nom, un écho des joies et soucis vécues au quotidien et du destin des êtres humains et qu'à travers eux, c'est toute une mémoire collective des marocains. Les origines de cette musique de la plaine est un héritage des fêtes familiale et tribales  particulière aux tribus Abda, Doukkala et Chaouia. Le groupe Tagada se distingue  ainsi des autres formations musicales marocaines en choisissant l'aïta comme référence  musicale majeure, pour les  citer :  l'aïta dite "al haouzia" répandu dans les régions du Haouz de Marrakech, puisé dans le répertoire dit "Al Abdia" issu de la région de Safi également appelé "Al Hasba" et  s'est investi dans l'aïta dit "Al Jabalia" du Nord du pays. Tagada a également receuilli les rythmes et paroles  héritées de l'aïta de la région du Moyen Atlas ou encore  l'aïta dite "Al Marsawiya" apparaissant comme une sorte de blues des plaines côtières de la région de Casablanca et dominé à l'époque par les femmes. Il  était malheureusement associé au divertissement parfois "amoral", car les biens pensants l'assimilent à l'érotisme et à la sexualité. (voir aussi : Hajja Hamdaouia, l'étoile du «marsaoui»).

 

 



Dans ce groupe, il y a eu : Omar Dakhouchi, El Afli Mohamed, Mustapha Mounafîer, Khalid Fdeli, Dekhouche Ahmed Roudani qui ont laissé un répertoire conséquent de chansons.

 

 

 

 

chaabi tagada
envoyé par DJHANA


Leurs chansons parlent des choses de la vie. Leurs spectacles sont très souvent un plaisir pour l'œil et l'oreille.


lls adoptent un style proche des Nass el Ghiwane, mais n'ont pas obtenu le même succès en dehors des frontières marocaines. La pratique de la aïta est une coutume ancestrale qui conférait à des gens connus pour leur probité et leur modestie la faculté de décrire par le chant et la parole, la vie quotidienne, les problèmes et entraves de leurs semblables. Ces troubadours, transmettaient leur savoir oralement par l'entremise de la poésie, du chant et du jeu théâtral.  Il est fréquent de voir ce groupe chanter et à l'intérieur même de la chanson, y introduire une saynète théâtrale.


Tagada  a produit plusieurs chansons, pièces de théâtre et feuilletons pour  la télévision.


L'ensemble Tagada est connu également pour son talent dans le domaine de la chanson, et tient une place honorable au Maroc et à l'étranger. Ils ont participé à beaucoup de festivals en France, Belgique, Algérie, Tunisie.


Tagada a ainsi participé à plusieurs festivals de grande renommée comme le Festival International du Rythme en Inde(qui célèbre  la vie et ses valeurs éternelles à travers les formes culturelles, artistiques et spirituelles propres à ce pays), le Festival Ana aux USA, le Festival international de Malte, les Rencontres Culturelles du Golfe arabique, le Festival International de Carthage, le Festival International de Dakar, le Festival des musiques sacrées de FèsFestival De Saidia (2006),  Festival de Casablanca (2007), Casa Music entre autres.


Par son approche insolite, Tagada s'est inscrit dans un mouvement de réaction contre la chanson âsriya qui languissait dans d'interminables complaintes d'amour et ennuyait par son caractère relativement figé ; et s'attache à créer un ton en parfaite osmose avec les nouveaux textes. Les membres de Tagada sont particulièrement influencés par la musique de transe gnawa par leurs longs et hypnotiques motifs rythmiques et un chant incantatoire. Les compositions est un savant mélange de paroles religieuses profondément enracinées dans la tradition orale de l'Afrique subsaharienne. Il dépend étroitement de la culture et de la géographie physique du peuple qui l'a produit) et rappellent les mélodies improvisées du jazz et le blues afro-américains.


Parmi leur titres
ach kayn - teeq - sir koun hani - mezine ellama - kerri tebbate - fine lhbab - assalah - attarikh - a zine a hwani - chetaf anetaf - debab hamli ...


 

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