Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
LNO

LNO

Menu
Le Moussem de Tan-Tan : une culture nomade à préserver

Le Moussem de Tan-Tan : une culture nomade à préserver

Le Moussem de Tan-Tan, est une rencontre annuelle réunissant plus d'une trentaine de tribus nomades du Sahara, a été proclamé chef-d'œuvre du patrimoine Oral et Immatériel de l'Humanité par l'Organisation des Nations Unies pour l'Éducation, la Science et la Culture (UNESCO). Ces retrouvailles spontanées et régulières de populations nomades autour d'un puits, vers le mois de mai, pour une longue semaine, a évoluée à travers les siècles pour devenir un rendez-vous incontournable pour les tribus de la région. À l'origine, il avait lieu tous mois de mai. S'inscrivant dans le calendrier agropastoral des nomades, il était l'occasion de se retrouver, d'acheter, de vendre et d'échanger des denrées et autres produits, d'organiser des concours d'élevage de dromadaires et de chevaux, de célébrer des mariages et de consulter les herboristes. Le Moussem était également le prétexte à diverses expressions culturelles : musique, chants populaires, jeux, joutes de poésie et autres traditions orales Hassani.

Ce festival, de grande envergure internationale, a été célébré sous différentes couleurs de chants, de présentations, de course de dromadaires....etc, en présence de hautes personnalités nationales et étrangères. La présence d'une quarantaine d'Ambassadeurs de bonne volonté de l'UNESCO, a donné, à ce festival, le caractère du patrimoine culturel mondial. Ce patrimoine qui mérite d'être préserver et perfectionné, pour le maintien de cette culture en vie et permettre aussi aux populations nomades de s'épanouir dans un monde de tolérance et de la paix.

C'est à partir de 1963 que ces rassemblements ont pris la forme d'un Moussem (sorte de foire annuelle ayant des fonctions à la fois économiques, culturelles et sociales), quand le premier Moussem de Tan-Tan a été organisé pour promouvoir les traditions locales et offrir un lieu d'échange, de rencontre et de réjouissances. Le Moussem aurait été au départ associé à Mohamed Laghdaf, farouche résistant à l'occupation franco-espagnole, mort en 1960 et enterré non loin de la ville de Tan-Tan. Entre 1979 et 2004, les problèmes de sécurité dans la région ont empêché la tenue du Moussem.

Aujourd'hui, les populations nomades sont particulièrement soucieuses de protéger leur mode de vie. Les mutations économiques et techniques qu'a connues la région ont profondément modifié le mode de vie des communautés bédouines nomades, obligeant nombre d'entre elles à se sédentariser. L'urbanisation et l'exode rural ont en outre contribué à la disparition de nombreux aspects de la culture traditionnelle de ces populations, notamment l'artisanat et la poésie. C'est pourquoi les communautés bédouines comptent sur le renouveau du Moussem de Tan-Tan pour les aider à assurer la survie de leurs savoir-faire et traditions.