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La Rachidia

La Rachidia

La Rachidia (المدرسة الرشيدية), ou Association de l'Institut Al-Rachidi de musique, est un institut de musique tunisienne qui voit le jour en 1934 grâce à une élite de mélomanes dirigés par Mustapha Sfar (Cheikh El Médina de Tunis).

En 1929 était fondé un Haut Institut de la musique arabe dans lequel la musique instrumentale trouvait place aux côtés de la musique vocale. Le nouveau style eut un tel succès qu'un groupe de musiciens d'Algérie et de Tunisie jugea nécessaire, en 1934, de fonder la Rachidiyya, un groupe qui se consacrait à en combattre l'influence et à ranimer les vieilles traditions de l'orchestre ma'luf de ses partitions nuba.  C'est la première institution musicale en Tunisie et une des plus vieilles institutions de musique arabe. La création de la Rachidia en 1934 fut le fruit de la volonté d'une élite de mélomanes et à leur tête, Mustapha Sfar (1898-1941), musicologue, lettré, et grand commis et cheikh de la ville de Tunis. 

L'appellation "Rachidia" fait référence à Mohamed Rachid Bey (1710-1759), troisième prince régnant husseinite, qui fut un amateur de musique éclairé. Réfugié en Algérie lors du grand conflit guerrier entre les Husseiniyas et les Bachiyas (1736-1756). Fin lettré et grand amateur de musique, il s’intéressa durant les vingt années de son exil à étudier le chant andalou et se divertit par la composition de la musique et de la poésie ; l’agencement du malouf et la fixation de l’alternance de ses composantes ainsi que l’inoculation d’éléments grecs et turcs, dont les bachrafs, lui sont attribués (Waraqat, H. H. Abdul-Wahhab).

Notons à ce propos qu’à cette époque il était d’usage de donner aux associations civiles le nom d’une notabilité de la dynastie régnante, sorte de «bénédiction» préalable pour éviter la censure et obtenir l’autorisation du Résident général de France. Car en dépit de l’appellation empruntée à cet aïeul, il n’existe aucun lien entre la Rachidiyya et le régime beylical, d’ailleurs étranger à toute action édificatrice dans le pays ; l’institution musicale prit naissance dans un contexte de pure verve nationaliste stimulée par l’acuité des conflits politico-religieux, aucune personnalité officielle du Palais ou de la famille royale n’en faisait partie.

Au contraire, les beys continuaient à consommer l’art consacré par l’ensemble des citoyens sans souci particulier d’actualité ou de qualité, séances d’opium et cérémonies de transes Issawiya comprises. Le congrès eucharistique de 1930, tenu à Carthage, qui donna lieu à une réédition folklorique des croisades serait à l’origine de la fougue nationaliste qui s’en suivit. Après l’entreprise de francisation, il prôna la christianisation du pays profondément musulman.

Mustapha Sfar, avec la collaboration étroite de Mohamed Triki et Khémaies Tarnene, voulait faire revivre la musique andalouse dans les règles de l'art. L'institution a fonctionné comme une école dont la tâche principale était de répertorier le Malouf.

La Rachidia, en régénérant le patrimoine musical, a aménagé des structures de conservation de cette richesse, a garanti la transcription des œuvres et en a assuré la survie.

A partir de 1940, "l'effet Rachidia" a inspiré de nombreux créateurs. La Chanson "Foundou", devint dominante. La réalité musicale de la Tunisie en fut transformée.

Étymologie

Le nom de La Rachidia est choisi en référence à Rachid Bey, troisième souverain husseinite, qui fut initié à la musique par sa mère, une aristocrate italienne[1]. Il s'intéresse donc particulièrement à la musique et à la chanson venues d'Andalousie et œuvre à enrichir la musique tunisienne par celle venant de Turquie (notamment au niveau des règles et des rythmes). Ce souverain met en place une école de musique au palais beylical qui est conservée sous le règne de ses successeurs.

 

Histoire

Deux ans après le congrès de la musique arabe organisé en mars 1932 au Caire, La Rachidia voit le jour en réaction à l'envahissement des espaces publics (cafés) par les disques orientaux, à l'apparition de chansons tunisiennes en français (défense de l'identité nationale en période de colonisation) et aux effets d'une chanson alors considérée comme « de bas étage »[1]. Dans une première étape, l'institution vise donc la sauvegarde du patrimoine musical tunisien dont le malouf et ses variantes. Dans une seconde étape, elle vise la documentation d'un patrimoine considérable : les premiers essais d'adaptation de notation musicale sont exécutés par Mohamed Triki[1].

Les premières années suscitent l'enthousiasme des paroliers et des musiciens. Ces derniers, réunis au sein d'une cellule (khaliya), donnent leur premier concert au Théâtre municipal de Tunis. La Rachidia recrute ses premiers éléments féminins : Chafia Rochdi, Saliha et Fathia Khaïri. Cette phase de développement se poursuit après l'indépendance avec la création par Khemaïs Tarnane d'un conservatoire pour l'apprentissage du malouf qui donne un second souffle à l'institution avec l'apparition des figures de Tahar Gharsa, Mohamed Saâda, Abdelhamid Ben Aljia, Ridha Kalaï, Naâma ou encore Oulaya[1]. À partir des années 1950, l'enseignement y est introduit avec la même mission de sauvegarde du patrimoine et d'encouragement de la créativité et de l'innovation chez les jeunes musiciens de tous horizons.

Avec le lancement de l'orchestre de la radio-télévision tunisienne, on assiste à une désertion de l'orchestre de La Rachidia. Après le décès de Tarnane en 1964, Tahar Gharsa est nommé responsable de l'ensemble vocal jusqu'en 1978. Par ailleurs, une décision présidentielle est prise en 1991 pour renforcer le budget de l'institution et la réhabiliter par la relance de la troupe première, l'actualisation du patrimoine musical national, la réintroduction de l'enseignement et l'encouragement des créateurs dans toutes les branches de la musique, une mission dont est chargé Ben Aljia avec l'aide de Tahar Gharsa. Le fils de ce dernier, Zied Gharsa assure la direction de l'ensemble musical à partir de 2003[1] et remplace Ben Aljia à la tête de l'orchestre en juillet 2006.

 

Activités

Le comité artistique assure la charge de la collecte du patrimoine et de la révision des nouvelles compositions. Le deuxième comité, composé de poètes et d'auteurs, se penche sur l'étude des textes des chansons.

La Rachidia anime des concerts tous les mois à l'Institut supérieur de musique qui en est le siège. En 2005, l'ouverture du Festival international de Carthage est consacré à célébrer les 70 ans de cette institution.


Références

  1. abcde  (fr) Adel Latrech, « L'auteur de l'efflorescence de la Rachidia », La Presse de Tunisie, 1er février 2008


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