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Fouad Guessous : «le Melhoun marocain dans la langue de Molière»

Fouad Guessous : «le Melhoun marocain dans la langue de Molière»

saâd Hassani, 2004


"Les poètes du Melhoun sont d'origines variées, nombreux en effet sont les illettrés, d'autres étaient des érudits, voire des sultans. Cette diversité est d'ailleurs confirmée par la présence de poètes de confession musulmane comme de confession Juive, ce qui traduit la symbiose plusieurs fois séculaire d'un peuple dont l'identité est constituée de multiples affluents" ...Extrait de la préface de l'ouvrage "Anthologie de la poésie du Melhoun Marocain" de Fouad Guessous, Édition Publiday, 2008
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Né au début des années 40, Fouad Guessous a étudié le Droit et les Sciences politiques en France. Puis il s'est consacré à travailler dans le secteur bancaire. Cet homme érudit, écrivain, journaliste à ses heures, s'est pris d'une passion dévorante pour le Melhoun, il y a un peu moins de dix ans. Il s'est attelé avec ferveur à la traduction d'une centaine de Qaçaïd. Son objectif est double : d'une part, faire connaître ce pan du patrimoine marocain aux Marocains d'expression française et aux Francophones du Monde entier ; d'autre part, en restituant les mots, il rend ainsi un hommage littéraire et culturel aux grands Maîtres (Poètes et interprètes). Fouad Guessous ne s'est pas contenté de traduire. Il dirige une collection musicale dédiée entièrement au genre musical. Là, Fouad Guessous nous met ses mots à la bouche. Il se fait l'oriflamme avec conviction et ardeur de la cause du Melhoun. «Le Melhoun marocain dans la langue de Molière» est un monument littéraire constitué en 4 tomes écrit par un passionné du malhoun Fouad Guessous. Il nous fait découvrir un trésor de la poésie populaire de la culture du Maroc, qu'il met à la portée d'un lectorat peu averti en voulant lui communiquer toute la subtilité de ce qu'est cet art poético-musical en rendant toute la fierté du Melhoun, et surtout aux textes provenant d'illustres poètes parfois illettrés ou exerçant des professions artisanales, pour ne citer que Jilali Mthired (18ème siècle), qui est selon l'auteur de ces recueil, l'un des plus brillants poètes qui exerçait la profession de marchand de légumes et de fruits à Marrakech. D'autres poètes étaient bien entendu des savants, voire même des sultans comme Moulay Hafid qui a régné au Maroc de 1908 à 1912. A préciser que la traduction des poèmes composés par des chyoukhs connus et traduits par Fouad Guessous sont destinés à être lu et non à être chantés en français. Pour Fouad Guessous, les Langues sont des instruments de propagande au service de la Culture, de la Littérature, de la Poésie. Sonneck, Lévi-Provençal ou Dermenghem parmi d'autres ont travaillé sur ce patrimoine poétique et musical en leur temps. Mohamed El Fassi a fait rentrer le Melhoun par la grande Porte des Belles Lettres. Fouad Guessous veut lui aussi, faire rentrer le Melhoun par la petite porte de chacun d'entre nous.

Ce monument littéraire rend un vibrant hommage aux plus célèbres poètes marocains comme Sidi Kadour Alami et Thami Mdaghri. Le recueil comporte les traductions en langue française de poèmes anciens et incontournables dans les chants méditatifs marocains, devenus des maximes dans la culture orale de Fès.

 

Fouad Guessous nous fait  découvrir un trésor de la  poésie populaire de la culture du Maroc, qu'il met à la portée d'un lectorat peu averti en voulant lui communiquer toute la subtilité de ce qu'est cet art poético-musical. Monsieur Guessous rend toute la fierté du Melhoun, et surtout aux textes provenant d'illustres poètes parfois illettrés ou exerçant des professions artisanales, pour ne citer que Jilali Mthired (18ème siècle), qui est selon l'auteur de ces recueil, l'un des plus brillants poètes qui exerçait la profession de marchand de légumes et de fruits à Marrakech. D'autres poètes étaient bien entendu des savants, voire même des sultans comme Moulay Hafid qui a règné au Maroc de 1908 à 1912.

Qui ne connait pas la fameuse qasida Echamaa (bougie)  de Mohamed Cherif Ben Ali très connue au Maroc, puisque interprétée par la plus célèbre formation musicale du royaume chérifien, les Nass el Ghiwane. L'auteur se réjouit de l'effort entrepris par Mohamed El Fassi qui a fait entrer le Malhoun comme monument de la littérature par la grande porte de l'Académie du pays grâce à son ouvrage maalamat al melhoun, édition : Académie du Royaume du Maroc, 1997. Il s'agit d'un document d'une grande rareté et richesse car déjà épuisée. On y retrouve les principale et plus belles qaçaïd du malhoun marocain.

 

On y retrouve pour la première fois des poèmes brillament traduits en français.

 

Ce guide est un premier jalon pour une prise en charge sérieuse d'un domaine de recherche peu connu, sa lecture facilite  l'approche et l'investissement de cet espace poétique  

Coffret de quatre tomes disponibles à la librairie Carrefour des livres, Maârif. Casablanca.



Extrait

اتكلم محبوبي و قال لي سايغ الرماق
من طبع الغزلان الجفاء، كما قالوا ناس الدُّوق
اللي ما نهجر يا عشق بَاقي ما داق ليعت الهجر والتِّهان
كيف داقوا ناس الهوى العشَّاق.

Le sort des amants est la souffrance !
Comme l’ont dit les gens raffinés,
Est qui n’a point été abandonné,
Ne sait guère ce qu’est la bohème,
Comme la savourent ceux qui aimant

و تباتِ يا الشمعة بين أهل المال والموالي
و عليك كيصرفو الموال الطايقَ التقيلة
وتباتِ يا الشمعة ترتي فضريح كل وَالي
وتباتِ يا الشمعة بين العشاق و الغوالي
وعليك كيشاهد الخليل محاسن الخليلة

On te retrouve, oh ! Chandelle, dans les salons,
On pour y être il faut avoir du galon,
Et tu passes tes nuits à briller et scintiller
Dans les grands mausolées où les gens vent prier
Et on t’allume en hommage aux saints à toute heure,
L’amant, à ta lueur, scrute les splendeurs
De sa bien aimée qu’il prend pour le firmament.

لا تلوموني في دا الحال جيت نشهد وانودِّي
آ عدُولي فلمُوت سبابي خَالف وردة.

Ne vous lamentez donc pas, messieurs, sur mon sort,
Pour avoir enfreint une fleur, j'en suis mort !



 

Culture : Quand le Melhoun s'ouvre au monde par Mustapha Bourakkadi 


"Le Melhoun marocain dans la langue de Molière" existe en deux pochettes de 1 et 4 CD, soit au total 15 quasida chantées par orchestre et entrecoupées par lecture du texte français (lecture par l'auteur).