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Patrimoine : quelque 6.000 poèmes de malhoun collectés

Patrimoine : quelque 6.000 poèmes de malhoun collectés

La naissance de ce patrimoine authentique est à chercher dans le Sud marocain, plus exactement dans la région du Tafilalet, à l’époque des Almohades, autour de l’année 1147. Mais il n’a commencé à se développer qu’à partir de l’ère des Saadiens, lorsque des artistes novateurs en ont examiné les mesures et l’on codifié en différents « Surûf », qui sont au Melhoun ce que les taf’ilât sont à la poésie classique.
On considère que le premier à s’être consacré à cet art fut le Cheikh Abdelaziz Maghraoui, qui a désigné le pied métrique sous le terme de « Dân », il est devenu le modèle suivi par les poètes marocains dans leurs compositions. Est apparu après lui le poète el-Masmûdi, qui a lui adopté le mot « Mîli » pour désigner le pied, ce terme ne voulait absolument rien dire mais est tout de même devenu lui aussi un modèle.
Le phare d’où brillait cet art de mille feux étant le Tafilalet, resté jusqu’à présent son berceau le plus prolifique, il n’en reste pas moins que bien d’autres villes ont excellé dans ce genre musical, et n’en sont pas moins devenues aussi importantes que le Tafilalet ; ce sont Marrakech, Meknès, Fès, Taroudant, Asfi (Safi), Salé et Rabat.

Les poètes, mounchidines, chioucks et hfada de la ville d'Essaouira on fait rayonner le malhoun et le préserver, à l'instar d'Essaid Ben Sghir qui a vécu sous le règne du Sultan Moulay Ismail, les poètes Moulay Mamoun al Alaloui, Ahmed Ben Sedick, Allal Ben Chiaa, un juif converti à l'islam, Yajour, Moulay lmaki, Hachoum, Mohammed Ben Said, Essaid Seddiki, Ahmed al Hadri, et des femmes, comme Fatima Koffa, une des grandes hfada du Malhoun, Halima Bent Lefki Saber, Brika Ben Ghazi...








L'Académie du Royaume du Maroc a pu collecter quelque 6.000 «
qçaïd» (poèmes) de l'art du malhoun appartenant à de grands poètes marocains
, a affirmé, vendredi à Fès, Abbas Jirari, membre de l'Académie. «Un comité élargi composé d'une cinquantaine de chercheurs dans le domaine du malhoun a été mis sur pied pour mener un travail scientifique de collecte, d'archivage et de réalisation d'œuvres du malhoun de grands maîtres ayant marqué par leur apport louable cet art ancestral», a ajouté le conseiller de Sa Majesté le Roi. Et cela lors d'une conférence organisée dans le cadre du 6ème festival de l'art du malhoun autour du thème «Le projet scientifique de l'Académie du Royaume dans le domaine du malhoun ».

Au terme d'un travail colossal d'archivage informatique de ces oeuvres, ce comité s'est attelé à répertorier les «qçaïd» collectées sous forme de recueils poétiques (diwanes), a-t-ilexpliqué, notant que plusieurs diwanes vont ainsi voir le jour, notamment ceux d' Abdelaziz Maghraoui, Alami, Lmtired, Cheikh Belkbir et bien d'autres.

Le diwane de l'éminent poète Abdelaziz Maghraoui est le premier d'une série de recueils poétiques qui seront publiés par l'académie, a-t-il fait savoir. Il a fait remarquer que la réalisation de ces recueils poétiques s'inscrit dans le cadre d'un projet plus large, celui de « l'encyclopédie du malhoun » laquelle sera enrichie par plusieurs études réalisées par des chercheurs marocains de différentes régions du Royaume.

Il a, par ailleurs, mis en relief la contribution des chioukhs, mounchidines et poètes marocains au rayonnement du malhoun, soulignant l'importance d'assurer la transmission de cet art sublime aux générations montantes. Il a appelé, dans ce sens, à ouvrir une branche consacrée à l'étude de l'art du malhoun au conservatoire de musique de Fès.

Abbas Jirari a souligné, d'autre part, qu'un effort doit être déployé dans le choix des poèmes à diffuser par les médias audiovisuels ou lors des festivals, l'objectif étant de permettre au public d'apprécier des œuvres appartenant à des poètes méconnus et traitant de thèmes différents les uns des autres. Le conseiller du Souverain a plaidé, dans ce cadre, pour la sauvegarde du patrimoine culturel marocain en général de manière scientifique, à travers notamment l'encouragement des recherches académiques dans ce domaine.

Les autres intervenants ont souligné, quant à eux, que la capitale spirituelle du Royaume, qui fête cette année le 1200-ème anniversaire de sa fondation, a été toujours un centre de réhabilitation et de préservation de ce patrimoine ancestral authentiquement marocain. Auparavant, une exposition de manuscrits, d'ouvrages et de biographies de grands poètes et maîtres du malhoun publiés par l'Académie du Royaume ainsi que des thèses réalisées par des étudiants chercheurs de l'université Sidi Mohammed Ben Abdellah a été organisée à cette occasion. La soirée inaugurale de ce festival, qui connaît la participation de nombreuses troupes artistiques nationales, a été marquée par la présentation d'un montage-documentaire inédit sur l'histoire de cet art sublime intitulé «Aswat Fès Al-Malhounia» (voix du Malhoun à Fès) de l'artiste et critique Abdelmajid Fennich.Initiée autour du thème «Les moyens de préservation du patrimoine marocain», cette édition connaît une programmation aussi riche que diversifiée, comprenant des conférences thématiques et des concerts de groupes de renom venant de différentes régions du Royaume.

 

Source : MAP

      

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