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Tarab

Tarab

"Certains sons (Aswât) font qu'on se réjouit, d'autres qu'on s'attriste, certains font dormir, d'autres font rire, certains excitent (itrâb) et suscitent dans les membres de mouvements de la main, du pied et de la tête, accordés à la mesure !" - Al-Ghazâlî

Il n'y a pas d'équivalent en français du terme tarab car ce concept exprime surtout l'état de l'âme du spectateur que l'artiste (le chanteur, le musicien ou le danseur)  provoque en lui.

C'est un état spirituel, un état d'extase et d'émotion qui ébranle l'âme de celui qui écoute. Le problème de la langue française c'est que dans ce cas précis, elle ne permet que d'exprimer le caractère de génie ou de talent qui se dégage du concept de tarab, alors que celui-ci intègre quelque chose de presque divin, une expression divine qui se matérialise dans l'artiste, qui vient l'habiter, ou même, et je pense que cela correspond plus à la danse, la force terrienne qui s'y accorde.

Tarab (mot arabe qui a son équivalent Duende dans la musique flamenco) désigne selon Ridha Benmansour  le plaisir indissocié du musicien et de l'auditeur. L'instrumentiste ou le chanteur dans la musique arabe trouve satisfaction par sa musique aux yeux des autres. Tout comme le mawwâl le tarab demande une très grande maîtise vocale.

On le joue rarement seul, ou plus exactement on n'atteint le plaisir suprême du jeu qu'en présence d'un auditeur satisfait. Cette satisfaction se manifeste par plusieurs actes, allant du sourire à la transe en passant par les soupirs ou les cris (les mots Allah, yâ Salam , teslam, yâ lil, ...accompagnent souvent ces soupirs et ces cris (le Olé espagnol), l'applaudissement, le soulèvement etc...

La  musique soufie  intègre le tarab : la musique religieuse, conservatrice par essence conserve certaines des caractéristiques de la  musique arabe qui, auparavant, dominaient également la musique profane, mais qui ont progressivement disparu pour des raisons liées aux changements politiques, sociaux et économiques modernes. 

Il y a des danses, comme le baladi, qui sont dites des danses terriennes, c'est à dire que les mouvements sont proches du sol et très ondulatoires, très "graves". Il y a un côté un peu théâtral dans l'expression de cette danse qui retranscrit des émotions qui sont intenses, et non pas légères comme le charqi ou d'autres danses traditionnelles peuvent exprimer. Il n'y a que peu de déplacement et les pieds s'enfoncent dans le sol, les hanches semblent être lourdes comme voulant s'enfoncer dans la terre. Il y a une idée de pesanteur très forte dans le baladi. Et le Tarab lui aussi se nourrit de la force de la terre, conférent à la musique ou à la danse un caractère très "pesant" qui voudrait unir justement la terre à son musicien ou à son danseur, ou faire le lien entre la terre et le divin. Le baladi est un style urbanisé avec comme origine les chansons de la campagne. Il s'est développé en Egypte au début du siècle, lorsque la crise économique força les paysans à se rapprocher des villes. De cet exil, jaillit une musique vibrante exprimant la passion, la joie aussi bien que la douleur. Entre tradition et modernité, le style baladi reflète avec sensibilité l'âme égyptienne. Le bassin est le centre de mouvements lourds et fluides, l'énergie est plus contenue que dans le Shaabi. Le Baladi évoque une sensualité terrienne, faite de retenue, de puissance et d'émotion. (source).

 

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