Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
LNO

LNO

Menu
Llibre Vermell de Montserrat

Llibre Vermell de Montserrat


Le
Llibre Vermell de Montserrat (titrant son nom du velours rouge dont il est couvert) est une œuvre musicale anonyme héritée du dernier quart du XIVe siècle à l'usage des pèlerins de Montserrat. Cet important recueil de textes est constitué de récits, miracles, sermons et bulle papales écrit au sein d'une abbaye située dans un site monastique en Catalogne.
D'après plusieurs confirmations de musicologues cette musique serait l'héritage de l'église orthodoxe, et de la dévotion du culte marial depuis la seconde moitié du XIéme, jusqu'au XIIIème siècle.
Le recueil mêle de façon tout à fait exceptionnelle inspiration populaire et musique savante. intégrant ainsi cette convivialité des trois cultures, musulmane, chrétienne et juive, qui a façonné l'identité ibérique. Les textes des chants, en latin ou en catalan, reflètent toutes les nuances de la piété mariale, à l'exception de l'étonnante danse macabre "Ad mortem festinamus". Cette danse nous révèle un quatorzième siècle traversé par des drames : la Grande Peste et la Guerre de Cent Ans.

Le culte marial

Dans ce contexte, de nombreux lieux de culte se constituent alors et des cohortes de pèlerins se mettent en route. La vierge occupait aussi l'esprit des créateurs en tous genres tel trouvère ou troubadour. Lorsqu'ils parvenaient à destination, les pèlerins qui se rendaient à Montserrat afin de rendre hommage à la vierge noire du sanctuaire, étaient invités à troquer les chansons profanes contre d'autres " honnêtes et pieuses ". Ainsi, les textes du Llibre Vermell rassemblés par les moines de Montserrat à la fin du XIV° siècle comprend dix chansons destinées à cet usage. Certaines de ces chansons sont l'œuvre des moines eux-mêmes, d'autres issues de compositeurs de la cour d'Aragon. Trois chants (Cuncti simus concanentes, Los set goyts, Ad mortem festinamus) sont des chansons à danser que les pèlerins abordent comme des rondes... Trois autres évoquent la chasse et rappellent le rondeau Polorum regina, demeure une chanson folklorique très populaire encore au XVI ème siècle. Ces chants sont considérés comme les plus belles œuvres anonymes et collectives qui nous soient parvenues du Moyen-âge. français. L'un d'eux,


Le contenu musical

Le compositeur anonyme de cette compilation en définit clairement le contenu :

Quia interdum peregrini quando vigilant in ecclesia Beate Marie de Monte Serrato volunt cantare et trepudiare, et etiam in platea de die, et ibi non debeant nisi honestas ac devotas cantilenas cantare, idcirco superius et inferius alique sunt scripte. Et de hoc uti debent honeste et parce, ne perturbent perseverantes in orationibus et devotis contemplationibus.

Ce qui traduit en français signifie :

"Les pèlerins voulaient chanter et danser pour rester vigilants la nuit dans l'Eglise de la Bienheureuse Marie de Montserrat, mais également dans la lumière du jour. De plus, les chants n'étaient autorisés dans l'église que s'ils demeuraient chastes et pieux. C'est pour ces raisons plus ou moins bonnes, que ces chants ont été composés. Ils devaient donc être utilisés avec modestie en prenant garde de ne pas perturber ceux qui étaient plongés dans la prière ou dans la dévotion contemplative."

Ces cantiques étaient donc écrits pour des pèlerins afin qu'ils puissent utiliser un registre chaste et pieux. Ils sont rédigés en catalan ou en latin. Bien que la collection ait été réalisée à la fin du XIVème les styles musicaux utilisés semblent plus anciens. Par exemple, le motet « Imperayritz de la ciutat joyosa » contient deux textes différents qui pouvaient être chanté en même temps, un style qui était considéré comme vieillot au moment de la constitution du manuscrit.

Ces cantiques ont des nombreuses propriétés de la musique folk ou des hymnes. Certains sont des monodies et d'autres sont construites en deux ou quatre parties polyphoniques. Certaines monodies peuvent être chantées en canon. La relative simplicité de ces cantiques, couplées avec de fortes mélodies ont contribué à assurer le succès postérieur du livre vermeil. Ils sont donc fréquemment joués dans des compilations de musique ancienne.


Représentations actuelles

Cette œuvre fut présentée en 2006 au Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde.

 

Description

Les textes des chants, en latin ou en catalan , sont à l'image de toutes les nuances de la piété mariale, à l'exception de l'étonnante danse macabre « Ad mortem festinamus », écho de ce siècle terrible, celui des pestes, famines, guerres et troubles religieux les plus violents.

  • O virgo splendens (fol. 21v-22) (canon a 3)
Antiphona dulcis armonia dulcissime virginis Marie de Monteserrato. Caça de duobus vel tribus:
O Virgo splendens hic in monte celso Miraculis serrato fulgentibus ubique quem fideles conscendunt universi.
Eya pietatis occulo placato cerne ligatos fune peccatorum ne infernorum ictibus graventur sed cum beatis tua prece vocentur.
  • Stella splendens (fol. 22r) (danza)

 

Sequitur alia cantilena ad trepudium rotundum:
Stella splendens in monte ut solis radium miraculis serrato exaudi populum.
Concurrunt universi gaudentes populi
divites et egeni grandes et parvuli
ipsum ingrediuntur ut cernunt oculi
et inde revertuntur gracijis repleti.
Principes et magnates extirpe regia
saeculi potestates obtenta venia
peccaminum proclamant tundentes pectora
poplite flexo clamant hic: Ave Maria.
Prelati et barones comites incliti
religiosi omnes atque presbyteri
milites mercatores cives marinari
burgenses piscatores praemiantur ibi.
Rustici aratores nec non notarii
advocati scultores cuncti ligni
fabri sartores et sutores nec non lanifici
artifices et omnes gratulantur ibi.
Reginae comitissae illustres dominae
potentes et ancillae juvenes parvulae
virgines et antiquae pariter viduae
conscendunt et hunc montem et religiosae.
Coetus hic aggregantur hic ut exhibeant
vota regratiantur ut ipsa et reddant
aulam istam ditantes hoc cuncti videant
jocalibus ornantes soluti redeant.
Cuncti ergo precantes sexus utriusque
mentes nostras mundantes oremus devote
virginem gloriosam matrem clementiae
in coelis gratiosam sentiamus vere.
  • Laudemus Virginem (fol. 23) (canon a 3)
Caça de duobus vel tribus:
Laudemus virginem mater est et ejus filius Ihesus est. Plangemus scelera acriter Sperantes in Ihesum jugiter.
  • Mariam, matrem virginem, attolite (fol. 25r) (canción polifónica)
Mariam Matrem Virginem attolite Ihesum Christum extollite concorditer.
Maria seculi asilum defende nos. Ihesu tutum refugium exaudi nos.
Iam estis nos totaliter diffugium totum mundi confugium realiter.
Ihesu suprema bonitas verissima. Maria dulcis pietas gratissima.
Amplissima conformiter sit caritas ad nos quos pellit vanitas enormiter.
Maria facta saeculis salvatio. Ihesu damnati hominis redemptio.
Pugnare quem viriliter per famulis percussus duris iaculis atrociter.
  • Polorum Regina (fol. 24v) (danza)
A ball redon:
Polorum regina omnium nostra. Stella matutina dele scelera.
Ante partum virgo Deo gravida Semper permansisti inviolata.
Et in partu virgo Deo fecunda Semper permansisti inviolata.
Et post partum virgo mater enixa Semper permansisti inviolata.
  • Cuncti simus concanentes (fol. 24) (danza)
A ball redon:
Cuncti simus concanentes Ave Maria.
Virgo sola existente en affuit angelus Gabriel est appellatus atque missus celitus.
Clara facieque dixit: Ave Maria. Clara facieque dixit: audite karissimi.
En concipies Maria Pariesque filium audite karissimi Vocabis eum Ihesum.
  • Splendens ceptigera (fol. 23) (canon a 3)
Caça de duobus vel tribus:
Splendens ceptigera Nostris sis advocata Virgo puerpera. Tundentes pectora Crimina confitentes Simus altissimo.
  • Los set gotxs (fol. 23v) (danza)
Ballada dels goytxs de Nostre Dona en vulgar cathallan a ball redon:
Los set gotxs recomptarem et devotament xantant
humilment saludarem la dolça verge Maria.
Ave Maria gracia plena Dominus tecum Virgo serena.
Verge fos anans del part pura e sans falliment
en lo part e prés lo part sens negun corrumpiment.
Lo Fill de Déus Verge pia de vós nasque verament.
Verge tres reys d'Orient cavalcant amb gran corage
al l'estrella precedent vengren al vostré bitage.
Offerint vos de gradatge Aur et mirre et encenç.
Verge estant dolorosa per la mort del Fill molt car
romangues tota joyosa can lo vis resuscitar.
A vos madre piadosa prima se volch demostrar.
Verge lo quint alegratge que'n agues del fill molt car
estant al munt d'olivatge Al cell l'on vehes puyar.
On aurem tots alegratge Si per nos vos plau pregar.
Verge quan foren complitz los dies de pentecosta
Ab vos eren aunits los apostols et de costa.
Sobre tots sens nuylla costa devallà l'espirit sant.
Verge'l derrer alegratge que'n agues en aquest mon
vostre Fill ab coratge vos munta al cel pregon.
On sots tots temps coronada regina perpetual.
  • Imperayritz de la ciutat joyosa / Verges ses par misericordiosa (fol. 25v) (canción polifónica)
Imperayntz de la ciudad joyosa
de paradis ab tot gaug eternal
neta de crims de virtutz habundosa
mayres de Dieu per obra divinal
verges plasen ab fas angelical
axi com sotz a Dieu molt graciosa
placaus estar als fizels piadosa
preyan per lor al rey celestial.
Rosa flagran de vera benenanca
fons de merce jamays no defallen
palays d'onor on se fech l'alianca
de deu e d'hom per nostre salvamen
e fo ver Dieus es hom perfetamen
ses defallir en alcuna substanca
e segons hom mori senes dubtanca
e com ver Dieus levech del monimen.
Flor de les flor dolca clement et pia
l'angel de Dieu vesem tot corrocat
e par que Dieus lamandat qu'ens alcia
don el es prest ab l'estoch affilat.
Donchos placa vos que'l sia comandat
qu'estoyg l'estoch e que remes nos sia
tot fallimen tro en lo presen dia
ens done gaug e patz e sanitat.
  • Ad mortem festinamus (fol. 26v) (danza)
Ad mortem festinamus peccare desistamus.
Scribere proposui de contemptu mundano ut degentes seculi non mulcentur in vano.
Iam est hora surgere a sompno mortis pravo.
Vita brevis breviter in brevi finietur mors venit velociter quae neminem veretur.
Omnia mors perimit et nulli miseretur.
Ni conversus fueris et sicut puer factus et vitam mutaveris in meliores actus
intrare non poteris regnum Dei beatus.
Tuba cum sonuerit dies erit extrema et iudex advenerit vocabit sempiterna
electos in patria prescitos ad inferna.
Quam felices fuerint qui cum Christo regnabunt facie ad faciem sic eum adspectabunt
Sanctus Dominus Sabaoth conclamabunt.
Et quam tristes fuerint qui eterne peribunt pene non deficient nec propter has obibunt.
Heu heu miseri numquam inde exibunt.
Cuncti reges seculi et in mundo magnates advertant et clerici omnesque potestates
fiant velut parvuli dimitant vanitates.
Heu fratres karissimi si digne contemplemus passionem Domini amara et si flemus
ut pupillam oculi servabit ne peccemus.
Alma Virgo virginum in celis coronata apud tuum filium sis nobis advocata
Et post hoc exilium occurens mediata.
Vila cadaver eris cur non peccare vereris.
Cur intumescere quearis. Ut quid peccuniam quearis. Quid vestes pomposas geris.
Ut quid honores quearis. Cur non paenitens confiteris. Contra proximum non laeteris.

Liens internet

 

Récupérée de « http://www.wikimusique.net/index.php/Llibre_Vermell_de_Montserrat »