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Le hawzi est un genre populaire tlemcenien (Algérie), dérivant du gharnati. Mais avant qu'il soit un genre musical, le hawzi est d'abord un genre poétique dont les textes sont écrits dans un dialecte raffiné de Tlemcen. Pour ses compositions musicales, il utilise huit modes appartenant au gharnati, à savoir: moual, jarka, raml maya, zidane, âraq, ghrib, sika, mezmoum et pour ses mesures il utilise les rythmes comme m'sennaâ, berouali, goubbahi et zendali. Le hawzi est le genre populaire algérien le plus élaboré. Il est pratiqué aussi bien par l'école d'Alger (çanaâ ) que par l'école de Constantine (malouf) où on lui donne un cachet particulier.

Ce style musical dérive du répertoire musical arabo-andalous considéré comme intermédiaire entre la musique classique et la musique populaire et fondé sur l'articulation simultanée de ces deux musiques. Il emprunte les modes au gharnati (8 modes sur les 16 connus en algérie). Les spécialistes en attribuent avec certitude l'origine socio-historique de ce genre poético musical à la banlieue de Tlemcen qui s'est répandu ensuite au sein des populations citadines de Tlemcen.

L'origine du mot hawzi ou translittéré parfois haouzi provient du verbe arabe "yahouz" qui se traduit par le verbe "isoler" et qui signifie ici "Tlemcen extra muros" parce que les exilés ne pouvaient pas s'installer directement dans les cités). 

Ce genre musical possède un développement très long faite de courtes pièces en arabe classique et le chaâbi. Certains le décrivent d'ailleurs comme le pendant tlemcenien du chaâbi.

Ce genre poétique, connu chez les musiciens par «El Fouraq», fut transcrit à travers des vers poétiques comme «Tal Nahbi», «Memhoune» et «Sehm fi quawssi Sebani» de leur auteur Ahmed Ben Triki.
Du point de vue linguistique, il se distingue par l'emploi de la langue usuelle populaire (darija) de l'époque. C'est une longue poésie strophique constituées en refrains (Aqfal) et en couplets (Adouar).

Ses principales variantes sont appelées M'senaa, Goubahi, Bérouali et Zendali (qui est un chant et un air de danse (destiné aux femmes) dans le genre mahjouz). Les concepteurs de ce genre sont tous d'origine tlemcenienne et ils se sont inspirés du patrimoine arabo-andalou pour y apporter les dernières perfections savantes. Parmi les plus célèbres de ces poètes et musiciens, citons Benmessaieb ou encore Mohammed Bensahla.
En l'absence de documents situant précisément son émergence, on peut affirmer que Said El Mendassi a été le premier poète populaire au cours du XVIème siècle à l'avoir consacré. Il a par ailleurs été le barde attitré du souverain Moulay Ismaël par le soutien qu’il apporte à travers sa poésie à l’œuvre politique et guerrière du monarque.

Le fait que le Hawzi soit rédigé en langue dialectale soutenue ne l'a pas empêché de se soumettre aux règles de la Qasida ancienne et à ses aspects esthétiques et structurels.

Nouri KoufiBachir Zerrouki et Hamdi Benani en sont de dignes représentants.

Le festival national de la musique Hawzi est une manifestation culturelle qui se veut une occasion de protéger cet art musical. Il est organisé chaque année au Grand bassin de Tlemcen. L'édition 2010 a rendu hommage en 2010 aux poètes Cheikh el Mendassi et Cheikh Bentriki.


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Tag(s) : #Musique arabo-andalouse