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Que peut raconter ce conteur de halqa anonyme ?

Que peut raconter ce conteur de halqa anonyme ?

Héritiers d'une longue tradition orale, les conteurs perpétuent cet art ancien du récit, pour le plus grand bonheur de leurs auditeurs, qu'ils soient marocains ou touristes. 

Les plus célèbres conteurs officient sur la place Jema El-Fna de Marrakech. Des histoires sans fin transportent l’assistance dans un monde plein d’aventures et de voyages. Un monde féerique où le Bien triomphe sur le Mal. Les auditeurs regroupés en cercle autour du conteur sont tellement absorbés par le déroulement des actions qu'ils en oublient le temps qui passe. On pouvait trouver ici et là, dans les villes du Maroc, un conteur, un faiseur de blagues et de devinettes, un amuseur qui réunissait autour de sa halqa toute la jeunesse de la ville, jour après jour, la surprenant à chaque fois par une nouvelle histoire, une autre devinette, une énième blague sans jamais épuiser ses ressources. Souvent inspirées des contes des mille et une nuits, les histoires se déroulaient en épisodes, narrés pendant plusieurs semaines ou même plusieurs mois. Le mot Halka provient de l'arabe et signifie théâtre en rond, qui était en effet un espace réservé aux musiciens, danseurs, conteurs. Le conteur de la halqa de Marrakech où des autres villes du Maroc était un personnage connu et tout à fait intégré dans la société de sa ville. Les contes et les conteurs font ici partie intégrante de la culture populaire marocaine. Ne dit-on pas que les contes ont été faits par et pour le peuple ? De fait, les contes sont longtemps restés anonymes, signifiant par là qu'ils appartiennent à toutes et à tous. Le conte peut comporter un aspect moral, d'autres sont chargés d'expliquer les merveilles et les horreurs du monde. Mais le conteur exerce aussi son art pour divertir et amuser son auditoire, avec des personnages grotesques ou pittoresques, des lieux imaginaires ou idéalisés. Tout est fait pour permettre à l'assistance de s'évader de la banalité du quotidien !

Certains conteurs ont vu leur notoriété dépasser les frontières de la ville et attiraient des "fans" de tout le Maroc. Le conteur avait son répertoire, et ses auditeurs étaient fidèles.

Bien que férocement concurrencée par les séries brésiliennes et autres sitcoms des chaînes paraboliques, l'institution de la halqa perdure et connaît même une renaissance inattendue, avec l'emergence de nouveaux talents.

Texte emprunté à Ali in  Curiosités marocaines, Les vieux métiers,

On en cite notamment la Halka, un groupement en cercle de gens autour d'un conteur, qui raconte une histoire en y mettant tous les ingrédients de la narration théâtralisée. La scène se passant sur une place publique (Jamâa Lafna à Marrakech par exemple) pour attirer plus de gens et donc gagner plus de pièces.

Il y a aussi Al Bsat qui est une sorte de Halqa mais avec plusieurs acteurs campant une histoire plutôt drôle, et donc destinée à faire rire, non sans un intérêt pédagogique.

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Abderahim Al Maqori- nommé « Al-Azaliah » d’après la légende éponyme- compte certainement parmi les conteurs les plus populaires de la Place. Dès son enfance, il commença à raconter. Cet art lui fut transmis par Al-Hussein, un des plus grands maîtres du Maroc, et sa grand-mère, une Bèrbère de Ourika...(source)

Quand je pense aux halqas des anciennes citées marocaine, je pense beaucoup à cet ancien afficionado des halqas qu'était Houcine Slaoui, le troubadour de Salé..

Il est très urgent de promouvoir et préserver la culture traditionnelle à travers l'organisation de manifestations, l'objectif est de mémoriser les oeuvres d'un certain nombre de maîtres conteurs et de préserver notamment la culture orale, qui est la singularité et le génie de la culture marocaine et pourquoi pas recréer régulièrement l'ambiance qui régnait dans les années 1960 et 70 aux différentes places où  l'on pratiquait cet art  littéraire?

http://natureculture.org/wiki/images/7/70/527px-Snake_charmers_from_Tangiers.jpg

Tancrède Dumas