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Ahallil, le blues du Sahara

Ahallil, le blues du Sahara


Le mot ahallil désigne à la fois un genre musical sous forme de chants cantilatoires et le groupe qui le pratique. Cette musique compte désormais au rang des 43 chefs d'œuvres immatériels et intangibles de l'humanité, après sa promulgation à ce rang par le directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura.


Histoire

Ces chants introduits par d'anciens esclaves qui travaillaient la terre  sont considérés comme le blues algérien et comprennent  de prières, de suppliques et de refrains où Allah et son Prophète sont glorifiés. Ce genre musical est une musique et un ballet inhérent au Gourara, une région du sud-ouest algérien  à 1 000 km au sud-ouest d'Alger, qui compte une centaine d'oasis habitées par les Zénètes ou les Berbères du Sahara qui goûtent avec plaisir cette musique. Et c'est ensemble qu'elles communient dans les grandes occasions, comme lors du mouled (le temps du souvenir du Prophète).

 

Ahallil est étroitement lié au style de vie des habitants de la région de Gourara  (à environ 1000 km au sud-ouest d'Alger) dont les activités essentielles sont liées à l'agriculture en oasis. Cette musique comporte un joueur de bengri (flûte), un chanteur et un chœur pouvant atteindre cent personnes chantant épaule contre épaule et se déplaçant selon un mouvement giratoire. Tous frappent dans leurs mains, suivant le rythme du soliste, qui se tient au centre du cercle (halqa). Ce genre s'exécute le plus souvent après la tombée du jour, quand les contraintes du soleil et du désert cèdent la place à la douceur de la nuit. Alors, un groupe d'hommes se réunit en plein air et forme un cercle, au milieu duquel se tiennent poète et chanteur soliste, un flûtiste, un joueur de guembri  ainsi que divers percussionnistes.

 
Les musiciens répètent en chœur d'une voix grave, les complaintes aiguës du soliste, faites de suppliques, de quête de pardon et de grâce. Dans un enchevêtrement subtil, l'ahallil fait cohabiter musique sacrée et musique profane à l'atmosphère chargée. Ces chants traditionnels sont issus de la tradition orale de ces peuples et  contribue au maintien de la mémoire collective du groupe social. Les participants évoluent régulièrement à des chants tournés vers  les espérances et les inquiétudes contemporaines.

Cette forme d'expression orale a résisté à l'épreuve du temps et bien qu'elle n'ait pas quitté sa région d'origine, nombre de ses chœurs, musiques et mélodies ont été repris par de célèbres chanteurs tels Cheb Mami ou  Khaled, qui ont connu la gloire en surexploitant les thèmes.